Kawanabe Kyōsai

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Bake-Bake Gakkō (化々學校), ou « l'école pour fantômes » par Kyōsai. En août 1872, le gouvernement Meiji décide de mettre en œuvre un système d'éducation obligatoire. Dans cette caricature, tant les démons (en haut) que les kappa (au centre) apprennent le vocabulaire relatif à leur vie quotidienne. Les premiers sont formés par Shōki, le dompteur de démons habillé en uniforme occidental. Quelques farfadets essayent d'entrer dans l'école (en bas) mais sont soufflés au loin par le dieu du vent.
Kawanabe Kyōsai est un nom japonais traditionnel ; le nom de famille (ou le nom d'école), Kawanabe, précède donc le prénom (ou le nom d'artiste).

Kawanabe Kyōsai[1] (河鍋 暁斎 ?) (né le 18 mai 1831, mort le 26 avril 1889) est un artiste japonais qui, selon les mots d'un critique, est « un individualiste et un indépendant, peut-être le dernier virtuose de la peinture japonaise traditionnelle »[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Comme il vit de la période Edo à l'ère Meiji, Kyōsai est témoin d'un Japon qui se transforme d'un pays féodal à un État moderne. né à Koga, il est fils d'un samouraï. Après avoir travaillé peu de temps comme garçon avec Utagawa Kuniyoshi, il reçoit une formation artistique à l'école Kanō mais abandonne rapidement les traditions formelles pour la plus grande liberté de l'école populaire. Durant les troubles politiques qui causent et suivent la restauration de Meiji, Kyōsai gagne une réputation de caricaturiste. Il est arrêté trois fois et emprisonné par les autorités du shogunat. Peu de temps après la prise de pouvoir effective de l'empereur, une grande réunion de peintres et d'intellectuels se tient et à laquelle Kyōsai est présent. Il exprime de nouveau son opinion sur le nouveau mouvement par une caricature qui rencontre un grand succès mais lui vaut de tomber entre les mains de la police, cette fois-ci du parti opposé.

Kyōsai peut être considéré comme le plus grand successeur de Hokusai (dont il n'est cependant pas un élève), et comme le premier caricaturiste du Japon. Son œuvre comme sa vie sont quelque peu désordonnées et indisciplinées et suggèrent à l'occasion le goût pour une coupe de saké. Mais s'il ne possède pas la dignité, la puissance et la retenue de Hokusai, il lui substitue une exubérante fantaisie qui donne toujours de l'intérêt à un dessin d'une grande excellence technique.

Renjishi (連獅子), ou « danse d'un couple de lions » par Kyōsai. Le Renjishi est une célèbre danse dans le théâtre kabuki.

Outre ses caricatures, Kyōsai peint un grand nombre d'images et d'esquisses, choisissant souvent ses sujets dans le folklore de son pays. Une belle collection de ces œuvres est conservée au British Museum. Il s'en trouve également de beaux exemplaires dans la National Art Library (en) à Kensington ainsi qu'au musée Guimet à Paris. Le musée mémorial Kawanabe Kyōsai créé en 1977 se trouve à Warabi, préfecture de Saitama au Japon.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

L'ouvrage le plus important relatif à l'art et à la vie de Kyōsai est écrit par lui-même : Kyōsai Gadan (暁斎画談), ou « Traité de Kyōsai sur la peinture », à moitié autobiographie et à moitié manuel de peinture. Une importante étude contemporaine concernant l'artiste est le Kawanabe Kyōsai-ō den (河鍋暁斎翁伝), ou « Biographie du vieil homme Kawanabe Kyōsai » par Iijima Kyoshin (飯島虚心). Terminé en 1899, le texte n'est publié qu'en 1984.

Beaucoup d'occidentaux ont rendu visite à Kyōsai, et leurs mémoires au sujet de l'artiste sont précieux. Les deux plus intéressants, aussi rare l'un que l'autre, sont :

  • Émile Guimet, Promenades japonaises, Paris, 1880
  • Josiah Conder, Peintures et études de Kawanabe Kyōsai, Tokyo, 1911. Conder est un étudiant sérieux de l'art japonais. Après une période initiale de rejet, il est accepté comme élève de Kyosai et l'accompagne jusqu'à la mort du maître.

La référence en anglais la plus à jour, et facilement disponible, sur la vie et l’œuvre de Kyosai est :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il change le premier caractère de son nom de 狂 (sauvage, fou) pour 暁 (aurore, éclaircissement) après l'une de ses sorties de prison. 暁 a deux lectures, « kyō » et « gyō », le dernier étant plus connu (de nombreux dictionnaires ne fournissent que cette lecture), de telle sorte que le nom de l'artiste est faussement romanisé en Kawanabe Gyōsai
  2. Clark, p.16

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