Audrey Tcheuméo

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Contexte général
Sport(s) pratiqué(s) Judo
Biographie
Nationalité sportive Drapeau : France Française
Naissance 20 avril 1990 (1990-04-20) (23 ans)
Lieu de naissance Bondy
Taille 1,77 m
Club Villemomble Sports Judo
Palmarès
Or Arg. Bro.
Jeux olympiques 0 0 1
Championnats du monde 1 0 0
Championnats d'Europe 1 1 0
* Dernière mise à jour : 28 avril 2012

Audrey Tcheuméo (née le 20 avril 1990 à Bondy) est une judokate en activité évoluant au niveau international dans la catégorie des moins de 78 kg (poids mi-lourds). Sacrée ou récompensée au niveau continental et planétaire dans les différentes catégories d'âge intermédiaires, elle devient coup sur coup championne d'Europe et du monde au niveau élite en 2011. Le 2 août 2012, elle remporte la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Londres.

Sommaire

Biographie [modifier]

Une progression rapide [modifier]

Née le 20 avril 1990 à Bondy en Seine-Saint-Denis, Audrey Tcheuméo grandit dans une famille éminemment sportive[1]. Son père, Christian Ebwea-Bile, est en effet ancien un footballeur camerounais ayant évolué en sélection nationale entre 1984 et 1986[2]. De même, sa mère, Marcelline Tcheuméo Tchato, est une ancienne joueuse internationale camerounaise de handball[2]. Elle partage par ailleurs un demi-frère avec Antoinette Nana Djimou, une athlète française devenue championne d'Europe en salle du pentathlon en 2011[2],[3]. Depuis leur retraite respective, les parents d'Audrey Tcheuméo se sont reconvertis dans la restauration — ils tiennent un restaurant africain aux Pavillons-sous-Bois — et la sécurité pour le premier, le monde hospitalier pour la seconde.

En octobre 2004, alors qu'elle est âgée de 14 ans, elle découvre « par hasard » le judo après avoir expérimenté d'autres sports comme le football, le tennis, le handball ou la boxe[4]. C'est à Villemomble, commune limitrophe de Bondy, qu'elle fait ses armes et obtient sa licence, au sein du club local de « Villemomble Sports ». Elle y progresse rapidement[1].

Début 2008, elle termine cinquième des Championnats de France élites organisés à Toulon lors desquels elle n'échoue que face à Géraldine Mentouopou lors du combat pour la médaille de bronze, après s'être extirpée des repêchages[5]. Sacrée championne de France juniors en avril malgré une récente fracture d'un péroné après s'être fait renverser par une voiture, elle honore quelques mois plus tard, en septembre, une première sélection internationale au niveau junior, tout juste après avoir intégré l'INSEP à Paris[6]. Lors des Championnats d'Europe des moins de 20 ans se tenant à Varsovie (Pologne), elle obtient même la médaille d'or dans la catégorie des moins de 78 kg[4]. Un mois plus tard, c'est à l'échelon planétaire qu'elle se pare d'un autre métal, l'argent, lors des Championnats du monde juniors organisés à Bangkok (Thaïlande). La Française y est dominée en finale par l'Américaine Kayla Harrison[6], qui deviendra championne du monde élite deux ans plus tard.

Médaillée de bronze aux Championnats de France élites en janvier 2009, elle subit quelque temps après la loi de la championne olympique chinoise Yang Xiuli lors de sa première apparition en Coupe du monde, à l'occasion du Tournoi de Budapest (Hongrie). Plus tard dans l'année, elle conserve son titre européen juniors à Erevan en Arménie mais rate le rendez-vous mondial de la catégorie d'âge à Paris, en octobre[7]. Elle est de nouveau à son avantage lors des Championnats d'Europe espoirs disputés en novembre à Antalya en Turquie où elle décroche la médaille d'or après quatre victoires sur ippon en autant de combats[8].

Percée au niveau international [modifier]

L'année 2010 est celle de nombreuses premières au niveau international : une première participation au Tournoi de Paris, une victoire lors d'un tournoi estampillé « Grand Prix » à Tunis en Tunisie, une finale en tournoi du « Grand Chelem » à Moscou (Russie) où elle n'est battue que par la Chinoise Yang, et surtout plusieurs victoires significatives contre des judokates majeures de sa catégorie de poids parmi lesquelles l'Ukrainienne Maryna Pryshchepa, la Néerlandaise Marhinde Verkerk, l'Américaine Kayla Harrison ou l'Allemande Heide Wollert[9],[10]. C'est grâce à ces succès qu'elle valide sa sélection pour les Championnats du monde 2010 se tenant à Tokyo en septembre. Évoluant dans une catégorie où une forte concurrence règne en France (Céline Lebrun, Stéphanie Possamaï ou Lucie Louette sont ses rivales), elle profite de l'ouverture à deux quotas par nation à partir de cette compétition. Mais elle ne brille finalement pas en terre japonaise, se faisant éliminer dès son entrée en lice par Heide Wollert. La fin d'année est cependant heureuse puisqu'elle remporte, toujours à Tokyo, le tournoi « Grand Chelem » local au mois de décembre après avoir disposé de la Belge Cathérine Jacques en finale[11]. Entre-temps, elle était devenue pour la première fois championne de France élites.

L'année 2011 débute sous les meilleures auspices malgré une défaite précoce au Masters mondial tenu à Bakou en Azerbaïdjan. Elle remporte en effet son deuxième Grand Chelem en carrière lors du Tournoi de Paris en février, dominant en finale sa compatriote Lucie Louette. En avril, elle conquiert son premier titre international en devenant championne d'Europe des moins de 78 kg à Istanbul en Turquie. En finale, moins pénalisée que son adversaire sanctionnée de deux shido, elle domine une nouvelle fois Lucie Louette.

Quelques mois après, elle se pare d'or lors des Championnats du monde organisés à Paris. Se présentant en candidate pour le podium en vertu de sa quatrième place au classement mondial et de son titre continental[12], elle hérite d'un tirage au sort favorable au 2e tour, étant exemptée du précédent. Après deux combats poussifs contre la Sud-coréenne Jeong Gyeong-mi et la Chinoise Zhang Zhehui, elle abrège son quart-de-finale contre l'Allemande Wollert, fauchée sur de-ashi-barai, et écarte l'Américaine Harrison au bout de cinq minutes de combat et un yuko d'avance[13]. En finale, au prix d'une nouvelle technique de fauchage de jambe produite après trois minutes, elle remporte le titre planétaire contre la numéro 1 mondiale, la Japonaise Akari Ogata[13]. Vingt-et-un ans après Jocelyne Triadou, elle devient la seconde Française titrée au niveau mondial dans la catégorie des poids mi-lourds.

En 2012, elle participe aux Jeux olympiques de Londres et, après une défaite en demi-finale[14], accroche la médaille de bronze[15].

Autre activité [modifier]

Audrey Tcheuméo conçoit elle-même des vêtements commercialisés sous une marque éponyme[16].

Palmarès [modifier]

Championnats internationaux [modifier]

Année Compétition Lieu Résultat Catégorie
2008 Championnats d'Europe juniors Varsovie 1re Moins de 78 kg
2008 Championnats du monde juniors Bangkok 2e Moins de 78 kg
2009 Championnats d'Europe juniors Erevan 1re Moins de 78 kg
2009 Championnats d'Europe espoirs Antalya 1re Moins de 78 kg
2011 Championnats d'Europe Istanbul 1re Moins de 78 kg
2011 Championnats du monde Paris 1re Moins de 78 kg
2012 Championnats d'Europe Tcheliabinsk 2e Moins de 78 kg
2012 Jeux olympiques Londres 3e Moins de 78 kg

Divers [modifier]

  • Championnats de France :
    • Élites : 5e en 2008, 3e en 2009 et 2010, 1re en 2011[17].
    • Juniors : 1re en 2008 et 2009.

Distinction [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. a et b Audrey Tcheuméo, le bronze magnifique dans Le Monde du 2 août 2012.
  2. a, b et c Ollivier Bienfait, « Tcheuméo, bon sang ! », dans L'Équipe, 24 octobre 2009, p. 14.
  3. « Nana Djimou et Tcheuméo pas si proches », dans L'Équipe, 28 août 2011, n°20 865, p. 21,
  4. a et b Vincent Melosci, « Des filles dans le vent », dans Le Parisien, 16 septembre 2008, page 5 du cahier « Seine-Saint-Denis ».
  5. « Championnats de France 2008 - Les résultats », 13 janvier 2008, Agence France-Presse.
  6. a et b Vincent Melosci, « Tcheumeo touche l'argent », dans Le Parisien, 27 octobre 2008, p. 12 du cahier « Essonne ».
  7. Vincent Melosci, « Audrey Tcheumeo impériale », dans Le Parisien, 14 septembre 2009, p. 11 du cahier « Hauts-de-Seine ».
  8. « Tcheuméo en or », dans L'Équipe, 23 novembre 2009, p. 19.
  9. « La sensation Tcheuméo », dans L'Équipe, 10 mai 2010, p. 16.
  10. Ollivier Bienfait, « Tcheuméo verra Tokyo », dans L'Équipe, 5 juillet 2010, p. 10.
  11. Ollivier Bienfait, « Tcheuméo, c’est costaud ! », dans L'Équipe, 14 décembre 2010, p. 6.
  12. (en)[PDF] Classement mondial de l'IJF au 25 juillet 2011, sur intjudo.eu, 25 juillet 2011. Consulté le 28 août 2011.
  13. a et b O.B., « Une sacrée faucheuse » et « Leur marche triomphale », dans L'Équipe, 27 août 2011, n°20 864, p. 20.
  14. « JO 2012 - Judo : Tcheuméo n'ira pas en finale », le10sport.com, 02 août 2012
  15. « JO 2012 – Judo : Tcheuméo remporte le bronze », le10sport.com, 02 août 2012
  16. Gilles Tournoux, « Tcheumeo, quel style ! », dans Le Parisien, 23 avril 2011, cahier « Hauts-de-Seine ».
  17. Compétition disputée en novembre 2010.
  18. Décret du 31 décembre 2012 portant promotion et nomination

Liens externes [modifier]