Louis-Marie Grignion de Montfort

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Louis-Marie Grignion de Montfort
Image illustrative de l'article Louis-Marie Grignion de Montfort
Saint prêtre et Confesseur
Naissance
Montfort-sur-Meu
(Ille-et-Vilaine)
Décès (à 43 ans) 
Saint-Laurent-sur-Sèvre
(Vendée)
Nationalité française
Béatification  à Rome
par Léon XIII
Canonisation  à Rome
par Pie XII
Fête 28 avril

Louis-Marie Grignion de Montfort, né le 31 janvier 1673 à Montfort-sur-Meu, en Ille-et-Vilaine (France) et mort le 28 avril 1716 à Saint-Laurent-sur-Sèvre en Vendée (France), est un prêtre catholique français, fondateur de deux congrégations religieuses: la Compagnie de Marie (Pères montfortains) d'où seront issus les Frères de Saint-Gabriel et une congrégation féminine : les Filles de la Sagesse. Il est aussi le représentant majeur de la seconde génération de l'école française de spiritualité. Béatifié en 1888 par Léon XIII, il est canonisé en 1947 par Pie XII. Liturgiquement il est commémoré le 28 avril.

Biographie[modifier | modifier le code]

Maison natale de Louis-Marie Grignion, à Montfort-sur-Meu.

Issu d'une famille de dix-huit enfants, Louis-Marie Grignion est né en Bretagne, en 1673, à Montfort-la-Cane dans l'actuel département d'Ille-et-Vilaine (qui n'existait pas en 1673). Peu de temps auparavant ses parents avaient perdu leur premier enfant, mort à cinq mois. Louis était donc l'aîné de la très nombreuse famille composée en tout de huit garçons et de dix filles. Son père, avocat au bailliage de Montfort, exerce une profession qui ne lui procure pas suffisamment de revenus pour nourrir sa famille. Il s'installa donc à la campagne, où les produits des terres aideront toute la maisonnée à vivre. Jean-Baptiste Grignion, coléreux et violent, n'est pas un père commode, et le petit Louis vit souvent pleurer sa tendre mère. Cette dernière, qui s'appelait Jeanne, élevait ses enfants de son mieux malgré les nombreuses difficultés causées par la pauvreté.

Louis naquit dans un foyer chrétien, et dès le lendemain de sa naissance, on le porta à l'église Saint-Jean, où le baptême le fit devenir fils de Dieu. Rapidement, on le met en nourrice chez une fermière des environs. Il gardera de la vie campagnarde l'amour de la nature et de la solitude où l'on trouve plus facilement le Seigneur que dans l'agitation des villes. C'est son père qui lui donna, semble-t-il, les premiers éléments d'instruction.[1] Il est d'abord élève des jésuites, à Rennes, avant d'aller se préparer au sacerdoce, à Paris.

Louis-Marie fait vœu de pauvreté en quittant Rennes pour Paris. Il est ordonné prêtre en 1700, et se consacre à la prédication dans des missions rurales qui s'organisent, alors, dans l'Ouest et le Centre de la France. Il prêche à Nantes et dans les communes alentour, notamment à Poitiers . Il réorganise l'hôpital de cette ville et en est nommé aumônier. Montfort a beaucoup aimé les pauvres mais contrairement à ce que l'on croit il ne s'occupe pas que des pauvres. Ses amitiés spirituelles avec le marquis de Magnanne et les époux de la Garaye en sont la preuve.

Il fonde en 1703, avec Marie-Louise Trichet, une congrégation religieuse féminine, hospitalière à l'origine, les Filles de la Sagesse, qui étend très vite son activité à l'enseignement.

Le 6 juin 1706, il est reçu en audience par le pape Clément XI espérant être envoyé en mission outremer, mais le pape lui demande de rester en France avec le titre de missionnaire apostolique. Il rentre en France, se rend à Notre-Dame des Ardilliers à Saumur, puis au Mont Saint-Michel et commence ensuite son apostolat des missions. Jusqu'à sa mort, en dix ans, Montfort prêche dans une dizaine de diocèses, depuis Saint-Brieuc jusqu'à Saintes et de Nantes à Rouen. En 1712, il rédige à La Rochelle son ouvrage le plus connu et le plus important : le Traité de la Vraie dévotion à la Sainte Vierge.

Tôt après son ordination sacerdotale, il désire réunir, au sein d'une 'Compagnie de Marie', des prêtres et des catéchistes, dûment formés. À sa mort, il n'a que deux collaborateurs : le père Mulot et le père Vatel formé au séminaire de Claude Poullart des Places, son ami de jeunesse. Après sa mort, ce noyau se développe en deux directions: la Compagnie de Marie, congrégation religieuse de missionnaires ruraux (les 'Pères montfortains') et la congrégation des Frères du Saint-Esprit, devenue les Frères de Saint-Gabriel au XIXe siècle, qui se donne pour mission d'offrir une éducation chrétienne aux enfants et aux jeunes.[2]

Lors d'une mission paroissiale, il meurt à 43 ans, épuisé par la fatigue et les pénitences, à Saint-Laurent-sur-Sèvre (en Vendée) où son corps repose. Son dernier sermon a pour thème la douceur de Jésus et ses derniers mots sont les suivants : «Allons, mes bons amis, allons en paradis. Quoiqu'on gagne en ces lieux, le paradis vaut mieux»[2].

Reconnaissance et canonisation[modifier | modifier le code]

Écrits[modifier | modifier le code]

Les principales œuvres de Montfort sont :

  • l'Amour de la Sagesse éternelle ;
  • le Traité de la vraie dévotion à la Vierge Marie ;
  • le Secret de Marie;
  • la Lettre circulaire aux Amis de la Croix ;
  • le Secret admirable du très saint Rosaire pour se convertir et se sauver ;
  • la Prière embrasée ;
  • les Cantiques.

Les œuvres complètes du saint sont publiées en 1966 par les éditions du Seuil.

L'Amour de la Sagesse Éternelle est une œuvre de jeunesse dont l'authenticité est mise en question, sans fondement scientifique, par le Père Bernard Guitteny, montfortain. Cet écrit est attribué à tort, par le Père Bernard Guitteny, à Charles Besnard, supérieur des Montfortains et des Filles de la Sagesse, au milieu du XVIIIe siècle. Cette thèse qui va contre toute la tradition montfortaine est démentie rigoureusement par ses confrères montfortains, Mgr Huot et le Père Pérouas, chercheur au CNRS.

Les cantiques populaires sont publiés par le Père Fradet au début des années 1930. la première édition comporte une longue introduction d'une centaine de pages très intéressante. Dans les œuvres complètes, on ne trouve que les manuscrits des cantiques. Fradet, après une critique sévère, a inséré dans son ouvrage des cantiques transmis par la tradition.

Le Traité de la vraie dévotion a probablement été écrit en 1712 à La Rochelle. Il a été égaré à la suite de la Révolution et retrouvé en 1842. le Secret de Marie résume dans une lettre à une religieuse la doctrine du traité. C'est donc un écrit plus bref.

Le Traité de la vraie dévotion est l'ouvrage le plus important de Montfort. Selon toute la tradition (saint Augustin, saint Bernard, saint Bonaventure, saint Jean Damascène) que résume Montfort, le salut passe par Elle : Elle est toute la raison de l'espérance des vrais enfants de Dieu. C'est pourquoi, selon Louis-Marie Grignion, le chrétien a tout intérêt à s'abandonner complètement à l'amour de la Mère de Dieu, qui intercède sans cesse auprès de Jésus et du Père pour les hommes, et puisqu'Elle est immaculée, sans péché, Dieu ne peut qu'accepter les demandes qui viennent de Marie.

La consécration à Marie, de Louis-Marie Grignion de Montfort, est souvent prononcée par ceux qui souhaitent s'en remettre à la Vierge Marie. On s'y prépare par une période de trente ou trente-trois jours : douze jours pour se vider de l'esprit du monde, sept jours pour se vider de ce qu'il y a de mauvais en nous, sept jours pour acquérir la connaissance de la Vierge Marie et sept jours pour acquérir la connaissance de Jésus-Christ, la Sagesse incarnée. Au terme de la préparation, on se confesse, on assiste à la sainte messe et après la communion on récite le texte de la consécration avec l'intention de se donner totalement à la Vierge Marie, spécialement la valeur surnaturelle des bonnes actions faites pour l'amour de Dieu et en état de grâce.

Voici le "cœur" de la consécration dont le texte est beaucoup plus long :

« Je vous choisis, aujourd'hui, Ô Marie,
En présence de toute la Cour Céleste, pour ma Mère et ma Reine.
Je Vous livre et consacre, en qualité d'esclave,
Mon corps et mon âme, mes biens intérieurs et extérieurs,
Et la valeur même de mes bonnes actions passées, présentes et futures,
Vous laissant un entier et plein droit de disposer de moi
Et de tout ce qui m'appartient, sans exception,
Selon Votre bon plaisir, à la plus grande Gloire de Dieu,
Dans le temps et l'éternité ».

Il est à noter qu'on a voulu changer cette consécration et remplacer le mot "esclave" par "soumission". Aucun des anciens auteurs spirituels et des anciens commentateurs n'accepte ce genre de changement. Tout esclave est soumis, mais toute personne soumise n'est pas forcément esclave. C'est donc que les deux termes ne sont pas interchangeables. Montfort, dans le Traité de la vraie dévotion fait d'ailleurs toute une étude pour montrer que sa dévotion est le saint esclavage et non pas la simple servitude.

Montfort a souhaité regrouper les esclaves de Marie dans une confrérie qui n'a vu le jour qu'en 1899 à Ottawa dans la paroisse Notre-Dame de Lourdes grâce à Mgr Duhamel. Cette confrérie existe toujours sous le titre de Confrérie Marie Reine des Cœurs.

Jean-Paul II et la spiritualité de Louis-Marie Grignion de Montfort[modifier | modifier le code]

Lors d'une audience, le 13 octobre 2000, Jean-Paul II raconte comment son directeur spirituel lui a conseillé de méditer sur le Traité de la Vraie Dévotion à Marie, alors qu'il est séminariste clandestin et qu'il travaille à l'usine Solvay de Cracovie : « J'ai lu et relu plusieurs fois, avec un grand intérêt spirituel, ce précieux petit livre ascétique, dont la couverture bleue s'était tachée de soude. »[4].

D’après sa lettre apostolique, Rosarium Virginis Mariae[5], Totus Tuus, sa devise épiscopale et papale, lui a été inspirée par saint Louis-Marie Grignion de Montfort. Elle est extraite d’un passage d’une prière présente dans le Traité de la Vraie Dévotion à Marie : « Totus Tuus ego sum et omnia mea tua sunt. Accipio Te in mea omnia ! » (Je suis tout à toi, et tout ce que j'ai est à toi. Sois mon guide en tout). »[6].

Dans son livre Entrez dans l’Espérance (1994)[7], le pape explique le choix de cette devise : « Grâce à saint Louis-Marie Grignion de Montfort, j’ai compris que l’authentique dévotion à la Mère de Dieu est véritablement christocentrique, profondément enracinée dans le mystère trinitaire, et dans ceux de l’incarnation et de la rédemption ».

Le 19 septembre 1996, Jean-Paul II se rend à Saint-Laurent-sur-Sèvre, pour se recueillir sur la tombe de Louis-Marie Grignion de Montfort.

Hommages[modifier | modifier le code]

Différents lieux ou monuments perpétuent le souvenir de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alexis Crosnier, Un grand semeur évangélique Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), Toulouse, Apostolat de la prière, , 86 p. (ASIN B008TSFV1).
  • Louis Le Crom, Un apôtre marial, Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), Pontchâteau, Librairie mariale, Calvaire Montfort, , 479 p. Réédition en 2003 par les Éditions Clovis.
  • Georges Rigault, Saint Louis-Marie Grignion De Montfort, Les Traditions Françaiseso, .
  • Mgr Alfred Ancel, La vraie dévotion a la Sainte Vierge : quelques réflexions sur le traite de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Lyon, Prado, (ASIN B003WVR8V8).
  • Benedetta Papasogli, L'homme venu du vent : Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Éditions Bellarmin, , 416 p. (ASIN B00J1L2ZO8).
  • Louis-Marie Clénet, Grignion de Montfort : Le Saint de la Vendée, Librairie Académique Perrin, coll. « Présence de L'histoire », (ISBN 978-2-262005-28-3, notice BnF no FRBNF34947043).
  • René Laurentin, Petite vie de Louis-Marie Grignion de Montfort, Desclée de Brouwer, coll. « Petite vie de-- », , 152 p. (ISBN 978-2-220056-64-7).
  • http://jesusmarie.free.fr/grignion_traite_vraie_devotion_a_la_sainte_vierge.html

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Agnès Richomme (ill. Robert Rigot), Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Fleurus, coll. « Belles histoires et belles vies », (ISBN 2-215-00-576-9)
  2. a et b « St Louis-Marie Grignion de Montfort : par amour de Marie », sur Radio Notre Dame, .
  3. Saint Louis-Marie Grignion de Montfort sur abbaye-saint-benoit.ch
  4. « Audience de Jean-Paul II aux participants au 8e colloque international de mariologie », sur vatican.va,
  5. « Jean-Paul II, Lettre apostolique Rosarium virginis mariae, 2002, par.15 », sur vatican.va
  6. Louis-Marie Grignion de Montfort, Traité de la vraie dévotion à Marie, verset 233
  7. Entrez dans l’Espérance, avec Vittorio Messori, 1994, Cf. p. 306, Rééd. Pocket, 2003, 331 pages, (ISBN 2-266-14091-4)
  8. http://www.freres-saint-gabriel.org

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Liens externes[modifier | modifier le code]