Chronologie de la botanique

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Antiquité[modifier | modifier le code]

  • vers 40 après J.-C.-vers 90 : Dioscoride fait paraître vers 60 De materia medica, un ouvrage sur les produits médicinaux et qui décrit un peu moins d'un millier de plantes. Il restera en usage au moins jusqu'au XVIe siècle.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

  • Vincent de Beauvais (v. 1190-1264) fait paraître une importante compilation des connaissances de son temps. Plus critique et fin que Thomas de Cantimpré (1201-1263) à la même époque, il préfigure les encyclopédistes de la Renaissance. Il fut surnommé le Pline du Moyen Âge.

Renaissance[modifier | modifier le code]

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

  • 1601 : parution de Rariorum plantarum historia de Charles de l'Écluse (1525-1629) qui regroupe ses ouvrages précédents. Sa classification n'est pas très évoluée mais ses descriptions sont excellentes.
  • 1605 : Claude Duret (v. 1570-1611) fait paraître Histoire admirable des plantes et herbes esmerveillables et miraculeuses en nature... (Paris, 1605) où il décrit des plantes étranges pour un arbre dont les feuilles s'enfuient sur de petites pattes lorsqu'elles touchent terre.
  • 1635 : publication de l'Édit royal créant le Jardin du roi à Paris. Il est officiellement inauguré en 1640. Il a pour vocation, comme son nom l'indique, Jardin royal des plantes médicinales, de cultiver uniquement des plantes médicinales.
  • 1640 : parution de Theatrum botanicum de John Parkinson.
  • 1670 : publication de la première flore de Grande-Bretagne : Catalogus plantarum Angliæ et insularum adjacentium de John Ray.
  • 1671 : Marcello Malpighi fait paraître une étude sur l'anatomie végétale marquant le début de cette discipline.
  • 1676 : Nehemiah Grew identifie, dans une note à la Royal Society, le pollen comme la partie mâle des plantes.
  • 1682 : Nehemiah Grew découvre les différents types de tissus d’une plante.
  • 1686 : Début de la parution de Historia plantarum generalis de John Ray, première tentative d'une flore du globe. Il y présente une définition de l'espèce très proche de celle utilisée par Carl von Linné plus tard.
  • 1694 : Rudolf Jakob Camerarius fait paraître De Sexu Plantarum Epistola où il démontre le rôle des étamines et du pistil dans la reproduction végétale.
  • 1694 : Joseph Pitton de Tournefort publie son premier ouvrage Éléments de botanique ou méthode pour connaître les plantes en trois volumes. La méthode suivie est fondée sur la structure des fleurs et des fruits.

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

XXe siècle[modifier | modifier le code]

  • 1908 : Ludwig Diels publie Pflanzengeographie.
  • 1947 : Ronald Good fait paraître la première édition de son ouvrage The Geography of the Flowering Plants.
  • 1950 : G.L. Stebbins fait paraître Variation and Evolution in Plants.
  • 1961 : Armen Takhtajan publie en russe un ouvrage qui sera diffusé internationalement à partir de sa traduction anglaise Flowering Plants : Origin and Dispersal en 1969.

Botanique du XXIe siècle et du futur[modifier | modifier le code]

Galerie de Botanique du Muséum national d'histoire naturelle de France (MNHN).
Semis du patrimoine botanique vivant du MNHN.

.

« Carpothèque » du MNHN français.

De nouvelles stratégies de travail et de formation sont permises par l'interaction entre de nouveaux outils tels que :

Le croisement entre ces outils grâce à des procédures et logiciels dits d'interopérabilité, ouvre un large et nouveau champ à une botanique parfois dite « botanique numérique[1] » alors que les botanistes universitaires ont été au XXe siècle de moins en moins nombreux à être formés, mais de plus en plus sollicités pour répondre aux enjeux, urgences et incertitudes liés à la fonte accélérée de la biodiversité et aux dérèglements climatiques.

Les technologies de communication sans fil (dont la téléphonie portable), associées au GPS et à d'autres matériels informatiques fixes et "nomades" devraient en effet rapidement permettre l'identification botanique assistée par ordinateur, y compris sur le terrain, grâce notamment à des logiciels experts améliorant des moteurs de recherche par « identification visuelle ». Inversement, les identifications de terrains devraient pouvoir enrichir les bases de données générales.

Des expériences comme Telabotanica ont déjà montré l'intérêt d'associer des réseaux d'amateurs et des communautés de spécialistes, ainsi que d'améliorer l'accès aux données. Il existe en France un projet de plateforme botanique collaborative « Pl@ntNet » [2].

La botanique "numérique" pourrait ainsi contribuer à :

  • mieux lutter (là où il faut et quand il faut, voire de manière automatique et robotisée) contre les adventices des cultures.
  • améliorer la Bioévaluation (évaluation de la patrimonialité écologique en particulier, importante pour les études d'impacts et délivrances de dérogation en échange d'une compensation forte et efficace). ;
  • améliorer le suivi de l'état sanitaire et physiologique des espèces et de leurs populations. Quelques outils de détection automatique existent déjà (par exemple pour pulvériser des pesticides uniquement vers les plantes indésirables pour l'agriculteur ou pour cueillir des fruits dans les branches). Peut-être un jour des robots arracheront-ils les mauvaises herbes, sans user de produits chimiques.
  • suivre les espèces introduites et/ou invasives :
  • suivre la chorologie (répartition des populations végétales), et les impacts des changements climatiques ;
  • détecter la toxicité de plantes ;
  • et plus généralement contribuer à un monitoring plus proche du "temps réel" de la biodiversité ;
  • amélioration de la modélisation appliquée au règne végétal. Les simulations d'évolution d'un paysage sont une des applications possibles (La simulation de l'architecture des végétaux a pu évoluer vers la prédiction de l'évolution des peuplements).
  • meilleur accès aux données via des portails internet plus conviviaux et ergonomiques pour les non-spécialistes, comme pour les experts.

De nouvelles clés d'identification dichotomiques, graphiques[3], visuelles, et textuelles simplifiées de détermination, gestion des bases de données numériques ou numérisées de photos de flores, de banques de graines flores anciennes numérisées et corrigées et mises à jour, ainsi que des logiciels simulant l'évolution de la flore selon les conditions du milieu, ou permettant d'évaluer la bioconcentration ou la circulation de certains polluants dans la chaîne alimentaire, etc. sont quelques exemples de ce que devrait permettre la botanique dans un futur proche.

Les ordinateurs et banques de données mises en réseau ainsi qu'un travail plus collaboratif devraient doper la recherche, mais aussi permettre l'accès de la botanique à un plus grand nombre d'amateurs et au grand public. Une des conditions pour ceci est d'améliorer l'interopérabilité des bases de données et logiciels (objectif qui est en France coordonné par le réseau SINP qui peut s'appuyer sur de nouvelles bases de données nomenclaturales, et des projets en cours de développement tels que baseflor, baseveg, CATMINAT, ainsi que les bases de données phytosociologiques de Tela-botanica.

Ces améliorations devraient aussi avoir des répercussions dans le droit de l'environnement où il faudra de plus en plus mettre à jour les listes d'espèces protégées et menacées, la botanique évoluant, ce qui implique de devoir référencer différemment des espèces renommées ou sous-divisées ou regroupées en nouveaux taxons. La botanique numérique devrait aussi améliorer la formation des scientifiques, le travail des bureaux d'étude et la lutte contre le trafic de bois ou d'espèces végétales menacées ou protégées (par les douanes et la gendarmerie par exemple, dans le cadre de la CITES). Des outils « multi-entrée », s'appuyant par exemple sur des « typologies par portraits-robot » et un choix filtré par les potentialités du site concerné et référencé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Journée organisée au Salon international de l'agriculture 2009 par l'INRA et le Cirad le 23 février 2009
  2. Plate forme informatique et logicielle dont le développement est prévu à partir de 2009 sur 4 ans, avec un budget de 3 millions d'euros apportés par la fondation Agropolis avec le Cirad, l'INRA, l'IRD, et Sup-Agro, porté par 3 équipes complémentaires : l'équipe AMAP (INRA-Cirad-CNRS-Ird-Université Montpellier 2), et celles de l'INRIA et le réseau Tela-botanica qui rassemble en 200 environ 10 000 adhérents dans 80 pays)
  3. Exposé sur l'approche graphique pour l'identification assistée de plantes (Salon de l'agriculture 2009)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]