Hokusai manga

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Une page des Manga, montrant des gens avec leur visage caché par des chapeaux ou des ombrelles

Les Hokusai manga (北斎漫画?, « Carnets de croquis par Hokusai ») sont une collection de croquis de nombreux sujets divers effectués par l'artiste japonais Hokusai. Les sujets de ces croquis comprennent des paysages, la faune et la flore, la vie quotidienne, ainsi que le surnaturel. Le mot manga qui figure dans le titre ne se réfère pas aux manga telles que nous les connaissons aujourd'hui, car les différents croquis figurant dans ces carnets ne forment pas une histoire, mais traitent de sujets séparés les uns des autres.

Les Hokusai manga sont des estampes (gravures sur bois) en trois couleurs (noir, gris, et couleur chair). Il en existe des milliers, réparties en 15 carnets ; le premier fut publié en 1814, quand l'artiste avait 55 ans. Les trois derniers volumes ont, eux, été publié à titre posthume, deux d'entre eux ayant même été mis sur pied par l'éditeur à partir de documents non publiés jusque là. Le tout dernier volume a, lui, été formé à partir d'œuvres déjà publiées, dont certaines n'étaient même pas d'Hokusai ; il n'est pas considéré comme authentique par les historiens de l'art.

Historique de la publication des manga[modifier | modifier le code]

Le volume final est considéré comme apocryphe par certains historiens de l'art[1].

La préface au premier volume de l'ouvrage, écrit par Hanshu Sanjin (半洲散人?), un artiste mineur de Nagoya, suggère que la publication de l'œuvre a pu faire appel à l'aide des élèves de Hokusai. Une partie de la préface dit ceci :

« Cet automne, le maître (Hokusai) se trouvait visiter la Province de l'Ouest, et il s'arrêta dans notre ville (Nagoya). Nous nous retrouvâmes tous avec le peintre Gekkotei Bokusen (月光亭墨僊?) (Utamasa II, un artiste bien connu de Nagoya, d'ailleurs élève de Hokusai, et collaborateur de celui-ci sur ses derniers travaux), dans la résidence de celui-ci, pour une occasion fort joyeuse. Et là, plus de trois cent croquis de toutes sortes furent effectués : des immortels, des Bouddhas, des lettrés, des femmes, jusqu'à des oiseaux, des bêtes, des plantes, l'esprit de chaque sujet étant saisi par la brosse. »

Origines des manga[modifier | modifier le code]

On considère en général que, après une période de production intense, Hokusai sélectionna très soigneusement ses croquis, et en redessina même un certain nombre, en les disposant selon l'ordre que nous connaissons aujourd'hui. Cependant, Michener soutient que la mise en page des différents croquis sur une planche donnée a été en réalité décidée par les graveurs et les éditeurs, et non par Hokusai lui-même.

Intérêt artistique[modifier | modifier le code]

Fantôme d'une femme menaçant un homme de ses griffes (rappelant le sourire grimaçant des démons Hannya)

Les Hokusai manga croquent des scènes de la vie quotidienne, de façon très libre et expressive, montrant de petits personnages faisant des exercices physiques, prenant un bain, etc.

C'est aussi dans une certaine mesure une série de documents sur le vif sur la vie, les vêtements, les activités de toutes sortes de gens et de classes sociales à l'époque de Hokusai. On y trouve des métiers à tisser, des maisons, des toits, des façades, des ascètes, des armes de samuraï, des scènes de lutte et d'entraînement aux arts martiaux, des lutteurs de sumo, des hommes et des femmes en train de se baigner...

On y trouve également des représentations nombreuses de fleurs, ou d'animaux, tels des oiseaux, des vaches, des sangliers, des chevaux, mais aussi certains animaux de caractère fantastique, tels que les shishi (lions imaginés par les Japonais), des dragons, etc.

Une autre partie des carnets décrit des épisodes surnaturels, qui sont une plongée dans l'inconscient fantastique des Japonais ; on y voit par exemple des fantômes de femmes mortes, sans doute trompées de leur vivant par leur mari, et revenant se venger, sur des thèmes popularisés plus tard par des films comme Les Contes de la lune vague après la pluie, ou Kwaidan.

Notoriété[modifier | modifier le code]

L'œuvre fut un succès immédiat, et les volumes suivants rapidement publiés à leur tour. Les Hokusai Manga devint connu en Occident lorsque les paraphrases photographiques de Philipp Franz von Siebold apparurent dans son ouvrage : Nippon: Archiv zur Beschreibung von Japan en 1831. L'œuvre commença à être diffusée en Occident peu de temps après l'arrivée du Commodore Perry au Japon en 1854[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hillier, page 100
  2. Hillier, pages 107 et 110

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Jocelyn Bouquillard, Christopher Marquet, Liz Nash, Hokusai: First Manga Master, Harry N. Abrams, New-York, 2007 (ISBN 0810993414)
  • (en) Jack R. Hillier, The Art of Hokusai in Book Illustration, Sotheby Parke Bernet, Londres et University of California Press, Berkeley, 1980
  • (en) James A. Michener, Hokusai Sketchbooks: Selections from the Manga, Charles E. Tuttle Company, Rutland et Tokyo, 1958