Communautarisme identitaire

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Le communautarisme est un terme créé aux États-Unis à la fin du XXe siècle pour qualifier le fonctionnement de la société américaine.

En France, le terme prend une autre signification : il qualifie les revendications culturelles ou politiques de groupes minoritaires, et il est en général utilisé par les opposants à cette tendance à la sectorisation de la société française.

Sommaire

[modifier] Communautarisme en France

Le communautarisme est un terme polémique utilisé en France pour qualifier l'attitude ou, plus généralement, le mode de vie d'une communauté minoritaire devant lesquels les idéaux républicains, égalitaires et laïcs devraient s'effacer au nom d'un droit à la différence revendiqué par ces mêmes minorités. Bien originellement utilisé par les opposants à ces comportements, ce mot est maintenant repris par certaines associations représentant ces minorités.

L'utilisation du terme a pour but de substituer à l'expression droits des minorités, à connotation plutôt positive, un terme négatif qui disqualifie la revendication des minorités (culturelles, linguistiques, ethniques, religieuses) dont les droits figurent pourtant clairement dans les textes juridiques internationaux de l'ONU. C'est ainsi que Pierre-André Taguieff a pu écrire: "Le terme «communautarisme» est utilisé, surtout en langue française (depuis les années 1980), pour désigner avec une intention critique toute forme d'ethnocentrisme ou de sociocentrisme, toute autocentration de groupe, impliquant une autovalorisation et une tendance à la fermeture sur soi, dans un contexte culturel dit «postmoderne» où l'«ouverture», et plus particulièrement l'«ouverture à l'autre», est fortement valorisée ..."

Alors que d'un côté les droits des minorités sont mentionnés comme des Droits de l'Homme[1], on voit en France le communautarisme comme un danger pour la liberté et ces mêmes droits. Les droits de l'Homme sont vus en France comme des droits strictement individuels, et les droits collectifs des minorités comme instruments d'oppression individuelle.[non neutre]

[modifier] Différents communautarismes

[modifier] Argumentation

Selon les adversaires du communautarisme les droits d’un individu risquent de devenir différents en fonction de son appartenance à telle ou tell communauté, fondée sur une religion, une ethnie ou une communauté linguistique[2].

Concrètement, selon les nationalistes français se référant au républicanisme (Jean-Pierre Chevènement, Charles Pasqua, Marine Le Pen, etc.), l'enseignement du basque ou du breton et le port du voile islamique sont deux aspects d'un même communautarisme qui saperaient les bases de l' universalisme républicain, un des piliers de la République.[réf. nécessaire]

Certains définissent le communautarisme comme l'attitude de ceux qui ne peuvent envisager de sortir de leur communauté de naissance pour s’intégrer à une communauté choisie, qui peut bien sur être celle de naissance.

Le fait de ne pouvoir d’affranchir de sa communauté « de fait », celle imposée par les parents et l’entourage de naissance, d’être définitivement et implacablement d’un bord et non de l’autre, impliquerait une coupure et une impossibilité de dialogue avec les autres puisque irrémédiablement différents.

Ce caractère immuable entraînerait des revendications puisqu’il serait hors de question de changer quoique se soit dans la communauté surtout sous la pression externe. Si la communauté entre en contact avec d’autres, elle ne voudra pas s’y adapter et réclamera de faire « comme avant » indépendamment du contexte, et sans possibilité de compromis.

[réf. nécessaire]

Référence nécessaire|Les médecins de l’EFS interdisent le don du sang aux homosexuels en raison du taux de personnes séropositives supérieur dans cette population à celui de la population hétérosexuelle. Les militants de cette communauté jugent cette interdiction discriminatoire[3]. Plus grave pour les républicains, le communautarisme remet en cause l’espace public neutre, et empêche l’individu de se définir ou de se redéfinir[4] : une fois membre d’une communauté, il devient difficile d’en sortir (par exemple, le Conseil français du culte musulman (CFCM), sous la pression de l'UOIF, refuse d’accepter le droit à changer de religion pour les musulmans, et préfère que ne ce soit cité dans la charte, que la référence aux droits de l'Homme et non à la seule liberté de changer de religion car celà accriditerait l'idée qu'il y ait quelque chose en islam qui limite cette liberté.[5]).

[modifier] Primauté

La primauté ontologique que l'on accorde à l'un sur l'autre reste cependant un élément problématique de toutes les définitions du communautarisme. Une approche plus dynamique consisterait à isoler le sens et les significations de l'affirmation communautaire dans son caractère oppositionnel.

[modifier] Multiculturalisme contre communautarisme

Le multiculturalisme est un élément des sociétés contemporaines où il existe aujourd'hui peu d'États homogènes culturellement. On parle de sociétés multiethniques, multiculturelles en raison de l'abondance de groupes présentant des caractéristiques culturelles différentes.

Mais la confrontation des différences entre ces communautés pose encore de nombreux problèmes (cf. les débats actuels, qui démontrent par leur simple présence que les « complexités » de la vie contemporaine dans une société de plus en plus « communautaire » ou ségrégée ne sont pas réglées), l'un de ces problèmes étant l'échelle que l'on adopte (mondialité, etc.) pour décrire les phénomènes de dissolution et de recomposition identitaires.

Le communautarisme identitaire est un mouvement de pensée qui s'est développé dans les années 1970 - 1980 dans le monde anglo-saxon. Il fait de la communauté (ethnique, religieuse, culturelle, sociale, politique, mystique, sportive…) une valeur aussi importante, sinon plus que celles « universelles » de liberté, d'égalité. Il se pose aussi comme réaction à l'individualisme.[réf. nécessaire]

[modifier] Les positions extrêmes et le positionnement situé

Pour ses défenseurs les plus extrêmes, aucune perspective n'existe en dehors de la communauté et il est impossible de se détacher de son histoire et de sa culture. Pour eux,

  • La communauté précède l'individu, l'idéal partagé est plus important que la défense de la liberté individuelle.
  • L'État - ou l'autorité, pour les communautés plus petites -, ne peut être neutre ou laïc en matière de choix culturels, religieux ou de morale.
  • Les valeurs de référence sont essentiellement traditionnelles, construites sur un passé mythique ou idéalisé.

Il existe cependant des formes de communautarisme n'adoptant pas des positions aussi caricaturales, souvent empreintes de fanatisme religieux et de traditionnalisme. Pour eux, l'individu est simplement engagé dans une histoire dont il ne peut être totalement indépendant[6]. Cette affirmation communautaire exprime un besoin de libération qui n'est ni de la même qualité, ni de la même intensité entre un homme et une femme, entre un Blanc et un Noir, entre un esclave et un homme libre, entre un immigré "sans-papier" et un immigré doté d'une carte de séjour, entre un étranger et un national, entre un homosexuel et un héterosexuel, entre un protestant, un juif, un musulman ,un catholique... dans les conditions spécifiques d'une société. Exemples:

Et combiner tout cela avec les classes sociales, le genre, l'âge, la couleur de la peau et tous les autres éléments susceptibles de définir une identité pour les individus ou pour les groupes sociaux.

[modifier] Autres sens

Certains inversent le terme, présentant par exemple les défenseurs de la Communauté européenne comme communautaristes, auxquels s'opposent les souverainistes, en fait plus repliés sur leur communauté nationale. Il y a aussi un communautarisme émergent relatif à l'orientation sexuelle.

[modifier] Critiques de l'anticommunautarisme français

Plusieurs auteurs ont critiqué l'anticommunautarisme français (voir bibliographie).

Les adversaires de l'anticommunautarisme dénoncent la spécificité de l'anticommunautarisme français, alors que les pays anglo-saxons reconnaissent le communautarisme et le multiculturalisme, mais à sa décharge on y recense moins d'émeutes raciales qu'aux USA ou au Royaume Uni.

Les anticommunautaristes sont fortement représentés parmi les « nationaux-républicains ».Ils sont accusés, en fonction des communautés concernées :

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

[modifier] Bibliographie sur le sujet

  • Kate Glazer et Brian Holmes, « Mobiliser l'identité ? Les contradictions américaines », Politiques, n°7, 1994, éd. Quai Voltaire.
  • Laurent Lévy, Le Spectre du communautarisme, Paris, Editions Amsterdam, coll. Démocritique, 2005.
  • Alain de Benoist, Nous et les autres : problématique de l'identité, éditions Krisis, 2006.

[modifier] Notes

  1. Droits des minorités nationales,Conseil de l'Europe
  2. Selon René Andrau. Les tentatives de définition des droits culturels au sens de droits d'une culture impliquent une limitation des droits de l'individu. Interview pour l'Observatoire du communautarisme. En ligne [1]. Consulté le 6 février 2007
  3. Brève du 11 novembre 2006 de l'Observatoire du communautarisme, En ligne [2]. ; Blog de Jean-Luc Romero ; annonce du 12 février 2007 [3]
  4. Henri Pena-Ruiz. Laïcité et égalité, leviers de l’émancipation. Observatoire du communautarisme, 1er mars 2004. En ligne [4]. Consulté le 13 février 2007
  5. Mohamed El Khatib. Le processus de mise en place d'instances représentatives de l'islam en France. De Pierre Joxe à Nicolas Sarkozy : 1990-2003. Disponible en ligne [5]. p 58
  6. On appelle alors « individualisme » (triomphant) ce qui reste lorsque les attaches et les appartenances ont été laminées, abêties, disqualifiées. Voir, en ce sens critique, la réflexion sur les agencements collectifs et l'écologie des pratiques proposée par la philosophe Isabelle Stengers.[mp3]