Buironfosse

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Buironfosse
L'église Sainte-Cyrille
L'église Sainte-Cyrille
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Aisne
Arrondissement Vervins
Canton La Capelle
Intercommunalité Communauté de communes de la Thiérache du Centre
Maire
Mandat
Marie-Anne Wattier
2014-2020
Code postal 02620
Code commune 02135
Démographie
Population
municipale
1 189 hab. (2011)
Densité 68 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 57′ 58″ N 3° 50′ 07″ E / 49.9661111111, 3.83527777778 ()49° 57′ 58″ Nord 3° 50′ 07″ Est / 49.9661111111, 3.83527777778 ()  
Altitude Min. 173 m – Max. 222 m
Superficie 17,6 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Aisne

Voir sur la carte administrative de l'Aisne
City locator 14.svg
Buironfosse

Géolocalisation sur la carte : Aisne

Voir sur la carte topographique de l'Aisne
City locator 14.svg
Buironfosse

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Buironfosse

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Buironfosse
Liens
Site web buironfosse.fr

Buironfosse est une commune française, située dans le département de l'Aisne en région Picardie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Buironfosse se trouve à une petite dizaine de kilomètres à l'ouest-sud-ouest de La Capelle, sur la route N 29 / D 1029 / E 44, en direction de Guise (dans le canton no 5 de La Capelle et la 3e circonscription).

Quartiers, hameaux, lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

  • Le Boujon, hameau implanté juste au sud, en bordure de la Forêt du Regnaval. Maps
  • La rue Herbin. Maps

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Buironfosse[modifier | modifier le code]

Vers le Xe siècle, Buironfosse était un château fort construit en bois sur une motte féodale et entouré d'une fosse. Le lieu était un fief seigneurial dont les propriétés s'étendaient au nord de la Thiérache de Ribemont à Avesnes. Au cours des siècles, on trouve différentes dénominations du lieu :

  • Buironfossa au XIIe
  • Birenfosse en 1223
  • Buronfosse en 1339
  • Buyronfosse en 1541

Le château fort en bois sera renforcé en pierre au XIe et XIIe siècle, puis rasé en 1423 par Jean de Luxembourg allié des Bourguignons. On y reconstruira une église qui sera pillée, incendiée, fortifiée, rasée et reconstruite plusieurs fois durant tous les conflits dévastateurs que connaîtra la Thiérache au cours de son histoire. Bien plus tard, en 1868, la motte sera arasée pour laisser place à l'église d'inspiration romane que nous connaissons aujourd'hui.

Au XIIe siècle, Buironfosse était une commune rurale importante. En 1175, le Seigneur Jacques d'Avesnes lui accordera une charte, donnant aux habitants la liberté d'administrer les biens de la commune, d'élire un maire et ses échevins. La forêt communale appelée " Les Usages " conférera à la population toute les ressources nécessaires à sa subsistance et à son développement. Par sa position géographique proche du Hainaut, la Thiérache sera ravagée par de nombreux conflits. Buironfosse bénéficiera d'une certaine tranquillité au XVIIIe siècle, époque où les frontières seront reculées plus au nord. Elle connaîtra l'avènement du développement agricole. Les bois occupant un quart du territoire, de nombreux corps de métiers artisanaux apparaîtront. Les spécialités du cru étant la saboterie et la boissellerie. En 1760, Buironfosse compte 1063 habitants. Entre 1830 et 1880, on développe de façon très importante les ressources en herbage. Les près et pâtures doublent en surface. Éleveurs et herbagers définissent la topographie du bocage que nous connaissons aujourd'hui. On parle alors de " marée verte ". Phénomène social qui est au monde rural ce que la révolution industrielle est au monde urbain. En 1856, la population de Buironfosse atteint le chiffre record de 2589 habitants. Le bois en est le centre économique. On dénombre à cette époque pas moins de 300 sabotiers.

Les sabotiers[modifier | modifier le code]

Les sabotiers travaillaient souvent en équipe de 3 ouvriers. L'ébaucheur ou équarrisseur, dégrossissait à la hache une pièce de bois pour lui donner une forme primitive. Le pareur utilisait un paroir pour affiner les surfaces extérieures gauches et droites du sabot et commençait à le creuser. Le troisième ouvrier à l'aide de mèches, de cuillères et de gouges évidait l'intérieur du sabot. Le maître sabotier tel le maître bottier, effectuait le travail sur la qualité du chaussant, apportant au sabot toute l'ergonomie et le confort requis pour le bien être du pied. Les fleuristes en sabot exécutaient des motifs décoratifs fleuris à l'intention des femmes qui les portaient le dimanche pour se rendre à l'église. La fabrication du sabot était un travail entièrement fait à la main et représentait une tâche pénible.

Les chevaliers du lièvre[modifier | modifier le code]

Le 20 octobre 1339, lors de la guerre de cent ans, une célèbre bataille oppose Edouard III Roi d'Angleterre, son allié Jean de Hainaut au Roi de France Philippe VI de Valois, entouré de son armée de soixante mille hommes. Les deux camps se font face dans un champ situé entre Buironfosse et la Flamengrie. Avant de mener bataille, il a été décidé de laisser reposer les troupes. Quelques écuyers du camp des Français requièrent le Comte de Hainaut de les faire Chevaliers, lorsqu'en pleine cérémonie, des lièvres surgissent entre les deux armées semant la pagaille et l'affolement des chevaux de la cavalerie. Dans la confusion, on croit à une attaque surprise, des soldats se replient. Face à la tournure insolite de cette situation et de l'effet de surprise qu'il créa, Edouard III reprend la route en direction de Bruxelles et repasse la frontière. Le Roi de France satisfait de voir ses ennemis boutés hors du royaume décidera de ne pas poursuivre l'expédition, donnera congé à ses armées. De cet épisode cocasse, les Chevaliers consacrées lors de cette bataille qui n'eut pas lieu, se verront surnommer " chevaliers du lièvre ". Peut-être pouvons-nous interpréter aujourd'hui les origines du lieu dit " la Cence au Lièvre " située à la Flamengrie.

Cette histoire racontée par Jean Froissart, historien de la fin du moyen âge fait partie de la légende. Froissart n'ayant pas été témoin direct de cette bataille en a très certainement enjolivé le récit pour le rendre populaire, à la manière des trouvères de l'époque. Une chose est certaine. Divers écrits attestent de la rencontre des deux armées. La raison de cette bataille avortée tient certainement au fait que l'armée française était bien supérieure en nombre et que face à une inévitable défaite, Edouard III se serait replié sagement.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Mars 2001 septembre 2010 Jean-Luc Goulard[1] DVD Décédé en fonction[2]
Septembre 2010 octobre 2010 Serge Lamotte   Assure l'intérim jusqu'à de nouvelles élections
17 octobre 2010[3] en cours
(au 3 avril 2014)
Marie-Anne Wattier   Réélue pour le mandat 2014-2020[4]
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 189 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 941 1 547 1 879 1 644 2 221 2 260 2 456 2 519 2 618
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 589 2 560 2 479 2 398 2 355 2 248 2 255 2 146 2 067
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 994 1 910 1 859 1 750 1 722 1 469 1 434 1 381 1 353
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
1 417 1 454 1 341 1 322 1 258 1 203 1 195 1 189 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Implanté au cœur du bocage thiérachien, Buironfosse eut une tradition de sabotiers du XIIe au début du XXe siècle. Une Fête du sabot y est organisée chaque année.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Au Pays des Sabots ... BUIRONFOSSE ... 1000 ans d'Histoire, d'Alexandre Macarez, Directeur d'École Honoraire, 2ème édition, imprimé en janvier 1992 par Prim Service à 02120 Guise, est une collection des textes d'histoire sur le village, publiés dans le journal L'Aisne Nouvelle en 1985 par son auteur, rassemblés par l'Association du patrimoine de Buironfosse sous l'autorité du Docteur Paul Decourcelle. Ce livre est préfacé par le maire de l'époque, le Docteur Hugues Hersoy.
  • Métiers du bois de Buironfosse ... Le pays des papinettes et des manches à martieux, de Claude Lajeunesse, natif du hameau du Boujon commune de Buironfosse, raconte les trois disciplines principales du village : Les Boisseliers - les Faiseux d'manches - les Sabotiers. L'ouvrage a été offert à la Commune de Buironfosse au bénéfice de la sauvegarde et du développement du patrimoine historique du village, il a été préfacé par Jean-Luc Goulard, Maire du village (de 2001 à août 2010), la quatrième de couverture a été rédigée par le Docteur Francis Noorrel, médecin du village et acteur associatif depuis près de 20 ans. L'édition a été réalisée en octobre 2007 par "Le Livre d'Histoire" dans sa collection "Métiers d'Hier et d'Aujourd'hui". Il est disponible en Mairie de Buironfosse.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Préfecture de l'Aisne consulté le 7 juillet 2008
  2. Décès du maire Jean-Luc Goulard
  3. « Buironfosse : Marie-Anne Wattier, nouveau maire », La Thiérache,‎ 17 octobre 2010 (lire en ligne)
  4. « Les maires s'installent », La Thiérache, no 2575,‎ 6 avril 2014, p. 49 (ISSN 0183-8415)
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011