Dizy-le-Gros

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Dizy-le-Gros
Image illustrative de l'article Dizy-le-Gros
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Aisne
Arrondissement Laon
Canton Rozoy-sur-Serre
Intercommunalité Communauté de communes des Portes de la Thiérache
Maire
Mandat
Jean-Marie Bouché
2014-2020
Code postal 02340
Code commune 02264
Démographie
Population
municipale
789 hab. (2011)
Densité 40 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 37′ 48″ N 4° 01′ 23″ E / 49.63, 4.02305555556 ()49° 37′ 48″ Nord 4° 01′ 23″ Est / 49.63, 4.02305555556 ()  
Altitude Min. 92 m – Max. 162 m
Superficie 19,96 km2
Localisation

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Dizy-le-Gros

Dizy-le-Gros est une commune française, située dans le département de l'Aisne en région Picardie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Le 3e Régiment d'Autos-Mitrailleuses (RAM) à Dizy-le-Gros[1]:

  • Les combats de mai 1940,
  • Le sacrifice du 3e RAM,
  • Le Mémorial du 3e RAM

Le 4 juillet 1948, la commune de Dizy le Gros inaugura le monument aux morts édifié à la mémoire de tous les morts du 3e régiment d’automitrailleuses (3e RAM), Morts pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale, soit tombés dans les combats face à l’armée allemande soit dans les camps de prisonniers ou de la déportation.
C’était lors des combats du 16 mai 1940 que cette extraordinaire unité qui combattait sans un seul arrêt depuis le 10 mai 1940 et la frontière du Luxembourg où ses unités de reconnaissance et de découverte étaient entrées dès le premier jour,

Le 3e RAM qui fait partie de la 13e Brigade Légère Motorisée tient jusqu’au 10 mai 1940 le secteur de Villerupt, Redange, Ottange. Il pénètre au Luxembourg le 10 mai et se porte au-devant de l’ennemi pour tenter de ralentir sa progression. Se heurtant aussitôt aux forces allemandes qui elles aussi attaquaient en force, il s’ensuit de violents combats qui permettent de stabiliser momentanément le front.
Le 3e RAM doit alors reculer pour se porter au secours, dans la région sud de Serrouville en Meurthe-et-Moselle, où il est mis à la disposition du 42e Corps d'Armée Français (CAF) en vue de rétablir la situation bien compromise dans le secteur de Longwy.

En fin de journée, les infiltrations ennemies sont refoulées, mais l’imminence d’une attaque en force contraint le commandement à faire replier nos troupes sur la position fortifiée de la ligne Maginot.

Le 15 mai, il reçoit une nouvelle mission de se mettre en appui de la 6e Armée.
Il se porte alors rapidement vers l’ouest par ses escadrons d’automitrailleuses et motocyclistes, laissant derrière lui ses escadrons de chars et de canons antichars.
Arrivé à Dizy-le-Gros, il tentera dans la matinée du 16 mai sous les ordres du commandant de la Motte Rouge, qui a pris le commandement du régiment à la suite de la mort glorieuse du Colonel de Couteux, de se fortifier dans ce village de l’Aisne, et d’y attendre ses escadrons plus lents.
Le capitaine de Roys, commandant le 3e escadron est chargé de mettre Dizy-le-Gros en défense.
Aidé du lieutenant Desmeulles, il place le 2e escadron motocycliste du capitaine de Brignac au sud du village et la route de Reims, lui-même avec son 3e escadron de reconnaissance tenant le centre, et il place en appui au nord et au nord est le 1er escadron d’automitrailleuses du capitaine Weygand, en direction de Montcornet.


Le capitaine Weygand, qui commandait alors le 1er escadron d’automitrailleuses envisagera la publication d’un Mémorial du 3e RAM,dont la partie consacrée aux combats de Dizy-le-Gros est donnée à la suite :

« Tout le long de l’Argonne le quadrille des Dornier Do 17, des Junkers Ju 87 accompagne le régiment.
Ce n’est pas à lui qu’ils en veulent mais aux voies ferrées, et la traversée de Sainte-Menehould se fait sous les chapelets de bombes destinés à la gare.
Vers [[Valmy]*/ ], les convois de réfugiés commencent à encombrer les routes. Doucement mais fermement, il faut les arrêter pour que la colonne blindée passe. Pauvres êtres venus de partout, visages hagards, plein d’une détresse sur laquelle on a beaucoup écrit, mais qu’il faut avoir vu pour ne l’oublier jamais.

Sommeil de courte durée ; à trois heures, les ordres arrivent et aussitôt, par petits groupements, le régiment quitte Pont-Faverger afin de reconnaître les rives de la Serre et d’y arrêter les infiltrations ennemies venues du nord et du nord-est, cependant que le reste de la division s’installera en position défensive sur la lisière du camp de Sissonne.
Les soixante kilomètres qui séparent de la Serre sont faits à vive allure. Malgré cela, dans tout le secteur qui leur est attribué, les détachements du 3e RAM ne réussissent pas à prendre pied au nord de la rivière.
Rozoy-sur-Serre et Montcornet, les principaux ponts sont déjà tenus et l’ennemi y dispose d’une défense assez solide pour arrêter la poignée de motocyclistes et les quelques automitrailleuses qui se présentent devant chacun d’eux.

La matinée du 16 mai s’écoule ainsi à chercher le point de passage le plus aisé à forcer avec de si faibles moyens; mais en vain; et au début de l’après-midi, le commandant du régiment se résigne à rester au sud de la vallée, son poste de commandement au village de Dizy-le-Gros et ses escadrons largement étalés face au nord et nord-est. A 15 heures, le septième des agents de liaison envoyés depuis le matin vers l’arrière pour rendre compte de la situation et demander des instructions revient. Il n’a pu trouver aucun des postes de commandement qu’il cherchait et qui sont sans doute submergés dans la marée des réfugiés et les embouteillages de routes.

Puisqu’il ne reçoit pas d’ordres, le commandant de La Motte Rouge prend seul ses décisions et c’est la plus audacieuse qu’il choisit. Quelque aventurée que soit la situation dans ce silence et cet isolement, on poursuivra jusqu’au soir les reconnaissances et on passera la nuit dans Dizy–le-Gros, carrefour des routes qu’il faut conserver et dans lequel on se fortifiera tant bien que mal.

Mais l’ennemi intervient alors de façon inattendue.
Ce n’est ni du nord ni de l’est qu’il arrive. Pas même de l’ouest. C’est du sud qu’à partir de 16 heures commencent à déferler une centaine de chars de toutes tailles qui arrivant par la route de Reims, prennent à revers le dispositif.
Ni les renseignements reçus au départ de Pont-Faverger, ni ceux de l’aviation d’observation qui n’a pas opéré de ce côté, n’ont pu faire prévoir une pareille aventure, surtout à des troupes qui viennent de se battre dans une région où le front n’a pas été percé.
Et le plus grave, c’est qu’à cette ruée, le 3e RAM n’a rien de sérieux à opposer: pas un char, pas un canon à terre; rien que des autos-mitrailleuses légères, à un contre dix.

Cependant il n’est pas question de reculer sans combat.
Dans ce hourvari où l’action des chefs ne peut se faire sentir que localement, chacun suit son instinct et chacun fait tête.
Dans Dizy-le-Gros qu’ils commençaient à fortifier, les motocyclistes livrent aux chars un combat inégal. Mitraillés à bout portant, canonnés, écrasés, ils ne veulent pas se rendre et pendant une demi-heure on entend claquer les rafales de leurs fusils-mitrailleurs, impuissants mais sublime effort de ces braves. Beaucoup sont tués ou blessés. Le reste harassé, traqué, est enfin pris.
Parmi les morts criblés de balles, le fusil au poing, on retrouvera les lieutenants Leroy-Beaulieu et de Mandat Grancey, qui ont vendu chèrement leur vie. Parmi les morts aussi, le lieutenant Pissavy qui, par deux fois, avec un courage inouï, a cherché à glisser des mines sous les chenilles des chars et a été abattu au moment où il allait réussir.

  • /

Dizy-le-Gros nettoyé, l’ennemi se déploie en éventail face au nord et pousse vers la Serre, où il va cerner les trois détachements qui, depuis le matin, sont en face des ponts.
Il faut le ralentir et ainsi se donner le temps d’avertir ces détachements, afin de les faire glisser latéralement vers Sissone où s’installe la division.
Pour cela deux automitrailleuses sont engagées et sacrifiées. Les chars allemands marquent une hésitation et cela suffit pour que les détachements menacés soient sauvés. L’un d’eux, commandé par un jeune officier résolu, reviendra même à l’attaque et, accrochant le dispositif allemand sur son flanc, détruira trois chars légers. Cela fait, il rejoindra à la nuit la région de Sissone où ce qui reste du régiment est en train de se regrouper.

Cette fois c’est un capitaine qui prend le commandement du 3e RAM, le capitaine de Brignac. Au contact toute la journée devant Montcornet, il vient de rentrer à Sissone et la nuit se passe a rallier les isolés dont l’unité a été volatilisée à Dizy-le-Gros, par le heurt des chars et qui à travers champ, cherchent à rejoindre leurs camarades. Certains rentrent la nuit même, ayant réussi à passer au milieu d’un dispositif ennemi, comme le capitaine de Roys et le lieutenant Desmeulles, d’autres rejoindront un ou deux jours plus tard. Tous sont animés du désir de retrouver leur régiment et de recommencer à se battre avec lui.

On ne peut pas les citer tous ; Il faut cependant parler de ces deux officiers qui, après une marche de 12 heures dans les lignes allemandes, ramènent leur détachement, soit près de quarante hommes, qu’ils ont fait échapper à la captivité.
Il faut rappeler aussi l’héroïque conduite d’un sous officier comptable, qui, malgré sa fonction, a voulu marcher avec son escadron. Blessé aux deux jambes, fait prisonnier, il s’évade du poste de secours où il a été soigné avec un autre auto-mitrailleur, affreusement blessé à la tête, et à travers la nuit hostile, ses deux moribonds, dévorés de fièvre, marchent pour retrouver le régiment.
Le matin, ils arrivent par miracle à Sissone. Ils sont exténués et attendant le moment de les évacuer, on les étend sur un brancard, et on commence à les panser. A son capitaine qui vient alors le voir, le sous-officier n’a qu’une chose à dire : sa volonté de guérir pour revenir au front. Puis de ses vêtements ensanglantés, il sort quelque chose : c’est un vieux portefeuille dans lequel, tandis qu’on le soignait, il a compté et rangé le peu d’argent de l’escadron qu’il avait en garde et qu’il veut rendre avant de partir….Son devoir rempli jusqu’au bout, il se laisse évacuer.

Tous ces hommes là n’étaient pas des lâches ni des fuyards, et l’on pourra dire d’eux comme des légionnaires de Camerone :
« La vie plutôt que le courage abandonna ces braves »

Si dure qu’ait été la journée du 16 mai, il n’est pas question pour le 3e RAM d’être mis au repos le lendemain.
Le capitaine qui le commande fait donc l’appel des forces.
Elles se composent de cinq auto -mitrailleuses utilisables et d’une trentaine de side-cars.
Les chars, épuisés par l’étape du 15 mai, ne réapparaîtront pratiquement que le 19 juin, quant aux canons antichars, ils sont déjà reparti vers le front de la Division.
C’est peu, mais c’est assez pour se battre, et dans la matinée du 17 mai, le régiment est de nouveau engagé aux abords du village de Sissone. Après Sissone, c’est Laon, où il battra encore l’estrade jusqu’au 30 mai, jour où son rôle définitivement terminé dans ce secteur, la 3e Division de cavalerie ira se reformer derrière l’Infanterie, au sud de la Seine.

Mais il est dit, dans cette campagne de 1940, on en a jamais fini.
Le lendemain, 21 mai, tandis que dans le petit village de Chacrise le 3e RAM panse ses graves blessures, on fait encore appel à lui pour intervenir sur l’Ailette, dans une opération locale. Au retour, une de ses cinq automitrailleuses manquera à l’appel, et sa carcasse percée d’obus brûlera lentement entre les lignes. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cette épopée des escadrons du 3e RAM sera décrite dans le livre du docteur André Soubiran, «J’étais médecin avec les chars».
  • De nombreux témoignages, ou journaux des officiers du 3e R.A.M. seront communiqués dans le site internet des « Amis de Saint Ange », (contacts@amisdesaintange.fr) dans son chapitre consacré au lieutenant-colonel René de Roys, ou publiés dans différents articles de la revue de Moret, N°175 et + ( 77250 Moret sur Loing)

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 mars 2008 Francine Anquez    
mars 2008 en cours
(au 3 avril 2014)
Jean-Marie Bouché   Réélu pour le mandat 2014-2020[2]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 789 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 220 1 233 1 386 1 490 1 544 1 486 1 572 1 553 1 623
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 495 1 392 1 408 1 425 1 410 1 360 1 420 1 441 1 373
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 331 1 302 1 282 1 084 1 135 1 182 1 213 1 130 1 152
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
1 057 1 032 854 829 762 755 789 764 793
2011 - - - - - - - -
789 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Robert Jonquet, ancien footballeur du Stade de Reims et de l'Equipe de France de 1958 a vécu dans cette commune. Son père y tenait un salon de coiffure.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Jean-marie Bouché s’entoure de nouveaux », La Thiérache, no 2575,‎ 6 avril 2014, p. 24 (ISSN 0183-8415)
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]

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