RAW (magazine)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir RAW.

RAW est une revue américaine de bande dessinée dirigée par Art Spiegelman et Françoise Mouly et publiée en deux séries de 1980 à 1991.

Aux États-Unis, ce fut une publication emblématique de la bande-dessinée d'avant-garde, contre-point plus intellectuel à Weirdo, la revue de Robert Crumb, et le lieu principal de publication de la production européenne de l'époque. Sa très grande qualité, saluée dès l'époque[Note 1] est aujourd'hui encore unanimement reconnue.

Origine du projet[modifier | modifier le code]

Spiegelman a souvent expliqué le cheminement qui l'a conduit à démarrer le magazine avec Mouly : après la disparition de Arcade, l'anthologie des comics underground qu'il éditait avec Bill Griffith et l'affaiblissement de la scène underground, il craignait la disparition pure et simple des comics pour adultes. Il s'était juré qu'il ne recommencerait pas l'aventure de publier ses pairs, à cause des tensions et des jalousies que cela avait occasionnées mais Mouly voulait justement tenter ce genre d'aventures : elle avait démarré sa petite maison d'édition Raw Books & Graphics en 1978 et pensait qu'un magazine mettant en valeur ses goûts littéraires et graphiques serait un medium plus efficace car, à cette époque, des magazines graphiques de grand format, Punk et New-Wave, comme Wet, étaient distribués par les libraires indépendants. Elle installa une presse dans leur loft du quatrième étage et s'essaya aux techniques d'impression.

Mouly et Spiegelman choisirent l'appellation « graphix magazine » pour RAW, en espérant que cette approche nouvelle écarterait les préventions des lecteurs à propos des comics et les amènerait à s'intéresser aux travaux présentés avec un œil neuf.

Publications[modifier | modifier le code]

RAW mélangeait les auteurs américains (dont certains étudiants de Spiegelman à la School of Visual Arts) et européens à d'autres contributeurs du monde entier (le duo argentin José Muñoz et Carlos Sampayo, le peintre congolais Cheri Samba, des japonais issus du magazine Garo. De nombreux numéros incluaient de l'illustration, des textes illustrés, des essais; par exemple, RAW Volume 2 Numéro 2 comprenait l'un des premiers articles publiés sur l'artiste d'art brut Henry Darger, avec des reproductions de ses dessins et de son journal. Le magazine réimprimait aussi des œuvres du domaine public de dessinateurs et illustrateurs importants comme George Herriman, Gustave Doré, et Winsor McCay.

L'œuvre publiée la plus connue a été le roman graphique de Spiegelman, Maus.

Numéros[modifier | modifier le code]

Volume 1
  1. (juillet 1980) - The Graphix Magazine of Postponed Suicides
  2. (décembre 1980) - The Graphix Magazine for Damned Intellectuals
  3. (juillet 1981) - The Graphix Magazine That Lost Its Faith in Nihilism
  4. (mars 1982) - The Graphix Magazine for Your Bomb Shelter's Coffee Table
  5. (mars 1983) - The Graphix Magazine of Abstract Depressionism
  6. (mai 1984) - The Graphix Magazine That Overestimates the Taste of the American Public
  7. (mai 1985) - The Torn-Again Graphix Magazine
  8. (septembre 1986) - The Graphic Aspirin for War Fever
Volume 2
  1. (1989) - Open Wounds from the Cutting Edge of Commix
  2. (1990) - Required Reading for the Post-Literate
  3. (1991) - High Culture for Lowbrows

Œuvres importantes publiées dans RAW[modifier | modifier le code]

RAW : tirés à part et livres[modifier | modifier le code]

Contributeurs importants[modifier | modifier le code]

Présence des francophones[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Codumentation[modifier | modifier le code]

  • (en) "A RAW History" par Bill Kartalopoulos, Indy Magazine. Une histoire du magazine en deux parties.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes

  1. Thierry Joor y voit « le meilleur magazine du monde » en 1984, selon son article « Vu de New York », paru dans, dans Les Cahiers de la bande dessinée n°56, Glénat, janvier-février 1984, p. 41

Références