Points de suspension

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Points de suspension
...
Graphies
Graphie ...
Codage
Nom Points de suspension
Unicode U+002E U+002E U+002E
U+2026
Bloc Latin de base,
Ponctuation générale

Les points de suspension sont représentés par trois points alignés horizontalement au niveau de la ligne de base d’écriture : classiquement trois points d’affilée ‹ ... › (espacés ou non) ou le caractère ‹ … ›[1],[2].

Selon l’usage, les trois points formant les points de suspension peuvent être directement l’un à la suite de l’autre ‹ ... ›, comme par exemple en français ou en espagnol[3], chacun espacé uniformément dans un cadratin[4] ‹ … › (en théorie), ou chacun précédé d’une espace insécable ‹ . . . ›, comme parfois en anglais[5],[6]. Pour cette raison, le dessin du caractère unique ‹ … › ne correspond parfois pas à l’usage dans une langue ou un contexte selon la police de caractère utilisée[7],[8].

En français[modifier | modifier le code]

Les points de suspension marquent la fin d'un énoncé alors que la phrase n'est pas complète ; cela indique au lecteur que la phrase précédente aurait pu être poursuivie. La phrase précédente peut même être grammaticalement incorrecte. Cela peut être :

  • un procédé rhétorique laissant la fin de la phrase en sous-entendu ;
  • une figure de style indiquant une rupture ou une suspension du discours, ou aposiopèse ;
  • une figure de style marquant une omission volontaire à fins de raccourci, ou ellipse ;
  • un procédé littéraire permettant, dans un dialogue, de marquer une hésitation, ou quelqu'un qui coupe la parole.

Les points de suspension ont la même signification grammaticale que les points si l'on s'arrête après eux, et sont donc suivis d'une majuscule. Mais il est également possible de reprendre immédiatement son propos, par exemple si les points exprimaient seulement une hésitation. Dans ce cas, ils jouent un rôle équivalent au point-virgule, et donc la reprise de phrase qui suit se fait sans majuscule (sauf s'ils sont suivis d'un mot qui par lui-même prend une majuscule — d'ailleurs dans ce dernier cas il est impossible de savoir si les points de suspension jouent le rôle de fin de phrase ou non).

Cas d'utilisation :

  • dans un dialogue :
    • lorsqu'une phrase est interrompue, par exemple par l'intervention d'une autre personne,
    • pour représenter l'hésitation,
    • pour représenter des grossièretés que l'on ne souhaite pas écrire explicitement ;
  • indication de présence d'un sous-entendu dans la phrase les précédant ;
  • sollicitation de l'imagination du lecteur ;
  • à la fin de listes non exhaustives : « … » a la même valeur que « etc. » (« etc… » est une forme erronée, bien que répandue)[9] ;
  • pour signaler l'absence de réponse ou de commentaire ;
  • pour représenter le silence.

Pour indiquer un passage coupé dans une citation, on emploie les points de suspension entre crochets : « […] ». Selon les règles typographiques de l'Imprimerie nationale, il n'y a pas d'espace entre les crochets et le signe de ponctuation[10].

Selon l'utilisation, les mots suivant les points de suspension peuvent être considérés comme formant une phrase ou non. Si c'est le cas, on met une majuscule après les points de suspension. Pour reconnaître, on met une majuscule si on pense que les points de suspension pourraient être remplacés par un point, pas de majuscule si on pense qu'on les remplacerait par aucune ponctuation, une virgule, un deux-points ou un point-virgule.

Usage combiné[modifier | modifier le code]

On peut combiner les points de suspension avec un point d'exclamation ou d'interrogation si on combine une ellipse avec une exclamation ou question.

La lettre J'accuse avait donné comme manchette de journal « J'accuse… ! ». Hergé utilisait beaucoup cette forme : dans un album de Tintin comme Objectif Lune, presque toutes les bulles de dialogue finissent par des points de suspension, qu'ils soient combinés ou non avec des points d'interrogation ou d'exclamation.

Dans ce cas, l'usage est très hésitant sur la typologie à adopter. Est-ce que le signe double est le troisième des points de suspension (c'est la convention utilisée dans Avez-vous déjà vu..?) ou un quatrième point (l'exemple de « J'accuse… ! ») ? Faut-il placer une espace entre le troisième et le quatrième point ?

L'Office québécois de la langue française recommande d'utiliser le signe double comme quatrième point et de ne pas mettre d'espace. Il mentionne la possibilité de placer le point d'exclamation ou d'interrogation avant ou après, sans préciser la nuance que cela apporte[11]. D'autres sources considèrent simplement que ce signe est censé être employé seul[12].

Les points de suspension peuvent se combiner avec une barre oblique, sous la forme « …/… » et figurer alors en bas et à droite d'un document comprenant plusieurs pages, sans indication de pagination, pour indiquer que le document se poursuit.

En anglais[modifier | modifier le code]

Les mêmes remarques sur l'usage et les majuscules à placer ou non s'appliquent. En revanche, ceux qui suivent le code typographique américain réputé, The Chicago Manual of Style[5], ou le manuel typographique de l’Oxford University Press[6], se distinguent sur plusieurs points des usages en français :

  • il y a une espace insécable devant et derrière chaque point : on écrit « But . . . he is my friend! » (« Mais… c'est mon ami ! ») ;
  • les points de suspension n'absorbent pas le point normal (point final, point d'abréviation). En conséquence, si on achève un paragraphe par des points de suspension, on place quatre points, mais sans espace avant le premier ;
  • quand un personnage se fait couper la parole, on utilise un tiret, les points de suspension étant réservés à l'interruption volontaire d'une phrase.

En anglais, certains usages français des points de suspension n'existent pas. Notamment quand on utilise les points de suspension pour dire : « Je pourrais en dire plus si je voulais. » Ainsi une expression informelle comme « Quoique… » n'a pas son équivalent en anglais.

L'introduction des films Star Wars a conservé après traduction les quatre points : « Il y a bien longtemps dans une galaxie lointaine, très lointaine.... » Toute la saga, dans toutes les langues, a repris cette particularité.

Imprimerie et informatique[modifier | modifier le code]

Classiquement, les points de suspension sont imprimés exactement comme trois points d'affilée. En informatique, le standard ASCII et d’autres codages couvrant plus de langues comme l’ISO 8859 ne disposaient pas de caractère unique pour les points de suspensions, l'utilisation de points successifs convenant parfaitement comme dans l’imprimerie. Un caractère unique représente les points de suspension dans des jeux de caractères comme Windows-1252 (à partir de la version utilisée dans Windows 3.1[13]), MacRoman, ou certains codages CJC, et, par compatibilité avec ceux-ci, Unicode (U+2026). Dans certaines polices, le caractère affiché est beaucoup plus serré ou plus espacé que les trois points[7]. Les logiciels de traitement de texte comme Microsoft Word et les dernières versions d’OpenOffice Writer ou de LibreOffice, ainsi que la correction d’orthographe automatique d’OS X, remplacent automatiquement trois points d’affilée ‹ ... › par le caractère unique ‹ … ›.

En HTML, le caractère unique points de suspension est représenté par l'entité …. On peut utiliser le caractère trois points de suspension ‹ … › directement dans le code HTML lorsque celui-ci est en UTF-8.

Dans LaTeX, les points de suspension peuvent s'obtenir par \dots, cependant ceux-ci sont espacés pour l’usage anglais et les trois points successifs peuvent être préférables en français[8] ou en espagnol[3]. Dans l'environnement mathématique ($…$ ou \[…\]), on peut utiliser la commande \ldots ; on peut également utiliser des points médians de suspension ainsi que des alignements verticaux et diagonaux, par exemple pour des matrices, avec les commandes \cdots (\cdots), \vdots (\vdots) et \ddots (\ddots)[8].

Sur clavier bépo, les points de suspension s'obtiennent avec la combinaison AltGr + « . ». Sur le clavier AZERTY sur Mac, touche option + « ; »[14].

Les points obtenus par points normaux successifs restent assez utilisés, car ils sont conformes aux recommendations d’Unicode[15], parfois mieux espacés[7] et plus simples à obtenir au clavier.

En mathématiques[modifier | modifier le code]

Les points de suspension sont utilisés pour alléger ou raccourcir les notations. Ils peuvent être représentés horizontalement, verticalement ou obliquement (par exemple dans des matrices). Ils ne dénotent pas une absence ou un manque, mais au contraire une énumération d'objets entièrement déterminés par l'ensemble des symboles qui les entourent. Le lecteur averti est capable sans difficulté de comprendre comment construire, sans risque d'ambiguïté, les éléments mis en ellipse, à partir de leur contexte.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André 2013
  2. Typoguide.ch
  3. a et b Bezos 2002
  4. Microsoft Typography, Character design standards: Punctuation Characters for Latin 1, s.v. Ellipsis, em leader and en leader
  5. a et b Special Characters, The Chicago Manual of Style
  6. a et b Ritter 2002, p. 128
  7. a, b et c Andries 2008, p. 151
  8. a, b et c Lozano 2008, p. 15 et p. 45‒46
  9. Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale, (ISBN 978-2-7433-0482-0[à vérifier : ISBN invalide]), p. 147
  10. Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale, (ISBN 978-2-7433-0482-9), p. 52 et 149
  11. Banque de dépannage linguistique
  12. http://www.la-ponctuation.com/points-suspension.html La-ponctuation.com
  13. Aivosto.com
  14. http://docs.info.apple.com/article.html?path=Mac/10.5/fr/8564.html
  15. Unicode 6.2.0, s.v. chapitre 3, section 3.7 Decomposition, D66

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]