Khaled Kelkal

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Khaled Kelkal
Terroriste islamiste

Khaled Kelkal, portrait d'après une photographie d'identification
Information
Naissance 28 avril 1971
à Mostaganem (Algérie)
Décès 29 septembre 1995 (à 24 ans)
à Vaugneray (Rhône-Alpes)
Cause du décès Tué par balle par l'EPIGN
attentats à la bombe
Affaires Attentat du RER B à Saint-Michel
Victimes 8 morts et 148 blessés
Période 11 juillet 1995 - 29 septembre 1995
Pays Drapeau de la France France
Régions Île-de-France
Rhône-Alpes
Ville Paris
Villeurbanne
Bron

Khaled Kelkal (en arabe : خالد كلكال) né le 28 avril 1971 à Mostaganem en Algérie, et mort abattu le 29 septembre 1995 à Vaugneray, est un terroriste islamiste algérien membre du Groupe islamique armé (GIA) et le principal responsable de la vague d'attentats commise en France à l'été 1995[1].

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né le 28 avril 1971 à Mostaganem en Algérie[2], en 1973[3],[4], il émigre avec sa mère à Vaulx-en-Velin dans la banlieue lyonnaise pour vivre avec son père, Abdelkader en France depuis 1969[5], OS dans une usine de Vénissieux[6], ses quatre sœurs et ses trois frères. Il habite aux Barges, avenue Paul-Marcelin, dans une HLM datant du début des années 1960[7].

Élève au collège Les Noirettes[8], il a un bon niveau scolaire qui lui permet d'être admis en seconde au lycée La Martinière Monplaisir de Lyon en 1988. En 1989, il passe en première F6 Chimie[9]. Il ne s'y sent pas à l'aise : « C'était plus ça, et ça m'a pas plu. J'ai pas tenu. J'avais les capacités de réussir, mais j'avais pas ma place, parce que je me disais : l'intégration totale, c'est impossible ; oublier ma culture, manger du porc, je ne peux pas. Eux, ils n'avaient jamais vu dans leur classe un Arabe, comme ils disent (...) et, quand ils m'ont connu, ils m'ont dit : « Tu es l'exception. » (...) Au lycée, dans ma classe, il y avait que les riches. »[10].

Il subit par ailleurs l'influence d'un frère aîné, Nourredine, condamné en 1990 à douze ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de la Loire, et incarcéré à la maison centrale d'Ensisheim (Haut-Rhin) pour vol à main armée[11]. Il se détourne alors de ses études et tombe dans la délinquance[2]. En juin 1990, il est interpellé, soupçonné d'avoir participé à trois reprises à des casses à la voiture bélier. Il est inculpé puis incarcéré pendant six mois à la prison Saint-Paul de Lyon[12]. Niant les faits, il est remis en liberté sous contrôle judiciaire en novembre 1990. Il ne peut alors se réinscrire au lycée[13]. Il est condamné le 19 avril 1991 à trois ans de prison dont six mois avec sursis pour complicité de vols à la voiture bélier[14]. Deux mois plus tard, en appel sa peine est portée à quatre ans de prison ferme[15].

Rencontre avec les milieux islamistes[modifier | modifier le code]

Durant sa peine, Khaled Kelkal rencontre des religieux islamistes, apprend l'arabe et se radicalise[2]. Sa détention dure du 27 juillet 1990 au 27 juillet 1992[16]. Il y rencontre un autre prisonnier surnommé « Khelif ». Ce dernier est un islamiste qui avait quitté la France pour échapper à la prison mais qui a été condamné à sept ans de détention après y être revenu. En prison, Khelif tente de recruter des Algériens en perdition pour commettre des actes terroristes en Algérie.

Contre l'avis du parquet, un juge autorise alors son placement dans une entreprise de bureautique et Khaled Kelkal obtient sa liberté conditionnelle. Il retourne à Vaulx-en-Velin et entreprend en janvier 1993 une formation de conducteur d'appareils dans l'industrie chimique[9]. Il apprend le Coran, fréquente la mosquée Bilel, dans le quartier de la Grappinière[17] et se lie aux milieux islamistes. Il fait la connaissance d'Ali Touchent, soupçonné d'être un agent recruteur des services secrets algériens[18]. En 1993, celui-ci lui confie plusieurs missions en Algérie pour livrer des armes, de l'argent et des documents. Il en revient «fanatisé»[19]: "Il disait qu'on était dans l'errance, qu'on n'était pas de bons musulmans. Il m'a frappée plusieurs fois et m'a menacée de mort s'il me voyait avec quelqu'un".»[20].

Terrorisme islamiste en France[modifier | modifier le code]

Le 11 juillet 1995, Khaled Kelkal était impliqué dans l'assassinat de l'imam Sahraoui, dans sa mosquée à Paris. Sahraoui était considéré comme un modéré par rapport au GIA [réf. nécessaire]. Le 15 juillet 1995, il participe à une fusillade contre des gendarmes à Bron avec son ami Karim Koussa. Le 25 juillet 1995, il est impliqué, avec Boualem Bensaïd, dans le groupe qui pose une bombe à la station Saint-Michel - Notre-Dame de la ligne B du RER parisien. Cet attentat fait huit morts et 117 blessés. Le 17 août 1995, il est impliqué dans un autre attentat sur la place de l'Étoile à Paris où une bombe blesse dix-sept personnes. Le 26 août 1995, il est impliqué dans un attentat raté contre la ligne TGV Paris-Lyon, où ses empreintes digitales sont relevées sur une bombe qui n'explose pas[21]. Malgré la traque dont il fait l'objet, Khaled Kelkal parvient à commettre encore deux attentats : le 3 septembre 1995, une bombe défectueuse explose dans un square parisien et fait quatre blessés ; et le 7 septembre 1995, une bombe placée dans une voiture garée en face d'une école juive de Villeurbanne fait quatorze blessés[15].

Décès et polémique[modifier | modifier le code]

Depuis le début des attentats, le ministre de l'Intérieur est sur le pied de guerre. Jean-Louis Debré tient trois réunions quotidiennes avec la PJ, les RG, la DST. Le 9 septembre 1995[22], 170 000 affiches signalétiques représentant Khaled Kelkal sont diffusées dans toute la France [23]. Khaled Kelkal prend «le maquis». Il est repéré le 27 septembre 1995 dans la forêt de Malval, dans les Monts du Lyonnais, par des cueilleurs de champignons. La police est reçue par des tirs de fusil à pompe de la part de Karim Koussa, tandis que Kelkal s'enfuit.

Le 29 septembre 1995, Khaled Kelkal est localisé près de Lyon, au lieu-dit « Maison Blanche » à Vaugneray. Il tente de résister et il est abattu par les gendarmes de l'EPIGN.

La mort de Kelkal a été filmée par une équipe de télévision[24]. Une polémique est soulevée sur les conditions exactes de sa mort. Alors qu'il est à terre et blessé, un gendarme crie à l'un de ses collègues « Finis-le, finis-le »[25]. Cependant, il semble que Kelkal, blessé aux jambes, ait continué à viser les gendarmes avec son arme[26].

Le 6 octobre 1995, Kelkal est enterré dans un caveau du cimetière de Rillieux-la-Pape (69), près d’un de ses neveux[27]. Son corps est transféré plus tard à Mostaganem, en Algérie, dans sa ville natale [28].

Théâtre[modifier | modifier le code]

En mai 1996 est créée par la Compagnie du Théâtre en Bransle une pièce de théâtre de François Durègne et David Psalmon[29], intitulée Moi, Khaled Kelkal inspirée de l'interview de Kelkal[30] par le sociologue allemand Dietmar Loch[31]. En octobre 1996, l'affiche de ce spectacle est interdite par la municipalité de Mulhouse car jugée « de nature à choquer de nombreux Mulhousiens et à créer un trouble à l'ordre public »[32]. À l'automne 2006, Roger des Prés monte sa propre adaptation théâtrale intitulée Khaled Kelkal, une expérience de la banlieue[33] coproduit par le Théâtre des Amandiers[34].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Salim Bachi, Moi, Khaled Kelkal, Grasset, février 2012, 136 pages[35].

Documentaires télévisiés[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Pontaut, « Itinéraire d'un terroriste », l'Express,‎ 26.9.1996 (consulté en 12.8.2009), p. 1
  2. a, b et c http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p1610/articles/a14739-khaled_kelkal_les_rodeos_et_le_coran.html
  3. http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20120326.OBS4584/mohamed-merah-ressemble-beaucoup-a-khaled-kelkal.html
  4. http://danactu-resistance.over-blog.com/article-mohamed-merah-khaled-kelkal-des-histoires-fran-aises-qui-parlent-102145673.html
  5. http://upvericsoriano.files.wordpress.com/2009/06/dossier-khaled-kelkal.pdf
  6. https://docs.google.com/viewer?a=v&q=cache:B6snQY941NIJ:sged.bm-lyon.fr/Edip.BML/PubliImg/images/BML_RP/00/01/00/A2/GED.pdf+corps+Mostaganem+Kelkal&hl=fr&gl=fr&pid=bl&srcid=ADGEESg6fOr5HcbxA9iF_ExvyyLg5_bDkhu74HvVrtvuR9w0T9I_6J0fZ9b_woP3iYLS0iMFSgt2RdgmEpKWirdgiMAPZg7Ds_oFN6VNcYo4oOOvQjycDnboB_rtyuKWv2j7B-85M-Pi&sig=AHIEtbTXWl5zQLtrVyRXjE4SV1GbXoxGlg
  7. http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/le-vivier-des-banlieues_497995.html
  8. http://antisophiste.blogspot.fr/2009/04/khaled-kelkal-terroriste.html
  9. a et b http://www.lepoint.fr/actualites-politique/2007-01-26/kelkal-les-reseaux-apparaissent/917/0/100155
  10. http://www.liberation.fr/evenement/0101156868-moi-j-espere-inch-allah-retourner-dans-mon-pays-en-octobre-1992-khaled-kelkal-avait-ete-longuement-interviewe-par-un-universitaire-allemand
  11. Franck, Johnnanes, « L'avocat du frère de Khaled Kelkal réclame l'abrogation de son arrêté d'expulsion » sur Libération, 29 septembre 1995
  12. http://www.liberation.fr/evenement/0101152017-les-visages-caches-d-un-gamin-de-banlieue-la-vie-de-kelkal-lyceen-intelligent-puis-petit-delinquant-presente-des-zones-d-ombre
  13. http://books.google.fr/books?id=89uY-fDk6xgC&pg=PA176&lpg=PA176&dq=kelkal+%22Les+Noirettes%22&source=bl&ots=8nxJCRHBGj&sig=4v-xKP4gTq69Pwz9RCd_YpZZ3lw&hl=fr&sa=X&ei=kfqTT9ysLbCW0QWX0qn5AQ&ved=0CDsQ6AEwBA#v=onepage&q=kelkal%20%22Les%20Noirettes%22&f=false
  14. https://docs.google.com/viewer?a=v&q=cache:GrXmWeCDX-wJ:sged.bm-lyon.fr/Edip.BML/PubliImg/images/BML_RP/00/00/DC/3B/GED.pdf+Kelkal+prison+Saint-Paul&hl=fr&gl=fr&pid=bl&srcid=ADGEESiJ7MplN0_l63PLnWr9yYkqTYoYUQCVGyf66iVJtIqk4Mzzb16dlzNPP0ZsT67F3Dh3ex2BAKe3ZqrMZDOpLEyQfrDydPJutKtCc1SOOLp2JhzmyEcHHcY-MVqMEiWAMdV0bnuV&sig=AHIEtbQlzU5ZkRQq5SHsEHo_XlOB_eOVSA
  15. a et b Khaled Kelkal Itinéraire d'un terroriste, L'Express.fr, 26 septembre 1996
  16. http://books.google.fr/books?id=w8bS0ea7XoAC&pg=PA6&dq=kelkal+++Barges&hl=fr&sa=X&ei=FxyUT7ntK-Gg0QXp49HUAQ&ved=0CDwQ6AEwAg#v=onepage&q=kelkal%20%20%20Barges&f=false
  17. http://www.lavie.fr/archives/1995/10/05/kelkal-l-homme-qui-ne-parlera-plus,1872603.php
  18. France-Algérie, crimes et mensonges d'État, Lounes Agoun et Jean-Baptiste Rivoire, éditions La Découverte
  19. http://www.liberation.fr/societe/0101286108-les-reseaux-des-attentats-de-1995-devant-les-juges-kelkal-un-portrait-sur-proces-verbal-des-prevenus-absents-a-l-audience-ou-avares-d-arguments
  20. http://www.liberation.fr/societe/0101353171-l-amie-de-kelkal-se-contredit-et-enfonce-karim-koussa
  21. http://www.liberation.fr/evenement/0101153691-alors-qu-une-vingtaine-de-personnes-etaient-toujours-en-garde-a-vue-hier-un-avis-de-recherche-a-ete-lance-contre-un-jeune-algerien-de-la-banlieue-de-lyon-les-enqueteurs-identifient-l-un-des-auteurs-pr
  22. http://www.liberation.fr/evenement/0101152010-la-crainte-d-un-terrorisme-de-proximite-depuis-les-derniers-attentats-les-enqueteurs-redoutent-d-avoir-affaire-a-plusieurs-petits-kelkal
  23. http://afrochild.wordpress.com/2012/03/26/entre-discriminations-et-integration-by-khaled-kekal/
  24. http://www.ina.fr/video/CAB06052975/ja2-20h-emission-du-30-septembre-1995.fr.html
  25. http://www.liberation.fr/france/0101157254-la-bande-son-de-la-fin-de-khaled-kelkal-sur-une-video-de-m6-une-voix-dit-finis-le-finis-le-avant-le-coup-mortel
  26. Faites entrer l'accusé : Saison 7 ep 03) Khaled Kelkal « Ennemi public no 1 »
  27. http://www.humanite.fr/node/191934
  28. http://www.isere.fr/TPL_CODE/TPL_DEPECHEAFP/PAR_TPL_IDENTIFIANT/7183/617-depeches-afp.htm
  29. https://docs.google.com/viewer?a=v&q=cache:0bDcm7tzAWAJ:sged.bm-lyon.fr/Edip.BML/PubliImg/images/BML_RP/00/00/E7/01/GED.pdf+Th%C3%A9%C3%A2tre+de+Bransle+kelkal&hl=fr&gl=fr&pid=bl&srcid=ADGEESj6dYtzksVAlfrl5-QXLAoAQqiGhfR2AyN1BdRFkzHRbrPhy3RvOE9fvkhU1fSSTFiO13lpwQmcLlvrmlEjdbmHgj3NwgITAJxx4rQdHquacJtoVSMKrH9lZBuvTGMvvFflNGB7&sig=AHIEtbRC00nU10oi1JyMKrsPux7r_mKIqw
  30. http://antisophiste.blogspot.com/2009/04/khaled-kelkal-terroriste.html
  31. http://www.lesarchivesduspectacle.net/index?IDX_Spectacle=14785
  32. http://www.liberation.fr/culture/0101193837-mulhouse-khaled-kelkal-a-l-affiche-interdite
  33. http://blogs.mediapart.fr/blog/mima/281011/khaled-kelkal-une-experience-de-la-banlieue-nanterre
  34. http://www.leparisien.fr/hauts-de-seine/le-mal-etre-de-kelkal-sujet-de-spectacle-et-de-reflexion-11-11-2006-2007496677.php
  35. http://www.letemps.ch/Page/Uuid/c41ad6f2-79d7-11e1-9c15-d186d0b8ce82/Moi_Khaled_Kelkal_un_livre_qui_croise_le_parcours_de_Mohamed_Merah

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]