René Sti

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

René Sti, nom d'artiste d'Adolf Ornstein (« René Sti » est le quasi-anagramme d'« Ornstein »), est un réalisateur et scénariste français, né le à Iași (Roumanie) et mort le à Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne)[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Aucune étude ne semble avoir été consacrée à René Sti, pourtant auteur de films à succès, et qui fut à ses débuts l'assistant de Fritz Lang et de Paul Féjos.

Les détails de sa vie et de sa carrière sont peu connus. On sait seulement que son père Maurice (1866-1944) s'est installé comme fourreur à Paris au début des années 1900. Mobilisé en septembre 1917, le futur René Sti est rapidement réformé pour faiblesse générale entraînant une incapacité au service actif[2]. En mars 1919, il épouse la fille de l'acteur André Dubosc[3] et se tourne alors vers la mise en scène en montant en 1922 la pièce d'Yvan Goll Mathusalem ou l'Éternel bourgeois au théâtre Michel.

Il apparaît un peu plus tard sur les plateaux de cinéma, en 1926, d'abord comme assistant de Jean Painlevé dans Mathusalem ou l'Éternel bourgeois (film de présentation de la pièce qu'il mettait en scène au théâtre) et Les Oursins, puis en faisant tourner Michel Simon et Antonin Artaud dans un film qui ne sortira pas en salle, L'inconnue des Six Jours, tourné pendant l'épreuve cycliste des Six jours de Paris au Vel d'Hiv en avril 1926.

Jean Painlevé, lui-même acteur dans le film, le décrit ainsi : « En 1922, je m'étais laissé bluffer par un nommé Ornstein dit René Sti, qui se prétendait cinéaste et se croyait homme de théâtre »[4]. Ce témoignage confirme que le jeune cinéaste évoluait déjà dans le milieu du théâtre.

Dix ans plus tard, il est aux côtés d'abord de Fritz Lang, puis de Paul Féjos dans la réalisation de la version française de leurs films respectifs Le Testament du docteur Mabuse et Gardez le sourire sortis la même année en 1933.

Cette collaboration relance la carrière de René Sti qui va enchaîner sept tournages avec des comédiens populaires comme Fernandel ou Michel Simon, jusqu'à la veille de la Seconde Guerre mondiale, époque où il disparaît des plateaux de cinéma. Arrêté dans le cadre des lois anti-juives, il est interné au camp de Drancy en mars 1944 avant d'être déporté.

Son nom ne réapparaît à l'écran que dix ans plus tard, en mars 1947, à l'occasion de la sortie de son film Quartier chinois avec l'acteur japonais Sessue Hayakawa.

Trois ans plus tard, sortent ses deux derniers films Cache-cache police et Caprices de Paris, comédie musicale avec entre autres Line Renaud dans son propre rôle. Il disparaît l'année suivante à l'âge de 54 ans.

René Sti est inhumé au cimetière de Bagneux, 4e division.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Assistant-réalisateur
Réalisateur
Scénariste

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. d'après le site Les Gens du Cinéma.
  2. États signalétiques et des services militaires, fiche Ornstein (Adolphe), classe 1917, matricule 1906. Archives en ligne de la Ville de Paris, registres matricules du recrutement de Paris, 6e bureau.
  3. Acte de mariage n° 511 (vue 29/31) avec mention marginale du divorce. Archives en ligne de la Ville de Paris, état-civil du 17e arrondissement, registre des mariages de 1919. Dans l'acte, il se déclare comme auteur.
  4. Brigitte Berg, Jean Painlevé, documents cinématographiques, 1976.

Liens externes[modifier | modifier le code]