Air America

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Logo d'Air America.

Air America est une compagnie de transport aérien créée en 1946 aux États-Unis pour les besoins de la guerre civile en Chine. Célèbre pour sa proximité avec la CIA, elle a opéré principalement en Asie du Sud-Est et le plus souvent pour des besoins militaires jusqu'en 1976.

Origines[modifier | modifier le code]

Casquette des aviateurs d'Air America.
Un quadrimoteur Douglas DC-6 de la Civil Air Transport sur l'aéroport de Taipei Songshan en 1966.

Lorsque Mao Zedong commença à menacer les forces du Kuomintang, après la fin de la seconde guerre sino-japonaise, le général américain Claire Lee Chennault, créateur des Tigres volants, retourna en Chine pour y fonder le Civil Air Transport (CAT), surnommée la «Flying Tigers line», une compagnie aérienne, en apparence commerciale, en 1946.

Les pilotes du CAT avaient pour mission d'assurer la logistique de l'armée de Chine nationaliste soutenue par les États-Unis et accessoirement de ravitailler les communautés prises dans la tourmente de la guerre civile chinoise. Après la victoire du Parti communiste chinois en 1949, le CAT suivit son employeur, le général Tchang Kaï-chek et l'armée nationaliste en fuite, à Taïwan. Il devint un acteur important du transport aérien en Asie du Sud Est.

En 1951, il devient une des compagnies du holding Airdale Corporation (devenu en 1957 Pacific Corporation) opérant au profit de la CIA.

Avec la poussée des communistes en Indochine française au milieu des années 1950, les États-Unis décidèrent de s'engager plus massivement en Asie du Sud Est et la CIA chercha une compagnie aérienne susceptible d’effectuer discrètement des transports pour son propre compte. Chennault, qui avait alors des difficultés financières offrit ses services, peu avant sa mort en 1958. D'abord filiale, le nom de Air America remplaça définitivement celui du CAT le 31 mars 1959.

Missions[modifier | modifier le code]

C-46 du Civil Air Transport en Indochine française.
Un ADAC Helio U-10D d'Air America au Laos en 1970.
Un Pilatus PC-6 Porter d'Air America (N355F) en Asie du Sud-Est. Cet avion sera abandonné le 29 avril 1975 lors de la chute de Saïgon.

À son apogée en 1970, Air America employait 6 000 personnes et sa flotte était la plus importante au monde en termes d'appareils, qui variaient du petit avion de tourisme monomoteur au gros quadrimoteur à hélices et même quatre Boeing 727, en passant par toute une gamme d'hélicoptères. Elle était gérée comme une compagnie aérienne « normale », avec un service de réservations et un département de maintenance très performant. Elle avait environ 30 000 passagers pour ses liaisons intérieures au Viêt Nam

Sa devise était : « N’importe quoi, n’importe où, n’importe quand, - de manière professionnelle  » (Anything, Anywhere, Anytime - Professionally)

Elle joua un rôle important dans toute l’Asie du Sud Est durant toute la guerre du Viêt Nam, avec des bases au Laos, au Vietnam et en Thaïlande.

Au début des années 1960, aucune force militaire américaine n’étant autorisée à opérer depuis le Laos, la CIA utilisa les talents des pilotes d’Air America pour transporter et ravitailler les troupes irrégulières anticommunistes laotiennes ainsi que les Special Forces en missions clandestines (dites «Black Ops»). Un hélicoptère de la société eut même la première victoire aérienne d'une voilure tournante quand un Antonov An-2 de l'armée nord vietnamienne, en soutien à une offensive, fut abattu au-dessus du Laos, en dépit des consignes, par les AK-47 de l'équipage d'Air America.

À l'origine (1946), Chennault avait fondé le CAT surnommé le Flying Tigers Line avec quelques-uns de ses anciens Tigres Volants. Par la suite, les pilotes étaient pour la plupart d’anciens de l’US Air Force et de l’US Marine Corps, avec des expériences accumulant jusqu'à 15 000 heures de vols pour certains. À quelques exceptions près, ils avaient tous fait la Seconde Guerre mondiale ou la guerre de Corée. Même s'ils étaient des mercenaires, ils ne se considéraient pas comme tels. Le salaire ne dépassait généralement pas les 12 000 $ par an, mais ils recevaient fréquemment des primes conséquentes pour les missions dangereuses.

Contrairement à leurs collègues militaires, ils n’étaient pas tenus d’obéir aux règles habituelles de discipline et de sécurité et il leur arrivait souvent de voler jusqu'à 10 heures par jour, sur de vieux avions cargo non armés, sans aucun contrôle aérien, et dans des régions à l'aérologie difficile et très changeante, se posant et décollant sur de courtes pistes de terre parfois tracées à flanc de montagnes.

L’Agence des États-Unis pour le développement international, une émanation officielle du Département d'État des États-Unis utilisa elle aussi Air America pour le soutien logistique de son programme d’éducation et d’aide médicale aux Hmongs, qui passait en particulier par le largage de sacs de riz aux communautés reculées.

Les hélicoptères d’Air America ont activement participé à l’évacuation de Saïgon en 1975, avec un total de 45 125 passagers transportés sur la seule période du 6 au 30 avril 1975. Ce sera le dernier fait de guerre.

Avec le désengagement en Asie, la CIA ne savait plus trop quoi faire d' Air America, désormais trop connue des médias et du public et la compagnie fut officiellement dissoute le 30 juin 1976, avec un total de 243 membres morts ou disparus en mission durant son existence.

La plupart des équipages démobilisés et âgés quittèrent le milieu du transport aérien, mais les plus jeunes se recyclèrent comme pilotes d'avion bombardier d'eau ou pilotes d'hélicoptère dans le transport des personnels des plate-forme pétrolières off shore en Alaska ou dans le Golfe du Mexique. Certains enfin, reprirent une carrière plus ou moins clandestine en effectuant des missions de livraisons d'armes en Amérique du Sud au cours des années 1980, en particulier pour les Contras du Nicaragua.

La CIA fut obligée de trouver une alternative plus discrète à Air America et d'autres petites compagnies cargo prirent plus ou moins le relais comme la Southern Air Transport (SAT) basée à Miami en Floride.

De nos jours, un certain nombre de missions similaires de support aux forces américaines en Irak, au Kosovo ou Afghanistan sont confiées par le Département de la Défense des États-Unis à des sociétés militaires privées.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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