Gwendal

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Gwendal

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Le groupe au festival Het Lindeboom à Loon-Plage le 24 juillet 2009

Informations générales
Pays d'origine Région Bretagne
Drapeau de la France France
Genre musical Musique bretonne, musique traditionnelle irlandaise, rock, jazz, musique classique, folk-rock progressif
Années actives Depuis 1972
Labels EMI, Sony BMG
Site officiel www.gwendal.eu
Composition du groupe
Membres Youenn Le Berre (flûtes, bombarde, cornemuse)
Jérôme Guéguen (claviers)
Pascal Sarton (basse)
David Rusaouen (batterie)
Vincent Leutreau (violon)
Ludo Mesnil (guitares)
Marc Hazon (2nd batteur)
Michel Valy (2nd basse)
Anciens membres Bruno Barré
Patrice Grupallo
Jean-Marie Renard
Roger Schaub
Ricky Caust
Arnaud Rogers
Olivier Pédron
François Ovide
Robert Le Gall
Patrice Guillaumat
Patrick Tillman
Bertrand Binet
Paul Faure
Jean-Claude Philippe

Gwendal est un groupe instrumental de musique bretonne et celtique formé en 1972.

Ses influences sont multiples, allant de la musique traditionnelle irlandaise au rock, en passant par le jazz et la musique classique. Le répertoire est composé de morceaux traditionnels irlandais et bretons, mais aussi d'instrumentaux originaux que certains qualifient de folk-rock progressif. L'influence du jazz est toutefois plus importante que celle du rock : faudrait-il alors plutôt parler de folk-jazz ?

Historique[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Le groupe se forme à l'automne 1972 à l'initiative de Jean-Marie Renard (guitare rythmique) qui devient par la suite le manager du groupe. Il réunit cinq copains musiciens de cultures musicales différentes (classique, jazz, folk, rock) autour d'une passion commune, la musique celtique : outre Jean-Marie Renard, Youenn Le Berre (flûte, bombarde), Bruno Barré (violon) et Patrice Grupallo (percussions) et Roger Schaub (basse)[1]. Il se nomme tout d'abord Soporific string band[2]. Mais ce titre paraît peu commercial, à l'époque de la vague celtique, et leur maison de disques leur impose un nom plus breton.

Gwendal se distingue dès le début des nombreux autres groupes français inspirés par les musiques traditionnelles bretonnes et irlandaises par le choix de ce qui fera la continuité de son style durant toute sa carrière : un son mêlant des mélodies d'influences traditionnelles, et des arrangements et des rythmiques fortement influencés par les courants musicaux modernes des différentes époques : jazz, rock...

Durant ses quatre décennies d'existence, Gwendal aura connu de nombreux changements de musiciens accompagnant l'évolution du groupe, le flûtiste Youenn Le Berre, leader actuel, en étant le seul originaire.

Les années 1970 : « âge d'or » du groupe[modifier | modifier le code]

Le 1e album, Gwendal (ou Irish Jig), sort en 1974. On y trouve le noyau instrumental qui est resté une constante du son du groupe : tin whistle et violon pour les mélodies ; guitare acoustique, mandoline et basse pour la rythmique. Le disque propose un son encore assez proche d'une musique irlandaise assez classique, mais les envolées jazzy de Youenn Le Berre à la bombarde agacent les traditionalistes. Le « lutin géant » de la pochette restera longtemps le symbole du groupe.

Joe Can't Reel, le 2e album sort en 1975. Certaines compositions (Douze degrés, Rue du Petit-Musc, Benoît, Le coucou migrateur) sont originales, et sont aussi les plus réussies. La pochette du disque est illustrée par Claire Bretécher. Roger Schaub y joue de la basse. On note deux chorus d'un trompettiste anonyme aux accents très baroques dans Crystal palace : c'est encore une initiative originale, cet instrument étant peu prisé des groupes folks.

Le groupe s'électrifie à partir du 3e album, Rainy Day (sous-titré À Vos Désirs) (sorti en 1976) avec l'adjonction de la guitare électrique avec l'arrivée de Ricky Caust et de la batterie avec Arnaud Rogers. Le groupe passe alors de cinq à sept musiciens. La pochette du disque est illustrée par Enki Bilal. La première face reprend des traditionnels irlandais. La seconde comprend un vaste morceau aux influences jazzistiques certaines. Le Berre y joue du saxophone : son solo torrentiel évoque Archie Shepp ou Michael Brecker. L'album fera encore grincer les puristes, en Bretagne, où le groupe est sifflé à plusieurs reprises[3]. Parallèlement à cette évolution, le répertoire comporte de plus en plus de compositions personnelles, qui constitueront l'intégralité du contenu des albums à partir de 4 (sous-titré Les Mouettes Se Battent) (sorti en 1979).

Le 10 mars 1976, Gwendal donne un concert au théâtre Daniel Sorano à Vincennes dans le cadre du Festival Films folk[4]. En juin 1976, Gwendal participe au festival de musique traditionnelle de Mamirolle ; le groupe refuse de paraître sur le double album pressé par les organisateurs, estimant que la sonorisation du festival n'a pas permis un bon enregistrement[5]. Le groupe joue en tête d'affiche du Nyon Folk Festival 1978 (le 23 juillet, jour de clôture du festival)[6].

En 1979, Gwendal publie son 4e album, le bien nommé 4 (plus connu sous le titre Les Mouettes se Battent) sur lequel se font sentir de multiples influences, de reflets jazzy aux échos du rock progressif. Olivier Pédron remplace Arnaud Rogers à la batterie. Au printemps 1979, Gwendal participe au Printemps de Bourges[7] et à l'été 1979 au festival des Césarines-Pleine Lune organisé à Saint-Céré dans le Lot.

Les années 1980 : continuité du succès en Espagne[modifier | modifier le code]

En 1980, Gwendal se produit à Madrid au Teatro Alcalá, dont le concert est filmé[8]. En 1981, le groupe publie son premier live : En Concert est l'enregistrement (effectué à l'aide du studio mobile des Rolling Stones) d'une série de concerts donnés à Madrid du 8 au 11 avril 1981 au Colegio Mayor San Juan Evangelista. Le groupe a toujours eu beaucoup de succès en Espagne, certainement plus qu'en France.[réf. nécessaire]

Cette même année 1981, la formation évolue beaucoup : Robert Le Gall remplace Roger Schaub à la basse (qui change en partie de métier en devenant luthier en Bretagne). Jean-Marie Renard quitte la scène et devient manager du groupe. Il est remplacé par François Ovide. Le groupe intègre également un nouvel instrument, le clavier, tenu par Paul Faure. David Rusaouen prend la place de batteur et Pascal Sarton celui de bassiste.

En 1983 sort Locomo, sixième disque de Gwendal, enregistré au château d'Hérouville. Patrice Guillaumat est à la batterie, Robert Le Gall toujours à la basse.

En 1985 sort Danse la Musique aux arrangements très simples, presque disco. Pour la première fois, un titre chanté est mis au répertoire de cette formation instrumentale[1]. Bertrand Binet est alors le guitariste du groupe, Patrick Tillman le violoniste. Le groupe change de maison de disque et patiente quelques années avant de retourner en studio pour proposer un travail élaboré. Deux ans plus tard, Robert Le Gall quitte le rôle du bassiste pour tenir celui du violoniste et devient co-leader du groupe avec Youenn Le Berre.

En 1989 sort Glen River. Ce huitième album de Gwendal offre une musique plus sobre que les précédents, loin du son jazzy des années 1970 ou disco du précédent. L'album reçoit un excellent accueil et obtiendra le prix de l'Académie Charles-Cros en 1990. Avec cet album, le groupe passe de cinq à six musiciens sur scène, avec l'introduction du synthétiseur.

Les années 1990 : continuité de la présence scénique[modifier | modifier le code]

Un nouveau venu, le bassiste Michel Valy, rejoint Gwendal en 1993.

Le 27 novembre 1993, Gwendal donne un concert à Paris au Passage du Nord-Ouest au cours duquel il interprète, en particulier, pas moins de 9 titres de Glen River (son dernier album en date) et reprend deux de ses classiques, Sopo song (1974) et Benoît (1975)[n 1].

Sorti en 1995, l'album Pan ha Diskan (« Pan et refrain », en référence au kan ha diskan) suit la même voie musicale que Glen River. Les musiciens de Gwendal ouvrent leur cœur celte aux autres cultures par l'intégration d'instruments africains et indiens. Le groupe joue avec Liam O'Flynn[1], virtuose irlandais de l'uilleann pipe.

Suit une longue période de repos pour le groupe, chacun de ses membres participant à d'autres formations musicales :

  • Robert Le Gall rejoint la formation d'Alan Stivell comme guitariste et directeur musical.
  • François Ovide rejoint le chanteur Renaud, Maxime Le Forestier, Patricia Kass.
  • Paul Faure entame avec succès une carrière de pianiste de jazz, puis de musique latine.
  • Youenn le Berre créé le groupe Mugar, mélange de musique celte et berbère. Il s'implique également dans le projet O'stravaganza, mélange de musique de Vivaldi et de musique traditionnelle irlandaise. Ce disque est produit par Hugues de Courson, ancien bassiste de Malicorne, également producteur des albums Lambarena (mélange de musique de Bach et de musique africaine) et Mozart l'égyptien (mélange de musique de Mozart et de musique égyptienne) qui ont tous deux reçu un très bon accueil critique.

Durant toutes ces années, le groupe continue à se produire régulièrement en Espagne, mais peu en France. Fin juin 1997, Gwendal joue en tête d'affiche du Festival national de blues du Creusot[9].

Les années 2000 : retour discographique après dix ans d'absence[modifier | modifier le code]

Youenn Le Berre, David Rusaouen et Pascal Sarton sur la scène du festival Het Lindeboom à Loon-Plage le 24 juillet 2009

En 2002, Jean-Claude Philippe, au violon, les rejoint. En 2003, deux nouveaux membres intègrent le groupe : Ludovic Mesnil, également guitariste de Dan Ar Braz et Jérôme Gueguen, également claviériste de Stone Age.

En 2005, Gwendal sort son dixième album, War-Raog, résultat du travail sur scène et en studio de la formation du moment comportant désormais 6 musiciens : Youenn Le Berre, Jean-Claude Philippe, Ludo Mesnil, Jérôme Guéguen, Pascal Sarton et David Rusaouen. Le 30 juin 2006, le groupe se produit sur la Plaine du campus de la Cité scientifique à Villeneuve-d'Ascq (Nord)[10].

Une compilation Best Of sort en 2008 chez Keltia Musique. Le 22 juillet 2009, Gwendal se produit à Quimper à l'Espace Évêché dans le cadre du festival de Cornouaille[11] et le 24 juillet 2009 à Loon-Plage dans le cadre du festival Het Lindeboom.

Les années 2010 : discrète présence scénique et retour discographique[modifier | modifier le code]

2010-2011[modifier | modifier le code]

Début août 2010, Gwendal est l'invité du festival interceltique de Lorient[12]. Le 7 août 2010, le groupe se produit à la Festa da Carballeira de Zas (Espagne).

Gwendal donne un concert le 18 mars 2011 au Scarabée à La Verrière (Yvelines)[10]. Le groupe se produit ensuite dans le cadre de deux festivals : le 16 avril 2011 au Teatro Cine Moderno en tête d'affiche du Festival folk de San Pedro del Pinatar près de Murcie (Espagne)[13] et le 13 août 2011 sur la grande scène Stan Hugill du Festival du chant de marin de Paimpol (Bretagne)[10].

2012-2013 : tournée de célébration des 40 ans du groupe[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de son 40 Ans Tour, Gwendal donne 7 concerts en Espagne au printemps 2012[14] : le 26 avril à Madrid (Sala Pénelope), le 27 avril à Burgos (Sala El Hangar), le 29 avril à León (Auditorio Ciudad de León), le 30 avril à Bilbao (Sala Rockstar Live), le 2 mai à Saragosse (Palacio de Congresos), le 3 mai à Barcelone (Sala Bikini) et le 5 mai 2012 à Castellón (Sala Opal). Le groupe se produit au 13e Festival Intercéltico de Sendim le 4 août 2012 et gratuitement à La Butte du Fort de Bénodet (près de Quimper) dans le cadre du festival L'Été en fête le 15 août 2012[15].

Le 13 juillet 2013, Gwendal participe au Festival Internacional do Mundo Celta de Ortigueira en Galice (Espagne)[16] et le 15 août 2013, Gwendal est l'invité du Festival des Filets bleus à Concarneau (Bretagne). Le 14 septembre 2013, Gwendal donne l'un des derniers concerts de son 40 Ans Tour dans le cadre des Fiestas de San Mateo à Oviedo (Plaza de la Catedral) dans la province des Asturies (Espagne)[17].

2014 : nouvel album annoncé (40 ans après le premier)[modifier | modifier le code]

Le 10 janvier 2014, Gwendal annonce qu'il travaille à la préparation d'un nouvel album studio, avec « l'espoir d'être bientôt sur scène ».[réf. nécessaire]

Le 15 mars 2014, Gwendal participe à la soirée folk de la Saint-Patrick à l'Espace Culturel Daniel Balavoine de Gandrange (Lorraine) avec Groupe sans gain en première partie[18].

Composition du groupe[modifier | modifier le code]

En 2011-2012, la formation compte les membres suivants :

  • Youenn Le Berre, flûtes, bombarde, cornemuse ;
  • Jérôme Guéguen, claviers ;
  • Pascal Sarton, basse ;
  • David Rusaouen, batterie ;
  • Vincent Leutreau, violon (succédant à Jean-Claude Philippe) ;
  • Ludo Mesnil, guitare ;
  • Marc Hazon, deuxième batteur ;
  • Michel Valy, deuxième basse ;
  • Eric Peycelon, technicien, sound designer.

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio et live[modifier | modifier le code]

  • 1974 : Irish Jig
  • 1975 : Joe Can't Reel
  • 1976 : Rainy Day (À vos désirs)
  • 1979 : 4 (ou Les Mouettes se battent)
  • 1981 : En concert (album live)
  • 1983 : Locomo
  • 1985 : Danse la musique
  • 1989 : Glen River
  • 1995 : Pan Ha Diskan
  • 2005 : War-Raog

Compilations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au concert au Passage du Nord-Ouest en novembre 1993, la formation comporte alors 7 musiciens : Youenn Le Berre (flûtes, cornemuses, bombarde) au sein de Gwendal depuis les débuts, Jean-Marie Renard (guitare) également membre fondateur du groupe, Robert Le Gall (violon) au sein du groupe depuis 1981 (au départ à la basse), François Ovide (guitares), Michel Valy (basse), Paul Faure (claviers) et enfin Marc Hazon (batterie) auxquels se joint en invité spécial Pierre Chérèze (guitare) sur deux titres : Sopo song (1974) et Noces de granit (1989).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Didier Convenant, La musique celtique, Hors Collection,‎ 1996, 76 p. (ISBN 2258044464), p. 22
  2. Pascal Rannou, « Mon Joli Scooter », dans Bretagnes n°7, novembre 1977, p. 67
  3. Reportage de Paul André Picton, diffusé le 16 mai 1980 sur France 3 Bretagne Pays de Loire, 13 min 30 s, archive INA
  4. Gwendal sur le blog La musique adoucit les moeurs, 24 juillet 2013
  5. « Folk de Mamirolle », raveup60.fr
  6. festival de Nyon 1978, www.festivals-rock.com
  7. Le mouvement folk en France (1964-1981)
  8. Enregistrement télévisé par le média espagnol The Rock and Roll Television
  9. D'après le témoignage d'un spectateur présent au concert donné par Gwendal fin juin 1997 dans le cadre du Festival national de blues du Creusot.
  10. a, b et c Concerts de Gwendal sur concertandco.com
  11. Programmation intégrale du Festival de Cornouaille 2009, www.antourtan.org
  12. Gwendal. Festival Interceltique de Lorient 2010, An Tour Tan, 20 photos de Simon Cojean, mise en ligne le 10 août 2010
  13. Site du Festival folk de San Pedro del Pinatar 2011
  14. Gwendal 40 Ans Tour sur www.lahiguera.net
  15. Spectacle pyromusical annulé. De l'ambiance malgré la déception, Le Télégramme, 17 août 2012
  16. Programmation 2013 du Festival de Ortigueira sur son site
  17. (es) Gwendal + Brigan. Fiestas de San Mateo, universofolk.com, 14 septembre 2013
  18. Agenda. Soirée FOLK de la Saint-Patrick : Gwendal + Groupe sans gain, gandrange.fr

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Denys Levassort, « Gwendal, horizons variés... », Trad Magazine, no 44,‎ janvier-février 1996, p. 30-31
  • Didier Convenant, La musique celtique, Hors Collection,‎ 1996, 76 p. (ISBN 2258044464), p. 22

Liens externes[modifier | modifier le code]