Patenôtrier

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Patenôtrier au XVe siècle.

Un patenôtrier est un fabricant des chapelets (patenôtre ou rosaire). Organisés depuis la Renaissance en corporations ou en confréries, ils travaillaient sur des matières souvent riches, car les chapelets pouvaient faire appel à l'émail, aux perles, à la nacre, à l'ambre, à l'argent, au corail, voire à l'or. Les patenôtriers-émailleurs savaient imiter les perles, le jais, le corail et l'ambre. Ils utilisaient également du bois d'olivier.

Organisation du métier en corporations ou confréries[1][modifier | modifier le code]

Articles connexes : Corporation et Confrérie.

Les paternôtriers existent depuis le Moyen Âge, puisque l'on comptait par exemple quatorze d'entre eux à Paris sous le règne de Philippe le Bel[2].

Les patenôtriers formaient quatre corporations[3] (ou trois confréries) décrites dans le Livre des métiers d'Étienne Boileau[4] :

  • patenôtriers d'ambre et de jais (ou jaïs, jayet, gaïet)
  • patenôtriers de corail et de coquilles de nacre
  • patenôtriers d'os[5] et corne
  • patenôtriers de boucles (boules et anneau pour vêtements etc... )

Les apprentis passaient entre cinq, huit (os) dix (jais) et douze (corail) années d'apprentissage pour devenir maîtres émailleurs et s'ils prenaient la fuite, le maître patenôtrier devait les attendre au moins une année et un jour. L'entrée dans la confrérie était payante (5 sous)[réf. souhaitée]. Il y avait plusieurs patenôtriers gardiens de la confrérie.

Fabrication et matières utilisées pour les paternoster[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rosaire.
Article connexe : La prière du Pater Noster.

En latin un chapelet paternoster s'appelait fila de paternoster,(pro filis de Pater nostris ) numeralia de paternoster.

Les paternoster étaient de plus en plus luxueux, avec reliques, or, etc... De Laborde cite « quatre patenôtres d'or, à la façon de Venise, plein de Musc et d'Ambre » et un autre fait « de musc, fait de fils d'or et de soie bleue, garnie de boutons de perles » offertes par la Reine de Chypre [réf. souhaitée].

Les maîtres patenôtriers étaient aussi appelés maîtres patenôtriers-émailleurs ou maîtres patenôtriers « en émail » et dépendaient de la corporation de faïenciers émailleurs (ou verriers et cristallins (Patenôtriers = chapelets, perles, boutons, bracelets, colliers etc.... Un patenôtrier du nom de Jacquin a ainsi inventé la fausse perle)[réf. souhaitée].

À la différence du rosaire et du chapelet d'aujourd'hui, le paternoster ou patenôtre se terminait souvent par un galon non par une croix, comme les koboloi grecs.

Imitations[modifier | modifier le code]

Le patenôtrier-émailleur était spécialisé dans l'art de la perle fausse : il imitait l'ambre, le jais, le corail, les perles fines. Des pâtes composées de diverses poudres et mélangées de parfum servaient à faire chapelets et colliers (ceci était interdit à la confrérie des patenôtriers de jais, ambre et corail qui devaient travailler les matières naturelles). Ils mettaient ces globules de pâte en moules, les argentaient et les teignaient pour imiter corail, jais ou ambre[6].

Chronologie[modifier | modifier le code]

Jeton des marchands verriers, faïenciers, émailleurs, patenôtriers (1767)
  • 1556 : Élection en corps de jurande (Charles IX)
  • 1599 : Confirmation par Henri IV (Lettres patentes)
  • 1706 : Louis XIV rassemble les maîtres émailleurs et les verriers en une seule corporation : ils deviennent «  Maîtres émailleurs, patenôtriers, boutonniers en émail, verre et cristallin, maîtres verriers, couvreurs de flacons et bouteilles en osier, faïence et autre espèce de verre, de la ville de Paris ».

Homonymie[modifier | modifier le code]

Le « patenôtrier » est le nom du faux pistachier ou staphylea pinnata dont les graines servaient jadis à fabriquer des chapelets[7], comme celles du styrax aliboufier de la forêt de Méounes-les-Montrieux.

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Source : Article de Panckouke voir Bibliographie et de Boileau
  2. Eugène de La Gournerie, Histoire de Paris et de ses monuments, A. Mame et Cie, 1852, p. 70-71
  3. Abel Hugo, France pittoresque: ou description pittoresque, topographique et statistique, Vol. III, Delloye, 1835, p. 104
  4. Livre des métiers d'Etienne Boileau - Statuts et Règlements des patenôtriers - Introduction XXXIX et XL Table des matières p. 418, accessible sur Gallica ou aussi Réglements sur les Arts et Métiers de Paris, Rédigés au XIIIe Siècle : accessible sur Google Books
  5. « L'objet du mois : déchets d'un atelier de patenôtrier », Pôle archéologique de l'agglomération d'Orléans, 27 octobre 2016.
  6. Article « Patenôtrier Emailleur » Encyclopédie méthodique : arts et métiers mécaniques ... : tome deuxième publié par Charles Joseph Panckoucke ( Paris) sur Google Livres page 420 et suivantes
  7. François Rozier, Cours complet d'agriculture, ou Nouveau dictionnaire d'agriculture théorique et pratique d'économie rurale et de médicine vétérinaire: rédigé sur le plan de l'ancien dictionnaire de l'Abbé Rozier, Volume 1, Pourrat Frères,

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • De Laborde, Notice des émaux, bijoux et objets divers exposés dans les galeries du musée du Louvre
  • Art de l'émailleur et patenôtrier. In : Encyclopédie méthodique: arts et métiers mécaniques ... : tome deuxième publié par Charles Joseph Panckoucke , (París), Jacques Thévin (Madrid), pp. 401/429(1783)
  • A. Girouard, L'Historique du Chapelet à Saumur, 1934
  • Thèse, Alfort, 1990, N°66 KESSLER, D.
  • (en) Arthur MacGregor, Bone, antler, ivory & horn: the technology of skeletal materials since the Roman period, Londres, Groom Helm, (ISBN 978-0709932420), p. 102

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]