La Roue rouge

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La Roue rouge est une œuvre littéraire d'Alexandre Soljenitsyne. Ce très long roman historique de plus de six mille pages ayant la double ambition de mettre en lumière les mécanismes de la Révolution russe et de constituer un équivalent, au XXe siècle, de Guerre et Paix de Léon Tolstoï.

L'architecture de La Roue rouge, est, à tous les égards, particulière. Prenant conscience du caractère considérable des événements, Soljenitsyne prit le parti de découper son roman en « nœuds ». Ce sont donc des points nodaux précis, qui représentent des moments où toutes les tendances historiques présentes se croisent, de telle sorte que l'on puisse déduire de la succession de ces points, la courbe de la révolution russe.

Rédaction[modifier | modifier le code]

La rédaction de La Roue rouge s'étend sur plus de cinquante ans : l'œuvre ayant préoccupé Soljenitsyne durant la plus grande partie de son existence. Les premiers chapitres ont en effet été rédigé dès 1936, alors que l'écrivain n'avait pas vingt ans.

Composition[modifier | modifier le code]

L'œuvre se compose de quatre nœuds :

  • Août quatorze, qui fait le récit de l'échec de l'offensive militaire russe en Prusse-Orientale, au début de la Première Guerre mondiale.
    Après ce récit s'intercale une partie intitulée « Extraits des « nœuds » précédents » : « Septembre 1911 », « Juin 1907, « Juillet 1906 », « Octobre 1905 », « Janvier 1905 », « Automne 1904 », « Été 1903 », « 1901 », « 1899 ». Soljenitsyne y décrit longuement l'assassinat de Piotr Stolypine.
  • Novembre seize, c'est le seul nœud qui ne soit pas lié à un événement de grande envergure. Il s'agit en effet d'un tableau de la Russie en guerre à quelques mois de la révolution, ce qui permet d'expliciter les mécanismes futurs de celle-ci.
  • Mars dix-sept
  • Avril dix-sept.

L'ambition originelle de Soljetnitsyne était d'écrire trois à dix nœuds supplémentaires, de telle sorte que son roman eût pu se prolonger jusqu'en 1922, soit jusqu'à la fin du processus révolutionnaire. Il a finalement considéré que son œuvre était achevée à la fin d'Avril dix-sept : toutes les causes de la révolution étant, selon lui, mises en évidence. Georges Nivat, principal traducteur français de Soljenitsyne, y voit plutôt l'aveu d'un « échec de génie » : celui de n'avoir pas su mettre en évidence la cause précise de la Révolution russe : « Ni la raison, ni le pardon ne gouvernent plus le monde. Le récit se brise. Et nous restons sur la brisure de cet échec de génie. »[1]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Nivat, Le Phénomène Soljénitsyne, p. 36.2