Shiba Kōkan

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Shiba Kōkan est un nom japonais traditionnel ; le nom de famille (ou le nom d'école), Shiba, précède donc le prénom (ou le nom d'artiste).
Rencontre du Japon, de la Chine et de l'Occident, par Shiba Kōkan.

Shiba Kōkan (司馬江漢) (1747 - 1818), connu également sous le nom de Suzuki Harushige (鈴木春重), est un peintre et un spécialiste de l'estampe japonaise de l'ère Edo, connu d'une part pour ses peintures de style occidental yō-ga, imitant le style, les méthodes, et les thèmes des peintures à l'huile hollandaises qu'il signe du nom de Kōkan, et d'autre part pour ses estampes ukiyo-e, qui sont pour l'essentiel des copies des œuvres de Suzuki Harunobu, qu'il signe alors du nom de Harushige.

Shiba Kōkan, imitateur de Harunobu et de l'Occident[modifier | modifier le code]

Shiba Kōkan ne cherche pas à cacher ou à masquer les faux qu'il créé ainsi, puisque l'on dit qu'il se vante ouvertement de sa capacité à imiter aussi bien le style du maître.

Élève de Suzuki Harunobu, de Sō Shiseki et de Gennai Hiraga, Shiba Kōkan maîtrise un grand nombre de styles très différents. Il est également un grand innovateur, explorant de nouvelles méthodes et de nouveaux styles de son invention. Il devient l'un des premiers artistes japonais à utiliser de façon satisfaisante la gravure sur cuivre, en 1783.

Après la mort de Harunobu en 1770, Shiba Kōkan met la signature de Harunobu sur un grand nombre de ses propres œuvres, qui passent apparemment à son époque pour des œuvres véritables du maître. De nos jours, les historiens d'art ont identifié le style calligraphique distinct des fausses signatures de Harunobu, la perspective occidentalisée, et les silhouettes un peu moins délicates des œuvres de Harushige.

Comme beaucoup d'autres artistes de l'ère Edo, Shiba Kōkan utilise un grand nombre d'autres noms à tel ou tel moment de sa carrière, bien que Shiba Kōkan, Suzuki Harushige et des variations proches de ces noms soient les noms dont il signe le plus souvent. Parmi les variations, on trouve Shiba Shun, et Suzuki Shun (Shun étant la lecture chinoise du caractère Haru qui forment les noms de Harunobu et de Harushige). Parmi ses autres noms, on compte Andō, Kichijirō, Katsusaburō, Fugen-dōjin, Kungaku, Rantei, et Shunparō.

Intérêt pour la science et l'astronomie[modifier | modifier le code]

Résidant à Nagasaki, port par où arrivent les gravures et peintures hollandaises, Shiba Kōkan est un élève du rangaku (« études hollandaises ») en plus de son activité d'artiste. Intéressé en particulier par l'astronomie, il écrit et illustre un livre sur les théories de Copernic, intitulé Kopperu temmon zukai (コッペル天文図解, « Explication illustrée de l'astronomie de Copernic »)[1].

Sans que l'on ait pu le prouver, on pense que Hokusai a pu recevoir son enseignement sur la perspective occidentale, qui marque profondément toute son œuvre. Il et en tous cas influencé par Shiba Kōkan, dont il partage le large intérêt pour l'exploration de voies nouvelles.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Louis Frederic, Japan Encyclopedia, Cambridge, Massachusetts : Harvard University Press, 2002
  • (en) Richard Lane, Images of the Floating World, Old Saybrook, CT : Konecky & Konecky, 1978

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Grant Kohn Goodman, Japan and the Dutch, 1600-1853, Intérêt de Shiba Kokan pour les théories de Copernic, pages 102-103.

Articles connexes[modifier | modifier le code]