Universum Film AG

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UFA
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Création (97 ans)
Dates clés 1937 (nationalisation), 1945 (dissolution du monopole), 1964 (Bertelsmann)
Fondateurs Ministère de la guerre de l'Empire allemand, Deutsche Bank
Personnages clés Erich Pommer, Alfred Hugenberg, Carl Froelich
Forme juridique GmbH
Siège social Babelsberg (Potsdam)
Direction Wolf Bauer, Martin Licher
Activité Cinéma
Société mère Bertelsmann
Site web www.ufa.de

Universum Film AG, désormais UFA GmbH[1], en abrégé « UFA » est une société de production cinématographique allemande fondée en 1917. D'abord dissoute en 1945, ses actifs situés en République fédérale allemande ont été absorbés en 1964 par Bertelsmann, puis à travers la filiale FremantleMedia, reconstitués en tant que société en 2013.

L'UFA fut l'une des sociétés de production les plus importantes de l'Allemagne durant la première moitié du XXe siècle (notamment sous la République de Weimar).

L'UFA fut créée au départ en 1917 dans un but de propagande politique et militaire. Nationalisée, elle devint ensuite un organisme d'État sous le régime nazi. Elle créa en 1940 une filiale française, la Continental-Films.

Histoire de la société[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Le 13 janvier 1917 naît la BUFA (Bild- und Filmamt) sur décision du chef suprême des armées allemandes afin de réorganiser le service d'information, notamment la propagande intérieure et extérieure, pour rivaliser avec les Alliés, beaucoup mieux équipés. Il s'agit de mettre en œuvre une guerre psychologique, un programme développé par Erich Ludendorff. Le 18 décembre 1917, la Universum-Film AG est constituée à Berlin avec un capital de 25 millions de marks. Les principaux actionnaires de cette société à capitaux mixtes sont l’État allemand et la Deutsche Bank et le président est Emil Georg von Stauß.

Âge d'or du muet[modifier | modifier le code]

Ancien logo de l'Universum Film AG.

Les studios sont installés à Berlin-Tempelhof. La Deutsche Bank réussit à faire réorienter la production vers le grand public via la Projektions-AG Union qui produit par exemple des comédies d'Ernst Lubitsch dès 1918. En 1921, après sa totale privatisation, la UFA devient la première société de production du pays. En 1922, de nouveaux studios sont construits à Babelsberg puis sur Oberlandstrasse à Berlin, devenant les plus grosses infrastructures européennes en 1926. En 1923, en pleine crise financière, sous la direction d'Erich Pommer, des concurrents sont rachetés, notamment la Decla-Bioscop AG. Il propulse Emil Jannings, Pola Negri, Conrad Veidt et Lya de Putti au rang de stars internationales.

Ses premiers réalisateurs de l'époque du cinéma muet furent parmi les plus célèbres : Ludwig Berger, Paul Czinner, Ewald André Dupont, Karl Grune, Fritz Lang, Ernst Lubitsch, Joe May, Friedrich Wilhelm Murnau, Arthur Robison, Hanns Schwarz, Paul Ludwig Stein, Wilhelm Thiele, etc.

En 1927, la UFA rencontre de grosses difficultés à l'export, certains de ses meilleurs réalisateurs partent aux États-Unis, et par ailleurs les films américains connaissent un franc succès en Allemagne, « Paramount, MGM et Universal viennent à Berlin imposer des accords léonins »[2]. La superproduction Metropolis s’avéra beaucoup plus coûteuse que prévue. Alors que la banqueroute menace, Alfred Hugenberg, président du groupe Scherl (le « Hugenberg-Konzern »[3]) et secrétaire général du DNVP, est appelé à la tête des studios pour les recapitaliser et les réorganiser. En 1928, il nomme Ernst Hugo Correl directeur général, c'est lui qui assure la transition vers le parlant en nouant un accord avec la Tobis-Klangfilm. En 1930, la UFA connaît le succès mondial avec L'Ange bleu.

Période nazie (1933-1945)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cinéma sous le Troisième Reich.

Dès 1933, la UFA connaît une nouvelle ère de prospérité grâce aux mesures protectionnistes mises en place par le gouvernement nazi. Joseph Goebbels s'implique personnellement dans le destin de la compagnie. Hugenberg est écarté. Dès le 29 mars 1933, à l'initiative de la UFA, 26 personnalités juives sont licenciées.

En mars 1937, Hugenberg est forcé de vendre la plupart de ses parts à la Cautio Treuhand GmbH, une société comptable appartenant au gouvernement nazi : c'est la nationalisation, avec Emil Georg von Stauß comme président du conseil d'administration et Ludwig Klitzsch directeur général. En mai, Carl Froelich est nommé directeur du Comité artistique mais il reporte à Goebbels, qui lui, possède des parts dans la UFA via la Cautio Treuhand. En 1939, le directeur de la production, Ernst Hugo Correll, est licencié parce qu'il refuse d'adhérer au NSDAP.

En 1940, sort des ateliers La Belle Diplomate (Frauen sind doch bessere Diplomaten), de Georg Jacoby, premier film allemand en couleurs, et désastre financier.

En janvier 1942, la UFA devient une filiale du monopole d’État UFA-Film GmbH (UFI), lequel regroupe toutes les sociétés allemandes de productions, telles Bavaria Film, Berlin-Film, Terra Film, Tobis AG... La direction est placée sous celle du Reich Film Direktor, dépendant de la chancellerie. La nationalisation totale des filiales est achevée en 1944.

Visite d'Hitler et de Goebbels (à droite), dans les locaux de la UFA en présence notamment à gauche du producteur Günther Stapenhorst (Bundesarchiv, janvier 1935).

Après 1933, de grands réalisateurs tournèrent pour la UFA, comme Carl Boese, Eduard von Borsody, Peter Paul Brauer, Karl Hartl, Georg Jacoby, Gerhardt Lamprecht, Herbert Maisch, Paul Martin, Karl Ritter, Reinhold Schünzel, Detlef Sierck, Hans Steinhoff, Robert A. Stemmle, Viktor Tourjansky, Gustav Ucicky, Erich Waschneck, Veit Harlan etc.

Depuis 1945[modifier | modifier le code]

La UFI est dissoute par les Alliés en juillet 1945 dans le cadre de la dénazification, cette dissolution fut ensuite entérinée par le Bundestag en 1953. Les studios de Berlin et de Babelsberg de la UFA passent sous le contrôle de l'Armée soviétique, futures infrastructures de la Deutsche Film AG fondés en mai 1946, la compagnie d’État de la RDA. De ces studios sort Les assassins sont parmi nous, premier film produit en Allemagne après la guerre.

En 1956, la Bavaria Film est reformée en même temps que la UFA : la Deutsche Bank est le principal actionnaire et c'est Arno Hauke qui est nommé comme directeur. En 1958, la UFA produit un premier film de fiction, Une gamine précoce (Stefanie) de Josef von Báky avec Sabine Sinjen. Suivent une dizaine de films jusqu'en 1969, puis la production s'arrête.

Entre temps, en 1964, Bertelsmann se porte acquéreur des unités de productions de l'UFA situés en RFA, ainsi que du parc des salles de projections. Le Gouvernement allemand créa alors le Friedrich-Wilhelm-Murnau-Stiftung afin de préserver l'héritage de Friedrich Wilhelm Murnau et d'amorcer la restauration de ses films. Nommé par Bertelsmann, Werner Mietzner fonde la UFA Fernsehproduktion, afin de produire des téléfilms, des documentaires, des retransmissions de matchs. En 1984, avec le développement des premières chaînes privées, est fondée la UFA Film und Fernseh GmbH, basée à Hambourg, qui prend des parts dans la Compagnie luxembourgeoise de télédiffusion (CLT). En 1991, cette société de production est leader en Allemagne sur le marché des produits télévisuels.

En 1994, la UFA Film und Fernseh GmbH et la CLT fusionnent pour former la CLT-UFA.

En avril 2000, après une fusion avec Pearson TV, naît le RTL Group, détenu à 90,4 % par Bertelsmann. Les activités internationales sont regroupées ensuite sous FremantleMedia.

Le 9 otobre 2013, après une série de restructurations importantes diligentées par Bertelsmann, la UFA est recapitalisée et comprend désormais trois départements, à savoir :

  • UFA Fiction,
  • UFA Serial Drama,
  • UFA Show (ex. Grundy) & Factual.

Les films produits par la UFA (1922-1943)[modifier | modifier le code]

Les studios UFA connurent leur heure de gloire dans les années 1920 et 1930. Films principaux :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Klaus Kreimeier, Une histoire du cinéma allemand : la Ufa[4], Paris, Flammarion, 1993 (ISBN 978-2082114127).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ne pas confondre avec Universum Film Gmbh, créée en 1979 pour le marché des vidéocassettes VHS, appartenant également à Bertelsmann, via le RTL Group.
  2. O. Séguret (1994), citant Kreimeier, infra.
  3. Le « Hugenberg-Konzern » est une holding allemande de communication, l'une des plus importantes de l'entre deux guerres : elle comprend le groupe éditorial Scherl, des journaux, des agences de presse, d'actualité (comme la Transocean) et de publicité.
  4. Cf. analyse d'Olivier Séguret dans Libération, 31 décembre 1994.

Articles connexes[modifier | modifier le code]