Étréaupont

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Étréaupont
Mairie-école
Mairie-école
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Aisne
Arrondissement Vervins
Canton La Capelle
Intercommunalité Communauté de communes de la Thiérache du Centre
Maire
Mandat
André Debouzy
2014-2020
Code postal 02580
Code commune 02295
Démographie
Population
municipale
916 hab. (2011)
Densité 52 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 54′ 14″ N 3° 55′ 00″ E / 49.9038888889, 3.9166666666749° 54′ 14″ Nord 3° 55′ 00″ Est / 49.9038888889, 3.91666666667  
Altitude Min. 120 m – Max. 227 m
Superficie 17,59 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Aisne

Voir sur la carte administrative de l'Aisne
City locator 14.svg
Étréaupont

Géolocalisation sur la carte : Aisne

Voir sur la carte topographique de l'Aisne
City locator 14.svg
Étréaupont

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Étréaupont

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Étréaupont

Étréaupont est une commune française, située dans le département de l'Aisne en région Picardie.

On appelle ses habitants les Étréaupontois et Étréaupontoises.

Géographie[modifier | modifier le code]

Étréaupont (autrefois Estraon ou Estrées en Thiérache[1]) est un village situé en Thiérache, au confluent de l'Oise et du Thon (ou Ton), à environ 15 km à l'ouest d'Hirson et à 8 km au nord de Vervins sur la route Paris-Bruxelles (RN 2).

Histoire[modifier | modifier le code]

L'Antiquité[modifier | modifier le code]

Comme l'indique l'étymologie de son nom, Étréaupont est situé sur une ancienne voie romaine.

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Autrefois rattachés au domaine royal, le bourg et les terres attenantes furent cédés en 877, par Charles le Chauve à l'abbaye Saint-Corneil de Compiègne. Ils passèrent ensuite entre les mains des sires Coucy, puis à ceux du Rozoy, qui en étaient encore les avoués au XIIe siècle, résidant sur place dans un château-fort. En 1243, Gautier, comte d'Avesnes et de Blois, fut autorisé par l'abbaye de Saint-Denis, contre l'avis des sires de Coucy, à ériger un second château sur une terre appartenant à ces religieux. Cette double implantation seigneuriale fut à l'origine de conflits de voisinages qui persistèrent, malgré la médiation royale, jusqu'en 1294[2].

Il en reste, d'un côté les fossés rectangulaires et de l'autre les vestiges d'une motte féodale plus ancienne.

L'Époque moderne[modifier | modifier le code]

La ligne de chemin de fer est créée en 1885.

Dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944, alors que la 12e Panzerdivision SS Hitlerjugend repasse dans le Nord, un de ses camions culbute dans le Thon à Étréaupont[3]. Ce camion rempli d'archives contenait tous les rapports des gradés responsables du massacre d'Ascq[3] et servira au procès.

Dans les années 1950, la commune comportait de nombreux commerces : 4 épiceries (Familistère, Goulet-Turpin, Comptoirs Français et Coop), un bourrelier M. Visse, deux bouchers M. Ledoux et M. Garet, un charcutier M. Lhermitte, deux boulangers M. Poilvé, deux coiffeurs M. Blatier et M. Barrois, deux coiffeuses Mme Flament et Mme Roger, un pharmacien M. Piette, un ferrailleur marchand de peaux de lapin M. Provot, un garagiste M. Lemaire, deux quincailliers Mme Wirig et M. Nancenet, un marchand d'électro-ménager M. Martin,un marchand de cycles M.Renard, un marchand de journaux et fournitures, sept cafés, dont ceux tenus par les familles Théron, Plisson, Déchelle, Hulin et Vause, deux restaurants (M. et Mme Frecht et M. et Mme Vause), un marchand de matériaux M. Duval, deux marchands de grains et fourrages (M. Maillard et M. Venineaux), un transporteur M. Duval, deux marchands de charbon M. Hulin et M. Maillard, un marchand de bestiaux M. Fournet, un ferrailleur, un distillateur M. Marchand.

Des artisans : un peintre M. Théron, un menuisier M. Octave Robert, un maréchal-ferrant M. René Grégoire, un charron M. A. Petit, deux couvreurs M. Eloy et M. Hardy, un matelassier M. Chenu, un chauffagiste M. Menu, un maçon, M. Plisson, exploitant un gisement d'argile pour fabriquer des briques.

Six entreprises : La vannerie de Picardie créée en 1928 qui arrêtera son activité le 29 janvier 1969 et sera remplacée par une cartonnerie, la vannerie Catillon, la laiterie coopérative créée en 1907 qui fabriquait du beurre et des maroilles,elle a fusionné avec la laiterie du Nouvion en avril 1954, deux brosseries, Demole et Obry ; une usine électrique M. Francel située au bout de la rue de la libération sur le cours du Thon. Les entreprises employaient une centaine de personnes.

L'ancienne gare d'Étréaupont au début du XXe siècle

La commune avait une gare en activité. Les trains, 4 par jour, assuraient la liaison entre Hirson et Guise. La ligne de chemin de fer sera supprimée en 1967.

Autres personnalités : le maire M. Ledant, un médecin le docteur Sablon, un vétérinaire M. Delplanque, un prêtre l'abbé Delamé, un notaire Maître De Gandt, un percepteur, un receveur des postes, un chef de gare M. Chardon, des instituteurs Mlle Petit, M. et Mme Itier, un garde-champêtre M. Blandin.

De nombreux herbagers : MM. Ancelet, Boulnois, Brunois, Chauderlier, Collot, Comtesse, Copigneaux, Debouzy, Dubois, Dupont, Fierret, Fournet, Frédéric, Gaudry, Gillet, Grave, Hannoteau, Hivet, Jorand, Klin, Lamotte, Larmuzeaux, Laurent, Ledant Albert,Ledant René, Lobjois, Mansiaux, Mien, Painvin, Parisot, Pinon, Plantin, Aimé Sallandre, Seret, Vallier, Yverneau, Waret, Williot.

Toutes les terres étaient en pâturage (sauf quelques hectares à la limite de Fontaine) souvent plantés de pommiers à couteau et à cidre. Tous les herbagers fabriquaient du cidre et de l'eau-de-vie de pomme (l'alambic passait dans chaque village une fois par an). Le cidre était la boisson consommée toute l'année par la population. Les herbagers élevaient des troupeaux de vaches laitières de race pie noire, ainsi que des bœufs vendus en fin de saison aux marchands de bestiaux ou sur les marchés de Valenciennes et de La Villette, des chevaux, des porcs, des moutons et des volailles. Les travaux des champs étaient effectués par des chevaux (les premiers tracteurs sont arrivés vers 1955 et ont remplacé progressivement les chevaux pour le travail des champs).

Alimentation : dans les années 1950, la population vit partiellement en autarcie. Les habitants ont un jardin qui leur procure les légumes et les fruits (cerises, prunes, fraises, poires, pommes) et un élevage de volailles, porcs et lapins. Les pommes de terre et les pommes sont conservées dans les caves pour l'hiver. Le reste vient des commerces  : viande de bœuf, de porc, produits divers. Les aliments sont conservés dans un garde-manger situé dans la cave, protégé des insectes par un grillage fin.

Activités : les herbagers vivent de leur élevage et de la vente du lait à la laiterie. Ils emploient des personnes à plein temps ou temporairement lors de la récolte de l'herbe (pour faire de l'ensilage), du foin (stocké dans les granges) et des fruits. Une partie de la population fabrique des paniers à domicile. D'autres travaillent à la laiterie, dans les brosseries et dans les vanneries. Certains coupent du bois à façon pour les propriétaires ou sont jardiniers. Chaque commerce est tenu par une famille.

Fêtes et traditions : plusieurs fêtes traditionnelles se déroulent durant l'année :

  • La Sainte-Cécile en novembre, fête des musiciens.
  • La Saint-Eloy en décembre, fête des herbagers.
  • La Sainte-Barbe en décembre, fête des sapeurs-pompiers.
  • La fête de l'Immaculée le 8 décembre rappelle qu'en 1832 à la suite d'un vœu formulé par l'abbé Bonnaire auprès de la Vierge, le village a été protégé de l'épidémie de choléra.
  • La Saint-Paul en janvier, fête des vanniers.
  • La Saint-Jean en juin, fête des foins.
  • La fête du village en juin avec ses courses aux cerceaux et aux sacs.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1919 1959 Albert Ledant    
1959 1962 Albert Berthe    
1962 1977 André Visse    
1977 1983 Léon Debouzy    
1983 juin 1995 Pierre De Gandt    
juin 1995 mars 2008 Paul Duval    
mars 2008 en cours
(au 3 avril 2014)
André Debouzy   Réélu pour le mandat 2014-2020[4]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 916 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 118 1 049 1 230 1 295 1 409 1 702 1 744 1 819 1 791
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 834 1 868 1 915 1 817 1 812 1 761 1 720 1 693 1 620
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 530 1 512 1 512 1 356 1 359 1 292 1 243 1 117 1 113
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
1 143 1 015 969 955 966 933 868 916 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Melleville Maximilien, Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l'Aisne, Tome 2, 1857, p.|248 disponible sur Google Livres.
  2. Melleville Maximilien, Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l'Aisne, Tome 2, 1857, p.|249 disponible sur Google Livres.
  3. a et b Crimes Hitlériens, Ascq, Le Vercors, Louis Jacob, collection Libération, Editions Mellottée (Paris), 1946, page 8.
  4. « Les maires s'installent », La Thiérache, no 2575,‎ 6 avril 2014, p. 49 (ISSN 0183-8415)
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  7. Catalogue du personnel de la Congrégation de la Mission (Lazaristes) depuis l'origine (1625) jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.

Liens externes[modifier | modifier le code]