Nobuhiro Suwa

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Nobuhiro Suwa

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Nobuhiro Suwa (Viennale 2009)

Naissance (53 ans)
Hiroshima
Drapeau du Japon Japon
Nationalité Drapeau du Japon Japonaise
Profession Réalisateur
Films notables M/Other

Nobuhiro Suwa (諏訪 敦彦, Suwa Nobuhiro?) est un réalisateur et scénariste japonais né le 28 mai 1960 à Hiroshima. On le considère souvent comme « le plus Français des cinéastes Japonais »[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Alors qu’il était encore au Lycée, Suwa filmait de petits films personnels en Super 8, des « journaux filmés », sous l’influence de Jonas Mekas et Robert Frank. Ensuite, il a étudié le cinéma à l’université Zokei de Tokyo (東京造形大学?) et fit partie comme assistant ou comme technicien du milieu des « jisshu eiga », des films autoproduits. Dans les années 80, il fait ses premiers pas de metteur en scène, en 8 et 16mm et continue à travailler comme assistant pour des films indépendants ou pour quelques films érotiques (pinku eiga). Dans les annees 90, il travaille pour des documentaires à la télévision et s’inspire de Jean Rouch et Frederick Wiseman[1].

Suwa est actuellement président de l'université Zokei de Tokyo[2].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Thèmes[modifier | modifier le code]

Le motif principal des films de Suwa est le couple formé par un homme et une femme, les difficultés qu’ils rencontrent et leurs efforts pour en sortir. Ces problèmes proviennent de l'envahissement de la vie professionnelle (M/Other), d’un divorce (M/Other, Un couple parfait, Yuki et Nina), des anciennes amours (M/Other ; H Story), de l’usure quotidienne (M/Other, Un couple parfait, Yuki et Nina). Le rôle de l’enfant, quand il est présent, ou de son absence est important dans la vie des couples de Suwa.

Style[modifier | modifier le code]

Sur le plan du style, les films de Suwa sont facilement identifiables de par leur luminosité et leur sonorité, généralement faibles : il aime la pénombre et les éclairages indirects. De même, en ce qui concerne les sons, souvent les conversations ne sont qu’à peine audibles, ou noyées dans des bruits extérieurs. Le silence est un des moyens de communication des couples de ces films, une caractéristique que Suwa a attribuée à sa culture japonaise[3].

Le jeu des perspectives et des lignes de regard peut également être considéré comme une signature des films de Suwa tant est grande sa capacité à filmer de petits univers clos en multipliant les angles de vue, en agrandissant les espaces par des jeux de miroirs, de fenêtres et de portes. Cette virtuosité des angles de vue contraste avec l’immobilité de la caméra, la fixité et la longueur des plans.

Par ailleurs, Suwa est un adepte de l'improvisation.

Nobuhiro Suwa et le français[modifier | modifier le code]

Nobuhiro Suwa est japonais et, de son aveu même, ne maîtrise pas parfaitement le français; cela ne l'a pas empêché de diriger des longs-métrages en France où l'on parlait uniquement (Un couple parfait) ou en grande partie (Yuki et Nina) français. En outre, les critiques reconnaissent qu'il a parfaitememnt intégré les codes et caractéristiques du cinéma français[4].

Différents facteurs et procédés expliquent cela: l'utilisation d'interprètes, l'emploi d'acteurs bilingues, le rôle important de livres ou films français dans les films de Suwa, l'improvisation par des acteurs francophones, la coréalisation avec Hippolyte Girardot ou l'étroite collaboration avec Caroline Champetier[5].

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Interview de Suwa par Sébastien Bondetti, Dimitri Ianni et Terutarô Osanaï le vendredi 19 février 2009, Sancho does Asia
  2. université Zokei de Tokyo
  3. Interview de Suwa par P. AZOURY, « Je suis incapable de vous expliquer ce qui s’est passé », Libération 8/2/2006.
  4. Par exemple, R. PREDAL, Le cinéma français depuis 2000 : un renouvellement incessant (Paris, Armand Colin, 2008), p. 310 : « Un couple parfait touche à la quintessence du cinéma français (… )».
  5. Voir A. D'Hautcourt, « Nobuhiro Suwa et le(s) français », Journal of Inquiry and Research 92, 2010, p. 129-139.