Chōbunsai Eishi

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Chōbunsai Eishi (1756-1829) est un artiste d'estampe japonaise (gravure sur bois), un des maîtres de l'ukiyo-e. On l'appelle parfois au Japon Hosoda Eishi[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Chōbunsai Eishi était le fils aîné d'un samouraï d'Edo.

Il commença par étudier la peinture de l'aristocratique école Kanō, en compagnie du futur shogun Tokugawa Ieharu. Il devint ensuite peintre officiel du ce même shogun, puis de son successeur Ienari, ce qui lui assura une situation financière confortable, pendant trois années environ.

En qualité de peintre du Shogun, il ne pouvait pas s'adonner à l'ukiyo-e d'inspiration plus populaire. Aussi, vers l'âge de trente ans, abandonna-t-il sa charge pour se consacrer à l'art de l'estampe.

Par la suite, il revint à la cour du shogun et se remit à la peinture plus académique de l'école Kanō.

Style[modifier | modifier le code]

Tout comme Utamaro, Eishi fut un peintre de bijin-ga, peintures de jolies femmes. Son style peut ressembler superficiellement à celui d'Utamaro. Il s'en distingue cependant facilement par de nombreuses différences stylistiques, telles que la représentation de figures en pieds sur fond vide ou monochrome, ou encore l'attitude élégante, voire maniérée, de ses courtisanes, à la silhouette légèrement cambrée.

Eishi réalisa par ailleurs un certain nombre de peintures érotiques (shunga)

Élèves[modifier | modifier le code]

Il eut de nombreux élèves — près de trente au total[2] — dont le plus célèbre fut sans doute Eisho. Eisho a fait de nombreuses estampes du genre okubi-e (portrait en buste), d'un grand impact visuel, qui ne sont pas sans rappeler le style d'Utamaro. Comme chez Utamaro, on peut noter le recours à des fonds micacés, parfois noirs chez Eisho, et d'un effet visuel spectaculaire. Parmi les élèves de Eishi, on compte aussi Eiri, qui produisit également de nombreux okubi-e. Il en est de même de Eisui, au style souvent difficile à discerner de celui de Eisho.

Par ailleurs, outre ces trois élèves très notoires, on lui connait aussi comme élèves Eishin, Eiryu, Eijin, ou encore Eicho[1].

Enfin, Eishi eut une forte influence sur Toyokuni[1].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c James Albert Michener, The Floating World, University of Hawaii Press,‎ 1983, 453 p. (lire en ligne), p. 362
  2. Timothy Clark, Ukiyo-e paintings in the Britsh Museum, Smithsonian Institution Press,‎ 1992 (lire en ligne), p. 122

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Aubert, Les Maîtres de l'Estampe japonaise - Image de ce monde éphémère, Paris, Librairie Armand Colin,‎ 1930
  • Richard Lane, L'estampe japonaise, Paris, Éditions Aimery Somogy,‎ 1962
  • Nelly Delay, L'estampe japonaise, Paris, Éditions Hazan,‎ 2004 (ISBN 978-2-85025-807-7)
  • Hélène Bayou, Images du Monde Flottant - Peintures et estampes japonaises XVIIe - XVIIIe siècles,‎ 2004 (ISBN 978-2-7118-4821-8)
  • Sous la direction de Gisèle Lambert et Jocelyn Bouquillard, Estampes japonaises, Images d'un monde éphémère, Paris, BnF,‎ 2008 (ISBN 978-2-7177-2407-3)
  • Edwin O. Reischauer, Histoire du Japon et des Japonais (tome I), Éditions du Seuil,‎ 1973 (ISBN 978-2-02-000675-0)
  • (en) Tadashi Kobayashi, Mark A. Harbison, Ukiyo-e: an introduction to Japanese woodblock prints, Tōkyō, Kodansha International,‎ 1997, 1e éd. (ISBN 978-4-7700-2182-3, lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]