Art Spiegelman
Art Spiegelman
Art Spiegelman en 2007
| Naissance | 15 février 1948 Stockholm, Suède |
|---|---|
| Nationalité | américaine |
| Profession | Auteur de bande dessinée, illustrateur |
Art Spiegelman est un illustrateur et auteur de bande dessinée américaine, né le 15 février 1948 à Stockholm (Suède). Figure phare de la bande dessinée underground américaine des années 1970-1980, il est à partir du milieu des années 1980 surtout connu pour sa bande dessinée Maus, qui lui a valu un Prix Pulitzer. C'est également un illustrateur reconnu. Il vit à New York avec sa femme, Françoise Mouly. Il est sacré Grand Prix de la Ville d'Angoulême en 2011.
Sommaire |
[modifier] Biographie
[modifier] La figure du comics underground américain
Figure emblématique du courant underground de la bande dessinée des années 1960 et 1970, Art Spiegelman a contribué aux revues Real Pulp, Young Lust et Bizarre Sex. Il a aussi illustré de nombreux et divers autocollants et paquets de cartes à collectionner (les Garbage Pail Kids qui devinrent Les Crados en français). En 1980, il a lancé la publication de deux anthologies renommées : Arcade, avec Bill Griffith, et RAW avec sa femme, l'artiste et romancière française Françoise Mouly.
[modifier] Maus et la reconnaissance internationale.
En 1986, il publie le premier volume de Maus. Un survivant raconte (Maus: A Survivor's Tale, aussi publié sous le titre Maus: My Father Bleeds History édité en français sous le titre Mon père saigne l'histoire), qui retrace la vie de sa famille (racontée par son père) pendant l'holocauste. La suite et fin de cette histoire (Maus: from Mauschwitz to the Catskills édité en français sous le titre Et c'est là que mes ennuis ont commencé) sort en 1991. C'est la première fois qu'une bande dessinée attire autant sur elle l'attention des critiques. Maus sera l'objet d'une exposition au musée d'art moderne de New York, et obtiendra en 1992 un Prix Pulitzer spécial.
Il devient l'un des plus grands défenseurs de la bande dessinée en tant que média. Il parcourt les États-Unis en donnant des conférences titrées Commix 101. Lui et Françoise Mouly sont aussi éditeurs d'une série d'anthologies pour enfants appelée Little Lit.
[modifier] Spiegelman après Maus
En 1993, Spiegelman entre au New Yorker, célèbre comme lebar hebdomadaire artistique et littéraire américain[1]. Il y réalise quelques bandes dessinées et de nombreuses illustrations, dont des couvertures qui marquent le génie de leur auteur, non par leur virulence, mais par leur acuité, leur composition, leur part d'hommage distancié à la tradition du magazine. Sa couverture pour le numéro du 24 septembre 2001 (le premier suivant le 11 septembre 2001) « restera comme l'un des cartoons politiques les plus forts du XXIe siècle » : semblant au premier abord être complètement noire, elle révèle au spectateur plus attentif les silhouettes des tours du World Trade Center en ombres d'un noir plus profond.
Cependant, quelques mois plus tard, il quitte le New Yorker, suite à plusieurs refus de couvertures[Note 1], et afin de dénoncer le conformisme éditorial qui s'empare alors des médias américains. Virulent critique de la politique de George W. Bush, Spiegelman décrit les médias comme étant « timides et conservateurs ».
En 2002 et 2003, Art Spiegelman publie dans divers grands journaux et magazines européens (les principaux périodiques américains le lui ayant tous refusé) dix planches aussi innovantes techniquement que politiquement dérangeantes d’À l'ombre des tours mortes (In the Shadow of No Towers), dans lesquelles il raconte son expérience du 11 septembre 2001, et des effets de l'événement sur lui comme sur ses compatriotes. L'album, publié en 2004, est acclamé aussi bien aux États-Unis[Note 2] que dans le monde francophone[2].
Le dimanche 30 janvier 2011, Art Spiegelman reçoit le Grand Prix de la Ville d'Angoulême[3].
En janvier 2012, Spiegelman publie Meta Maus, sorte de making off de Maus[4].
Il est décoré de l'Ordre des Arts et des Lettres par Frédéric Mitterrand, ministre de la culture, le 29 janvier 2012, après avoir présidé la 39e édition du Festival d'Angoulême[5].
[modifier] Œuvres publiées
[modifier] Bandes dessinées
[modifier] En anglais
- Prisoner on the Hell Planet : (1972, sur le suicide de sa mère)
- Breakdowns: From Maus to Now, an Anthology of Strips, 1977, Nostalgia Press (ISBN 0878970525) / Belier Press (ISBN 0914646141)
- changement d'éditeur
- Maus
- The Wild Party
- Open Me, I'm A Dog (children's book)
- In the Shadow of No Towers
- Breakdowns: Portrait of the Artist as a Young %@&*!, 2008, Pantheon, (ISBN 978-0 375423956)
- Be a Nose
[modifier] En français
- Maus, un survivant raconte, Flammarion, Paris
- Mon père saigne l'histoire, 1987 (ISBN 2080660292)
- Et c'est là que mes ennuis ont commencé, 1992 (ISBN 2080666185)
-
- Édition intégrale en un volume, 1996 (ISBN 2080675346)
- Little lit, Éditions du Seuil, Paris,
- « Prince Coq, une parabole hassidique », dans Conte de fées, contes défaits, 2002 (ISBN 2020510014)
- « Les multiples moi de Selby Sheldrake », dans Drôles d'histoires pour drôles d'enfants, 2005 (ISBN 2020601672)
- À l'ombre des tours mortes, Casterman, 2004 (ISBN 2203370068)
- Breakdowns, Casterman, 2008. Recueil de bandes dessinées des années 1970-1980, commentées par l'auteur (ISBN 9782203370074)
- Be a Nose !, les Carnets Secrets de Art Spiegelman, coffret, Casterman, 2009 (ISBN 978-2203023925)
- MetaMaus, un nouveau regard sur Maus, un classique des temps modernes, Flammarion, 2012. Genèse et explications sur Maus (contient un DVD)
[modifier] Illustrations
[modifier] Revues
- Dans The New Yorker de 1993 à 2002
[modifier] Littérature
- La Nuit d'enfer (texte de Joseph Moncure March), Flammarion, Paris, 1996 (ISBN 2080671006)
- Ouvre... je suis un chien !, Gallimard Jeunesse, Paris, 1999 (ISBN 2070507483)
[modifier] Recueils
- Bons baisers de New York (préf. Paul Auster), Flammarion, Paris, 2003 (ISBN 2080685619)
[modifier] Annexes
[modifier] Documentation
[modifier] Revues
- Harry Morgan, « De toutes les couleurs : Spiegelman au New Yorker », dans 9e Art n°10, Centre national de la bande dessinée et de l'image, avril 2004, p. 44
[modifier] Internet
- Extraits vidéos de Art Spiegelman : Le miroir de l'histoire, documentaire de Benoît Peeters, 2004.
- Spiegelman, l'enfance de l'art, Le Monde | 14.03.08
- Rencontre avec Art Spiegelman : «J'aime le livre en tant qu'objet», Mediapart[6], interview réalisée par Dominique Bry et Vincent Truffy le 3 juin 2009 à Paris.
[modifier] Notes et références
Notes
- Notamment celle présentant une bombe A pour le 4 juillet ou celle de l'Action de grâce (Thanksgiving) qui montrait des avions militaires américains larguant des dindes au-dessus de l'Afghanistan.
- Le The New York Times le sélectionne parmi les cent publications essentielles de l'année.
Références
- Pour ce paragraphe : Morgan (2004)
- Thierry Groensteen y voit « artistiquement, (...) un modèle de bande dessinée d'intervention et une réussite absolue. Thierry Groensteen, « Spiegelman is not so well but alive and living in New York », dans 9e Art n°10, Centre national de la bande dessinée et de l'image, avril 2004, p. 121
- La Charente Libre : http://www.charentelibre.fr/2011/01/30/art-spiegelman-grand-prix-du-festival-2011,1018885.php
- (fr)"Maus", l'odyssée d'un chef d’œuvre sur www.lefigaro.fr. Consulté le 13 février 2012.
- (fr)Art Spiegelman, décoré de l'Ordre des Arts et des Lettres sur http://editions.flammarion.com. Consulté le 13 février 2012.
- Mediapart