Augustin Pyrame de Candolle

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Augustin Pyrame de Candolle

Description de l'image  Candolle Augustin Pyrame de 1778-1841.jpg.
Naissance
Genève (Suisse)
Décès
Genève (Suisse)
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Champs Botanique
Distinctions Médaille royale

Augustin Pyrame de Candolle, né le à Genève et mort le à Genève, est un botaniste suisse.

Augustin Pyrame de Candolle fut l'un des fondateurs de la géographie botanique en tant que discipline scientifique. Il fut également un descripteur et classificateur du monde végétal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Augustin de Candolle descendait d'une ancienne famille de la noblesse de Provence, dont la branche cadette de subsistait alors encore à Marseille. Son chef, le marquis de Candolle étant consul à Nice (1823). Il était issu d'une famille calviniste de Provence qui ayant fui les persécutions religieuses du XVIe siècle s'expatria (son ancêtre Pyramus de Candolle, après s'être fait protestant, quitta la France pour se réfugier à Genève, en 1591, auprès de son oncle Bernardin de Candolle, qui avait été reçu bourgeois, en 1555, et membre du Conseil des Deux-Cents, en 1562. Il y fut de suite, et pour services rendus, reçu bourgeois et élu membre du Deux-Cents ; il fonda à Cologny, puis à Yverdun, l'imprimerie Caldorienne qui a publié l'une des premières traductions françaises de Tacite et de Xénophon).

Venu à Paris à 18 ans pour étudier la médecine, il prit le goût de la botanique au cours de René Desfontaines (1750-1831), donna dès 1799 une Histoire Plantarum Succulentarum (Histoire des plantes grasses), et en 1802 son Astragalogia, il publia bientôt après un Essai sur les propriétés médicales des plantes, aida Jean-Baptiste de Lamarck (1744-1829) à refondre la Flore française (1803-1815). En 1804, il obtient son titre de docteur en médecine à la Faculté de Paris ; sa thèse porte sur les propriétés médicales des plantes.

Il aime marcher et herboriser. Il s'est notamment intéressé aux dunes. S'étonnant que « les historiens romains, qui nous décrivent la Batavie, ne font nulle part mention des dunes qui auroient dû cependant mériter leur attention », et regrettant qu'on ne puisse les mettre en culture, il décide de se rendre sur place, et il parcourt à pied tout le littoral dunaire, du Nord de la France (en visitant le hameau de Latann entre , où les pêcheurs ont réussi à faire pousser de l'orge et diverses plantes de potager, des pins et quelques arbres) aux Pays-Bas (« depuis Dunkerque jusqu'à l'Isle du Texel ; je n'ai négligé aucune occasion d'examiner les essais qui ont été faits jusques à présent pour fertiliser ces sables. Dans le but de m'éclairer sur la végétation des dunes, j'ai ramassé avec soin les différens végétaux qui y croissent spontanémen »). Il tirera de ce voyage une riche information sur la flore dunaires (Il s'étonne du nombre et de la diversité des plantes« De Gorter, dans sa Flore des sept Provinces - Unies , indique cent trente espèces de plantes indigènes des dunes. M. J. Kops, secrétaire de la Commission sur les dunes, en a, depuis lors, trouvé cent cinquante-six espèces qui avoient échappé à de Gorter, et dont il a bien voulu me communiquer la liste. Moi-même, enfin , en herborisant dans les dunes, j'y ai rencontré quatre vingt-cinq plantes qu'on n'y avoit pas encore indiquées, d'où l'on voit que le nombre des espèces qu'on sait croître dans les dunes s'élève à trois cent soixante-onze », ce qui l'invite à penser qu'une fertilisation des dunes serait possible). Il produira sur ce voyage un mémoire [1]

Maison de Genève où vécurent et travaillèrent aussi ses fils, petit-fils et arrière-petit-fils, tous botanistes

Il reçut en 1806 la mission de parcourir tout l'Empire pour reconnaître l'état de l'agriculture ; publia à son retour trois beaux rapports sur ce sujet (dans les Mémoires de la Société d'agriculture, 1807-1813). À la mort de Pierre Marie Auguste Broussonet (1761-1807), il obtient la chaire de botanique à la Faculté de Médecine de Montpellier. En 1813, il fait paraître sa Théorie élémentaire de la botanique[2], son chef-d'œuvre : il y enseignait les rapports naturels qu'ont entre elles les diverses parties de la plante et analysait la valeur de chacune de ces parties.

En 1807, il a notamment effectué une traversée d'est en ouest des Pyrénées dont le but était de répertorier la flore locale[3]. Il a notamment identifié une fleur locale qui porte son nom. Cette traversée a été rééditée en 2007 pour remettre à jour les données scientifiques acquises.

Persécuté en 1815 pour avoir accepté pendant les Cent-Jours les fonctions de recteur de l'Académie de Montpellier, la Restauration l'oblige à quitter la France et il regagne Genève en 1816. Sa ville lui crée une chaire d'histoire naturelle, avec le premier jardin botanique de la ville, dans le Parc des Bastions, et fut élu membre du conseil souverain (parlement cantonal). Karl Wilhelm von Nägeli (1817-1891) fut un de ses étudiants.

Il entreprit en 1818 un travail titanesque : donner la description de toutes les plantes connues, et publia les deux premières parties de ce grand travail (Regni vegetabilis systema naturale, 1818-1821) ; mais cette publication, conçue sur de trop vastes proportions, n'ayant pu se continuer, il la reprit dans un ouvrage plus abrégé, Prodromus Systematis Naturalis Regni Vegetabilis, continué après sa mort par son fils Alphonse Pyrame de Candolle (1806-1893) puis son petit-fils Casimir de Candolle (1836-1918) (17 vol. in-8, 1824-1873). Il y travailla jusqu'à sa mort, notamment dans sa villa du bord du lac de Genève, où Christian von Steven vint lui rendre visite en 1821. Cet ouvrage immense décrit 58 975 espèces de plantes.

On lui doit encore l'Organographie (2 vol. in-8, 1827) et la Physiologie végétale (3 vol. in-8, 1832), ainsi que la Théorie élémentaire. Outre ces divers ouvrages, De Candolle a donné un grand nombre de mémoires et d'articles détachés, parmi lesquels on remarque ses Expériences relatives à l'influence de la lumière sur les végétaux (1800) et son Essai élémentaire de Géographie botanique (1820). S'attachant à découvrir les lois intimes, il suivit les organes des plantes dans toutes leurs transformations, et expliqua les anomalies apparentes ; il fit triompher définitivement la méthode naturelle et poussa aussi loin que possible la classification : il portait à la fin de sa carrière le nombre des espèces connues à 80 000. Candolle était associé étranger de l'Institut de France. Pierre Flourens (1794-1867) a prononcé son Éloge à l'Académie des sciences, 1842.

Il a laissé lui-même des Mémoires sur sa vie, qu'il a selon ses dires commencé à écrire en 1821 et qui sera publié de manière posthume, en 1862, par son fils[4]. Il est lauréat de la Royal Medal en 1833 pour ses travaux de physiologie végétale.

Augustin Pyrame de Candolle est enseveli au Cimetière des Rois à Genève.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Augustin Pyramus de Candolle (1803), Mémoire sur la fertilisation des Dunes ; extrait des Annales de l'Agriculture Françoise ; tome XIII (version numérisée par Google) Ed : uzard, 1803
  2. présentation en ligne
  3. http://www.terranoos.org/fr/de-candolle/prologue.html
  4. Augustin Pyramus de Candolle, Alphonse de Candolle 1862), Mémoires et souvenirs de Augustin-Pyramus de Candolle, écrits par lui-même et publiés par son fils à Genève avec books.google

Source[modifier | modifier le code]

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Iconographie[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Orientation bibliographique[modifier | modifier le code]

  • Ses Mémoires et Souvenirs (1778-1841) ont été réédités par Jean-Daniel Candaux, Jean-Marc Drouin, Patrick Bungener et René Sigrist en 2004 dans la collection Bibliothèque d'histoire des sciences chez Georg Éditeur : xv + 591 p. (ISBN 2-8257-0832-1). L'édition est précédée d'une utile introduction et est enrichie d'un index. Un système de notes permet de replacer les très nombreux noms cités par Candolle.
  • Le Voyage de Tarbes, 1807, Première grande traversée des Pyrénées, en voyage dans le Midi de la France, Journal et lettres à Fanny transcrits, annotés et présentés par M. Alain Bourneton, première édition, Loubatières, Portet-sur-Garonne, 1999, (ISBN 2-86266-297-6)

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Liens externes[modifier | modifier le code]

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