Charles Ier de Roumanie

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Charles Ier et Charles de Hohenzollern-Sigmaringen.
Carol Ier
Carol Ier, roi de Roumanie
Carol Ier, roi de Roumanie
Titre
1er roi de Roumanie
26 mars 188110 octobre 1914
(48 ans, 4 mois et 18 jours)
Président du Conseil Ion Brătianu
Dimitrie Brătianu
Ion Brătianu
Theodor Rosetti
Lascăr Catargiu
Gheorghe Manu
Ion Emanuel Florescu
Lascăr Catargiu
Dimitrie Sturdza
Petre S. Aurelian
Dimitrie Sturdza
Gheorghe Grigore Cantacuzino
Petre P. Carp
Dimitrie Sturdza
Gheorghe Grigore Cantacuzino
Dimitrie Sturdza
Ion I. C. Brătianu
Petre P. Carp
Titu Maiorescu
Ion I. C. Brătianu
Prédécesseur Lui-même (prince souverain)
Successeur Ferdinand Ier
2e prince souverain de Roumanie
22 mai 186626 mars 1881
Président du Conseil Lascăr Catargiu
Prince Ion Ghica
Constantin Kretzulescu
Ștefan Golescu
Nicolae Golescu
Prince Dimitrie Ghica
Alexandru Golescu
Manolache Costache Epureanu
Prince Ion Ghica
Lascăr Catargiu
Ion Emmanuel Florescu
Manolache Costache Epureanu
Ion Brătianu
Prédécesseur Alexandru Ioan Ier
Successeur Lui-même (roi)
Biographie
Titre complet Roi de Roumanie
Prince de Hohenzollern-Sigmaringen
Hymne royal Trăiască Regele
Dynastie Maison de Hohenzollern
Nom de naissance Karl Eitel Friedrich Zephyrinus Ludwig von Hohenzollern-Sigmaringen
Date de naissance 10 avril 1839
Lieu de naissance Sigmaringen (Prusse)
Date de décès 10 octobre 1914 (à 75 ans)
Lieu de décès Sinaia (Roumanie)
Père Karl Anton von Hohenzollern Sigmaringen
Mère Josephine von Baden
Conjoint Elisabeth de Wied
Enfant(s) Maria von Hohenzollern
Héritier Ferdinand

Charles Ier de Roumanie Charles Ier de Roumanie
Monarques de Roumanie

Charles Ier (en roumain : Carol I) (20 avril 1839 - 10 octobre 1914) a été élu Domnitor (souverain) de Roumanie en avril 1866[1] après la destitution du prince Alexandru Ioan Ier et a été proclamé roi le 26 mars 1881. Il est le premier souverain de la maison de Hohenzollern-Sigmaringen à régner sur le pays, elle restera à la tête du pays jusqu'à la proclamation de la République en 1947.

Pendant son règne, il conduit personnellement les troupes roumaines pendant la guerre russo-turque de 1877-1878 et assume le commandement de l'armée russo-roumaine au siège de Plevna (Pleven en bulgare). Le pays acquiert son indépendance de l'Empire ottoman au traité de Berlin (1878) et gagne la partie sud de la Dobrogée sur la Bulgarie en 1913. La vie politique et économique, dominée par les propriétaires terriens organisés autour des partis libéral et conservateur, est ponctuée par deux importantes insurrections paysannes, en Valachie en avril 1888, en Moldavie et Valachie en mars 1907.

Il épouse Elisabeth de Wied en 1869. Ils ont une fille (unique), Maria, née en 1871, qui décède à l'âge de trois ans.

L'absence de descendance de Charles laisse à son frère aîné, Leopold de Hohenzollern-Sigmaringen, la succession au trône. En octobre 1880, le prince Leopold renonce au trône en faveur de son fils Guillaume qui, à son tour, abandonne ses droits au trône huit ans plus tard au profit de son jeune frère, Ferdinand. Ce dernier deviendra le roi Ferdinand Ier.

Sa vie[modifier | modifier le code]

Charles est né prince Karl von Hohenzollern-Sigmaringen le 20 avril 1839. Il est le second fils du prince Charles Antoine de Hohenzollern-Sigmaringen et de sa femme, la princesse Joséphine de Bade. Après ses études élémentaires, il entre à l'école des Cadets de Munster. En 1857, il assiste aux cours de l'école d'artillerie de Berlin. Jusqu'en 1866 (date à laquelle il accepte la Couronne de Roumanie), c'est un officier allemand. Il prend part à la Guerre des Duchés, en particulier à l'assaut des citadelles de Fredericia et de Dybbøl, un expérience qui lui sera très utile plus tard durant la guerre russo-turque.

Bien qu'il ne soit pas très grand et un peu frêle, le prince Charles est un militaire parfait, en bonne santé et discipliné. C'est aussi un très bon politicien, avec des idées libérales. Il connaît bien plusieurs langues européennes. Sa famille est très liée à la famille Bonaparte et il a de très bonnes relations avec Napoléon III. La Roumanie est à ce moment sous l'influence de la culture française et la recommandation de Napoléon III vis-à-vis du prince Charles pesa d'un grand poids auprès des politiciens roumains de cette époque, outre ses liens de sang avec la famille des souverains prussiens. C'est Ion Brătianu (Premier ministre dans les années à venir) qui négocie avec Charles et sa famille la possibilité de s'installer sur le trône de Roumanie.

En route pour la Roumanie[modifier | modifier le code]

L'ancien souverain de Roumanie, Alexandru Ioan Cuza, a été banni du pays et la principauté est en proie au chaos. Comme sa double élection est la seule raison pour laquelle les deux principautés historiques roumaines, la Valachie et la Moldavie, ont pu s'unir sous le contrôle des puissances européennes, le pays est en grand danger de se dissoudre.

Le jeune Charles voyage incognito en chemin de fer, sur la ligne Düsseldorf-Bonn-Fribourg-Zurich-Vienne-Budapest, en raison de la situation conflictuelle entre le pays et l'Autriche-Hongrie. Il voyage sous le nom de Karl Hettingen. Arrivé sur le sol roumain, Brătianu s'incline devant lui et lui demande de se joindre à son attelage (à ce moment, la Roumanie n'a pas encore de chemins de fer).

Le 10 mai[modifier | modifier le code]

Le 10 mai 1866, Charles entre à Bucarest. La nouvelle de son arrivée a été transmise par le télégraphe et il est accueilli par une foule impatiente de voir son nouveau souverain. À Băneasa on lui donne les clés de la ville. Signe prémonitoire, il pleut le jour même, à la suite d'une longue période de sécheresse. Il prononce ses vœux en français : « Je jure de protéger les lois de la Roumanie, de maintenir ses droits et l'intégrité de son territoire ».

La Constitution[modifier | modifier le code]

Juste après son arrivée dans le pays, le Parlement roumain adopte, le 29 juin 1866, la première Constitution de la Roumanie, l'une des plus avancées des constitutions de l'époque. Cette dernière permet le développement et la modernisation de l'état roumain. De façon étonnante, la constitution décide d'ignorer l'état de dépendance du pays envers l'Empire ottoman, ce qui déblaie la route de l'indépendance.

L'article 82 stipule que « Les pouvoirs du souverain sont héréditaires, à partir de Sa Majesté le prince Charles Ier de Hohenzollern-Sigmaringen, par la voie des aînés mâles, à l'exclusion des femmes et de leur descendance. Les descendants de Sa Majesté seront élevés dans la foi orthodoxe orientale. »

Après la proclamation de l'indépendance (1877), la Roumanie devient un royaume. Le 15 mars 1881, la constitution est modifiée pour prendre acte, entre autres, qu'à partir de cet instant, le souverain est appelé « roi », et que ses héritiers sont appelés « princes ».

L'idée fondamentale des constitutions royalistes de Roumanie est que le roi règne, mais ne gouverne pas.

Un roi authentique[modifier | modifier le code]

Couronne de Charles Ier de Roumanie

On a dit que le roi Charles avait une personnalité froide. Il est tout le temps préoccupé par le prestige de la dynastie qu'il a fondée. Sa femme Elisabeth dit qu'il « porte sa couronne au lit ». Il est très méticuleux et essaie d'imposer son style à tout son entourage. Bien qu'il soit dévoué à son travail de prince et roi roumain, il n'oublie jamais ses racines allemandes.

En 48 ans de règne (le plus long règne qu'une principauté roumaine n'ait jamais connu), il travaille à ce que la Roumanie gagne son indépendance : il réhausse son prestige, participe au redressement de son économie et installe une dynastie. Il construit dans les Carpates, près de la frontière austro-hongroise (la Transylvanie appartient encore à l'Autriche-Hongrie), le château de Peleș, qui est de nos jours une merveille que l'on peut visiter. Ce château est construit dans un style allemand, comme un rappel des origines germaniques du roi. Il fonde les premières universités de Roumanie, à Iassy et à Bucarest. Après la guerre russo-turque, la Roumanie gagne la Dobroudja et Charles ordonne la construction du premier pont sur le Danube, entre Fetești et Cernavodă pour relier la nouvelle province au reste du pays.

La fin de règne[modifier | modifier le code]

Le long règne de Charles permet le rapide développement de l'État roumain. Mais à la fin de son règne et avec le début de la Première Guerre mondiale, le roi d'origine allemande désire entrer en guerre du côté des Puissances centrales, alors que l'opinion du peuple roumain est plutôt du côté de la Triple-Entente. Charles avait signé un traité secret en 1884 par lequel il avait lié la Roumanie à la Triple Alliance (1882) et, bien que ce traité ne puisse être activé qu'en cas d'agression de l'Empire russe envers l'un des membres signataires, Charles est convaincu que la meilleure des choses est d'entrer en guerre aux côtés de l'Empire allemand.

Il se tient alors une réunion d'urgence avec les membres du gouvernement et Charles leur parle du traité secret en leur demandant leurs avis à ce sujet. On a dit que c'est le fort désaccord auquel il doit faire face qui aurait provoqué sa mort le 27 septembre 1914 (10 octobre selon le calendrier grégorien). Le futur roi Ferdinand, sous l'influence de sa femme, Marie d'Édimbourg, une princesse britannique, est plus enclin à écouter l'opinion publique.

Sa famille[modifier | modifier le code]

Le roi Charles Ier et sa femme, la reine Élisabeth

Lorsqu'il est élu souverain de Roumanie, Charles n'est pas marié, et, selon la Constitution qu'il a lui-même approuvée, il ne peut pas se marier avec une femme d'origine roumaine. En 1869, il commence un voyage à travers l'Europe, et surtout en Allemagne, pour trouver une fiancée. Pendant ce voyage, il rencontre et épouse la princesse Élisabeth de Wied. Leur mariage est l'un des moins bien assortis de tous les mariages de l'histoire, Charles étant froid et calculateur alors qu'Élisabeth est notoirement une rêveuse. Ils n'ont qu'un enfant, la princesse Marie, née en 1870, qui meurt le 24 mars 1874. Ce décès a beaucoup influencé le fonctionnement de leur couple et Elisabeth ne se remettra jamais complètement du traumatisme causé par la perte de son enfant unique.

Après la proclamation du royaume en 1881, la question de la succession devient très importante. Comme le frère du roi, Léopold, puis son neveu Guillaume (Wilhelm) refusent la couronne, son second neveu, Ferdinand, est nommé prince héritier du trône de Roumanie. Élisabeth essaie d'influencer le tout jeune prince, qui vit désormais à Sinaïa, pour qu'il épouse une amie intime, qui est aussi un écrivain célèbre, Elena Văcărescu. Selon la Constitution roumaine toutefois, il est interdit au prince d'épouser une Roumaine. À cause de cela, Élisabeth est exilée deux ans à Wied jusqu'à ce que Ferdinand épouse la princesse Marie d'Édimbourg.

À la fin de leurs vies, Charles et Élisabeth se retrouvèrent cependant très amis.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Charles Ier de Roumanie appartient à la maison de Hohenzollern-Sigmaringen issue de la quatrième branche, elle-même issue de la première branche de la maison de Hohenzollern. Cette lignée appartient à la branche souabe de la dynastie de Hohenzollern. Charles Ier a pour ancêtre Burchard Ier de Zollern.

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Boris Craciun - Regii si Reginele Romaniei, Editura Portile Orientului, Iasi

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le prince Philippe, frère de Léopold II, roi des Belges, avait d'abord été nommé prince régnant le 11 février 1866, mais avait finalement refusé la couronne le 13 février suivant. Charles Ier est son beau-frère.