Iwasa Matabei

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Iwasa Matabei est un nom japonais traditionnel ; le nom de famille (ou le nom d'école), Isawa, précède donc le prénom (ou le nom d'artiste) Matabei.
Autoportrait - Iwasa Matabei, vers sa mort.

Matabei, de son vrai nom: Iwasa Matabei-Nojō Shōi, noms de pinceau: Dōun, Unnō, Hekishō-Kyū et Shō est un peintre japonais des XVIe ‑ XVIIe siècles. Né en 1578, il est originaire de la province de Fukui. Mort le 20 juillet 1650 à Edo.

Biographie[modifier | modifier le code]

Matabei Iwasa (connu aussi sous le nom de Shōi ou Katsumochi) est souvent vu comme le père de l'ukiyo-e et l'une des plus anciennes œuvres de ce mouvement, le Paravent de Hikone[n 1] (collection particulière), dont les costumes somptueux, les lignes sensuelles, le calme, la gaieté et le charme qui en émanent sont effectivement caractéristiques du style ukiyo-e, lui est longtemps attribué. Cette paternité est maintenant remise en cause de façon absolu[1].

Le Paravent de Hikone Attribution ?.

Matabei est le fils d'un militaire, Araki Murashige, jadis au service de Oda Nobunaga, il finit par se suicider. C'est la raison pour laquelle il est élevé sous le nom de sa mère, Iwasa. Il reçoit sa formation picturale dans l'atelier de Kano Shigesato, mais semble encore plus influencé par l'École Tosa. Ainsi, parmi ses œuvres les plus célèbres, les Portraits des Poètes Tsurayuki et Hitomaro sont exécutés d'une brosse large et libre, dans la tradition Kanō, tandis que le Portrait de Daruma, témoin de la puissance de son encre dans une étroite gamme de tons, ne relève ni totalement du style Kanō ni complètement du pinceau Tosa, mais d'une synthèse des deux, propre à Matabei. Il n'en reste pas moins que la plus grande partie de sa production est clairement de manière Tosa, bien que très personnelle et délicate; comme on peut s'y attendre, il reprend les anciens thèmes tirés du Gengi Monogalari (Roman du Prince Gengi) et des Contes d'Ise qu'il mêle souvent à des légendes chinoises[1].

Parcours artistique[modifier | modifier le code]

Déjà avancé dans l'existence, il s'installe à Echizen, dans la province de Fukui et y travaille pour le compte du seigneur Matsudaira; c'est par l'intermédiaire de ce dernier que le renom de Matabei parvient jusqu'au Shogun Tokugawa Iemitsu (1604-1651) qui, en 1640, lui commande la série des Trente-six Poètes, pour le sanctuaire de Tōshō-gū à Kawagoe. Sa dette à l'égard de la tradition Tosa s'affirme ouvertement dans ces peintures, d'autant que la signature de l'artiste est précédée des mots suivants: Eshi Tosa Mitsunobu matsuryũ, c'est-à-dire: par le peintre Matabei, dernier courant issu de Tosa Mitsunobu. Il est difficile d'expliquer pourquoi Matabei en est venu à être considéré comme le père de ukiyo-e[1].

Confusion patronymique[modifier | modifier le code]

On sait que le nom d'un artiste prénommé 'tsuno Matabei apparaît dans l'une des pièces du célèbre dramaturge Chikamatsu et il semble que le style original de Iwasa Matabei est oublié, alors que nait autour de l'autre Matabei, prétendu peintre populaire, maintes légendes qui contribuent vraisemblablement à faire surgir la confusion entre les deux noms. Compte tenu de la position sociale des mécènes d'Iwasa Matabei, il est à peine vraisemblable que ce peintre de l'orbite Tosa puisse être à la source de l'ukiyo-e[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit, Dictionnaire des peintres,sculpteurs, dessinateurs et graveurs, éditions Gründ,‎ janvier 1999, 13440 p. (ISBN 2700030192), p. 341.
  • Maurice Coyaud, L'Empire du regard – Mille ans de peinture japonaise, éditions Phébus, Paris,‎ novembre 1981, 256 p. (ISBN 2859400397), p. 35, 176, 177
  • Robert Treat Paine et Alexander Soper: The Art and Architecture of Japan, Londres, 1955.
  • Akiyama Terukazu, La peinture japonaise - Les trésors de l'Asie, éditions Albert SkiraGenève,‎ 1961, 217 p., p. 65, 66, 67

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Notes
  1. Ce paravent, longtemps conservé par les seigneurs de Hikone, est parfois attribué à Iwasa Matabei. Quoi qu'il en soit de l'artiste, il paraît céder ici un peu facilement aux sirènes de l'esthétisme. Le côté « exposition de tissus » de ces sortes de scènes - et sur fond d'or encore! - est vite indigeste. On y respire mal... même avec le secours du faux paysage du fond - qui manque d'ailleurs singulièrement d'air. L'idée du « paravent dans le paravent » est pourtant séduisante. Ces jeunes filles insoucieuses du temps qui passe ont tout pour émouvoir... évoquées par un pinceau plus libre: moins réaliste en l'occurrence, c'est-à-dire plus vrai... Cette analyse va bien dans le sens d'une attribution erronée.
Références
  1. a, b, c et d Dictionnaire Bénézit 1999, p. 341

Liens externes[modifier | modifier le code]