Athéna Parthénos

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Athéna Parthénos
Image illustrative de l'article Athéna Parthénos
Athéna de Varvakeion, statuette de marbre pentélique trouvée à Athènes près de l'école Varvakeion. C'est la mieux préservée des copies connues de la statue chryséléphantine d’Athéna Parthénos de Phidias. L'original avait environ douze fois la taille de cette copie de Varvakeion.
Artiste Phidias
Date vers 447 av. J.-C.
Technique Chryséléphantine
Coordonnées 37° 58′ 17″ N 23° 43′ 37″ E / 37.971508, 23.726939 ()37° 58′ 17″ N 23° 43′ 37″ E / 37.971508, 23.726939 ()  

Géolocalisation sur la carte : Grèce

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Athéna Parthénos

Athéna Parthénos (en grec : Παρθένος Ἀθηνᾶ) était le titre d'une sculpture colossale chryséléphantine (faite d'or et d'ivoire) de la déesse grecque Athéna faite par Phidias et installée dans le Parthénon à Athènes. Un certain nombre de répliques et d'œuvres s'inspirent de l'original.

Athéna est la déesse protectrice d'Athènes et la statue réalisée en son honneur est considérée comme l'une des plus grandes réalisations du sculpteur le plus célèbre de la Grèce antique. Phidias commença son travail autour de 447 av. J.-C. et le termina en -438. Lacharès fit enlever les feuilles d'or en 296 av. J.-C. pour payer ses troupes, et elles furent remplacées par des copies en bronze doré par la suite. La statue fut endommagée par un incendie vers 165 av. J. -C., mais elle fut restaurée. Elle trôna dans le Parthénon jusqu'au Ve siècle où un autre incendie la détruisit. Un document note cependant sa présence à Constantinople au Xe siècle.

Description[modifier | modifier le code]

Statue en taille réduite (Musée royal de l'Ontario).

Cette statue, à la différence des autres statues d'Athéna, n'est pas une statue de culte, en effet, le Parthénon qui l'abrite n'ayant pas une vocation religieuse, la statue d'Athéna Parthénos non plus. Elle est considérée comme une réserve de revenu pour la cité, les 1,15 tonnes d’or qui la composait pouvant être fondu en cas de nécessité. Cet ex-voto revêtait cependant un caractère ostentatoire, le casque et la pointe de la lance dorés de la statue devaient dépasser en hauteur le naos pour être vus de loin en mer[1].

Selon les auteurs antiques comme Pausanias[2], la statue de 12 m de hauteur (15 m avec sa base) avait un casque à trois cimiers où se trouvait un sphinx au milieu et de chaque côté des Pégases. La statue d'Athéna était également vêtue d'un péplos ouvert sur le côté et serré à la ceinture(statue péplophore) ainsi que de l'Égide en peau de chèvre ornée de la tête de la gorgoneion et bordée de serpents. Elle tenait dans sa main droite la Niké (Athéna Niképhoros) ailée, posée obliquement. La main droite est parfois représentée supportée par une colonne mais les sources littéraires sont contradictoires à ce sujet. La haute lance reposait contre l'épaule un peu obliquement, la main gauche retenait le bouclier (orné à l'extérieur d'une amazonomachie et à l'intérieur d'une gigantomachie) à ses pieds autour duquel se lovait un serpent, représentant probablement Erichthonios[3]. Sur la tranche épaisse de ses sandales étaient figurées en relief une centauromachie. Sur le piédestal était sculpté la naissance de Pandore. Son armature était en bois imputrescible (cyprès et thuya selon Dion de Pruse[4]) sur laquelle étaient fixées des plaques d'ivoire (ivoire poli et mis en forme à l'aide de moules dans lesquels il était pressé) et d'or (plaques d'or malléable clouées sur l'armature en bois ou ajustées grâce à de fines cannelures)[5]. Ce matériau fragile et sujet à dessiccation était entretenu à l'aide d'une eau huilée qu'on laissait à disposition dans un bassin, au pied de la statue. La couche d'huile laissait une pellicule protectrice empêchant l'évaporation et donnant un lustre à l'ivoire[6]. Le luxe de la statue contrastait avec son intérieur rempli, comme toutes les statues chryséléphantines, par « des leviers, des coins, des clous qui traversent la machine de part en part, des chevilles, de la poix, de l'argile et d'autres choses aussi choquantes à la vue, sans parler encore d'une infinité de mouches ou de musaraignes », comme le décrit Lucien de Samosate dans Le songe ou le coq, XXIV[7].

Pline l'Ancien dans son Histoire Naturelle, XXXVI, 16-19, indique que le bouclier était décoré de l'amazonomachie sur le côté extérieur du bouclier et à l'intérieur était représenté la gigantomachie. Cette vision tend à être confirmée avec le bouclier de Strangford qui représente ces scènes (collection Strangford conservée au British Museum)[8].

Selon Pausanias et Lucien de Samosate, la statue n'est pas la réalisation du seul Phidias mais d'une équipe d'artisans représentant plusieurs corps de métiers (orfèvres, charpentiers, ciseleurs, marqueteurs, artisans qui amollissent l'or et l'ivoire), Phidias supervisant les travaux de décoration de l'ensemble du Parthénon[9].

Copies antiques et répliques[modifier | modifier le code]

Réplique du Parthénon de Nashville.

La statue est reproduite par au moins 69 copies de taille réduite[1], dont :

Une réplique grandeur nature est réalisée en 1990 dans le Parthénon de Nashville par le sculpteur américain Alan LeQuire (en) avec un mélange de plâtre et de fibre de verre (recouvert par 8 kg de feuilles d’or), sur une armature d’acier et d’aluminium. Il s'agit alors de la plus grande sculpture occidentale[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Nicole Loraux, Les enfants d'Athéna, Seuil,‎ 2007, 302 p.
  2. Pausanias , Description de la Grèce, I, 24, 5-8
  3. Jean Charbonneaux, Roland Martin, François Villard, Grèce classique, Gallimard,‎ 1969, p. 417
  4. Dion de Pruse, Discours XII, 49
  5. (en) Jenifer Neils, The Parthenon. From Antiquity to the Present, Cambridge University Press,‎ 2005, p. 262
  6. Anne Queyrel, Athènes, la cité archaïque et classique du VIIIe siècle à la fin du Ve siècle, Picard,‎ 2003, p. 251
  7. (en) Neda Leipen, Athena Parthenos. A Reconstruction, Royal Ontario Museum,‎ 1971, p. 20
  8. (en)Bouclier de Strangford
  9. (en) Richard David Barnett, Ancient ivories in the Middle East, Institute of Archaeology, Hebrew University of Jerusalem,‎ 1982, p. 63
  10. (en) Ann Shearer, Athene. Image and Energy, Viking Arkana,‎ 1996, p. 245

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (en) N. Leipen, Athena Parthenos, Toronto, 1971.
  • Pausanias, Description de la Grèce
  • Pline l'Ancien, Histoire naturelle
  • R. Ginouvès, L'art grec, Quadrige / PUF,1989, p. 118-119

Articles connexes[modifier | modifier le code]