Thierry Jonquet

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Thierry Jonquet
Alias
Martin Eden
Ramón Mercader
Naissance
Paris, Drapeau de la France France
Décès (à 55 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale
Distinctions
3 Trophées 813
Prix Mystère de la critique 1994 & 1999
Médaille d’honneur de la LICRA
Auteur
Langue d’écriture français

Œuvres principales

Thierry Jonquet est un écrivain français, né le dans le 14e arrondissement de Paris et mort à l'hôpital de la Salpétrière à Paris le . Auteur de polar contemporain, il a écrit des romans noirs où se mêlent les faits divers et la satire politique et sociale. Il a également publié sous les pseudonymes de Martin Eden et Ramón Mercader[1], et utilisé les noms de Phil Athur et Vince-C. Aymin-Pluzin lors d'ateliers d'écriture.

Biographie[modifier | modifier le code]

Thierry Jonquet a une enfance marquée par le cinéma. Il fait ses études secondaires au lycée Charlemagne à Paris, puis étudie la philosophie à l'université de Créteil et, plus tard, l'ergothérapie. Il travaille ainsi en gériatrie.

Devant le spectacle de la mort omniprésente, il commence à écrire pour raconter l'horreur et pour rendre hommage à un pensionnaire avec qui il s'était lié d'amitié. Lassé de l'environnement hospitalier, il brigue un poste d'instituteur. Il se voit affecté à un centre de neuropsychiatrie infantile. Puis il est nommé par l'Éducation nationale dans les cités de banlieue nord-parisienne où il est responsable d'une classe de section d'éducation spécialisée.

Tous ces métiers l'ont mis en contact avec les « éclopés de la vie », « lui a permis de découvrir le monde des vieillards oubliés, des handicapés, des délinquants, tableau complet de la défaillance de nos sociétés »[2]. Lorsque Thierry Jonquet découvre assez tardivement les romans de la Série noire, il peut faire le lien entre la violence du réel et la violence littéraire. Il publie son premier roman, Mémoire en cage, en 1982.

Si les romans sont de pures fictions où il réinvente la réalité, il puise dans les faits divers, en revendiquant une totale liberté. Son roman Moloch lui vaut ainsi un procès. Bien que ses romans mettent en scène une société malade qui engendre la violence, la haine, le désir de vengeance, Thierry Jonquet refuse de porter l'étiquette d'auteur engagé. Même s'il ne cache pas qu'il est un homme de gauche, ses convictions ne s'expriment que très discrètement dans son œuvre. Thierry Jonquet mène de front deux activités distinctes — celle de scénariste et celle de romancier. Les personnages de son roman Les Orpailleurs ont donné naissance à une série télévisée, Boulevard du Palais. Il est aujourd'hui reconnu comme l'un des grands auteurs de romans noirs et ses livres sont autant de merveilles de construction, d'angoisse et d'intelligence narrative[3].

Son livre Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte est adapté par Emmanuel Carrère pour la télévision sous le titre Fracture en 2010, pour un téléfilm réalisé par Alain Tasma.

Son roman Mygale est adapté en 2011 au cinéma par le réalisateur espagnol Pedro Almodóvar, sous le titre La piel que habito.

Il raconte son engagement militant à Lutte ouvrière, puis à la Ligue communiste révolutionnaire et Ras l'Front dans Rouge c'est la vie, où il disait de lui :

« J'écris des romans noirs. Des intrigues où la haine, le désespoir se taillent la part du lion et n'en finissent plus de broyer de pauvres personnages auxquels je n'accorde aucune chance de salut. Chacun s'amuse comme il peut[4]. »

Lors de ses obsèques, un certain nombre d'anciens militants de la LC/LCR sont présents dont Romain Goupil.

Pseudonymes[modifier | modifier le code]

Thierry Jonquet utilise quatre pseudonymes pendant s carrière :

  • Il publie trois romans sous le pseudonyme de Ramón Mercader, le nom de l'assassin de Léon Trotski[5].
  • Sous le pseudonyme collectif de Martin Eden, il met sous forme de roman pour Presses Pocket en 1989 cinq épisodes de la série télévisée David Lansky scénarisée par Frédéric H. Fajardie, qui met en scène un commissaire joué par Johnny Hallyday. Jonquet connaissait à l'époque quelques difficultés financières et a été démarché par le directeur de la collection. « Une expérience d'écriture automatique, assez inattendue » selon lui[6].
  • Il utilise également deux autres pseudonymes, pour deux ateliers d'écriture : Phil Athur et Vince-C. Aymin-Pluzin[7].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Œuvre[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • Mémoire en cage (Albin Michel, coll. « Sanguine » no 6, 1982 ; édition revue et corrigée, Gallimard, coll. « Série noire » no 2397, 1995 ; réédition, Gallimard, coll. « Folio policier », no 119, 1999)
  • Le Bal des débris (Fleuve noir, coll. « Spécial Police » no 1848, 1984 ; réédition, Points, coll. « Roman noir » no P2293, 2010)
  • Mygale (Gallimard, coll. « Série noire » no 1949, 1984 ; édition revue et corrigée, Gallimard, coll. « Folio » no 2684, 1995 ; réédition, Gallimard, coll. « Folio policier », no 52, 1999)
  • La Bête et la Belle (Gallimard, coll. « Série noire » no 2000, 1985 ; réédition, Gallimard, coll. « Folio policier », no 106, 1999)
  • Le Manoir des immortelles (Gallimard, coll. « Série noire » no 2066, 1986 ; réédition, Gallimard, coll. « Folio policier », no 287, 2003)
  • Le Secret du rabbin (Clims, 1986 ; réédition, Gallimard, coll. « Folio policier », no 199, 2001)
  • Comedia (Payot, coll. « Roman », 1988 ; réédition, Gallimard, coll. « Folio policier », no 390, 2005)
  • Le pauvre nouveau est arrivé ! (Manya, 1990)
  • Les Orpailleurs (Gallimard, coll. « Série noire » no 2313, 1993 ; réédition, Gallimard, coll. « Folio policier » no 2, 1998 - Prix des lecteurs des CE de Saint-Nazaire, Prix Mystère de la Critique, Trophée 813 du meilleur roman, Prix Polar Michel Lebrun)
  • La Vie de ma mère ! (Gallimard, coll. « Série noire » no 2364, 1994)
  • Moloch (Gallimard, coll. « Série noire » no 2489, 1998 ; réédition, Gallimard, coll. « Folio policier », no 212, 2001) - Trophée 813 du meilleur roman 1998, prix Mystère de la Critique 1999)
  • Ad vitam æternam (Seuil, coll. « Fiction & Cie », 2002)
  • Mon vieux (Seuil, 2004)
  • Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte (Seuil, 2006 ; réédition, Points, coll. « Roman noir » no P1814, 2007), titre emprunté au poème de Victor Hugo À ceux qu’on foule aux pieds
  • Vampires (Seuil, 2011 ; réédition, Points, coll. « Roman noir » no P2746, 2012), roman inachevé, publié à titre posthume

Récits[modifier | modifier le code]

  • Quelques dimanches au bord de Marne (Amattéis, 1990, avec Patrick Bard)
  • L’Enfant de l’absente, avec Jacques Tardi et Jacques Testart (Le Seuil, coll. « La Dérivée », 1994)
  • La Banlieue des quatre dimanches (Le Parcours, 1996, avec Patrick Bard)
  • Rouge c’est la vie (Seuil, coll. « Fiction & Cie », 1998)
  • Jours tranquilles à Belleville (Méréal, coll. « Black process », 1999)

Recueils de nouvelles[modifier | modifier le code]

  • La Vigie et autres nouvelles (L’Atalante, coll. « Insomniaques & ferroviaires », 1998)
  • La Folle aventure des Bleus… suivi de DRH (Gallimard, coll. « Folio 2  » no 3966, 2004)
  • 400 coups de ciseaux et autres histoires (Seuil, coll. « Seuil Policiers », 2013 ; réédition, Points, coll. « Roman noir » no P3222, 2014)

Ouvrages de littérature d'enfance et de jeunesse[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • On a volé le Nkoro-Nkoro (Syros jeunesse, coll. « Souris noire » no 8, 1986)
  • L’Ogre du métro (Nathan, coll. « Arc-en-poche » no 873, 1988 ; réédition sous le titre Lapoigne et l’ogre du métro, Nathan, coll. « Pleine lune policier » no 4, 1994)
  • Paolo Solo (Nathan, coll. « Arc-en-poche » no 611, 1989)
  • Pourquoi demander la lune ? (Nathan, coll. « Marque-page », 1990)
  • Un enfant dans la guerre (Gallimard Jeunesse, coll. « Page blanche », 1990)
  • Belle-Zazou (Mango poche, coll. « Série verte » no 8, 1993 ; réédition sous le titre Les Fantômes de Belleville, Mango jeunesse, 2002)
  • Lapoigne et la fiole mystérieuse, Paris, Nathan, coll. « Arc-en-poche » no 650, 1993 ; ill. par Erwann Surcouf, Paris, Gallimard jeunesse, coll. « Folio junior » no 1403, 2006 (ISBN 2-07-057180-7)
  • La Bombe humaine (Syros jeunesse, coll. « Souris noire » no 4, 1994 ; réédition sous le titre L'Homme en noir (Mango jeunesse, coll. « Biblio Mango » no 307, 2003)
  • Lapoigne à la chasse aux fantômes (Nathan, coll. « Pleine lune policier » no 31, 1995)
  • Lapoigne à la Foire du Trône (Nathan, coll. « Pleine lune policier » no 72, 1997)

Ateliers d'écriture[modifier | modifier le code]

  • Plus de toutous du tout (Ville de Rennes, 1991, sous le pseudonyme de Phil Athur)
  • C’est trop ! (Ville de Rennes, 1991, sous le pseudonyme de Vince C. Aymin Pluzin)
  • Sur la piste de Bostanzim (Findakly, 1999)

Nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Le Témoin (in Pages noires, Gallimard, coll. « Page noire », 1995)
  • Nadine (in À mots ouverts, manuel scolaire de français de classe de 5e, sous la dir. de Alain Pagès, Nathan, 2001)

Romans sous pseudonymes[modifier | modifier le code]

Sous le pseudonyme de Ramón Mercader[modifier | modifier le code]

  • Du passé faisons table rase (Albin Michel, coll. « Sanguine » no 14, 1982) > réédité sous le nom de Thierry Jonquet chez Gallimard, coll. « Folio policier », no 404, 2006)
  • Cours moins vite, camarade, le vieux monde est devant toi ! (Fleuve noir GF, 1984)
  • URSS Go Home ! (Fleuve noir GF, 1985)

Sous le pseudonyme de Martin Eden[modifier | modifier le code]

  • Hong-Kong-sur-Seine (Presses Pocket no 3331, série David Lansky no 1, 1989, novélisation)
  • L’Enfant américain (Presses Pocket no 3332, série David Lansky no 3, 1989, novélisation)
  • Le Gang des limousines (Presses Pocket no 3333, série David Lansky no 5, 1989, novélisation)
  • Prise d'otages (Presses Pocket no 3334, série David Lansky no 2, 1989, novélisation)
  • Mort d'un flic (Presses Pocket no 3335, série David Lansky no 4, 1989, novélisation)

Bandes dessinées, avec Jean-Christophe Chauzy[modifier | modifier le code]

  • La Vigie (Casterman, “ BD À Suivre ”, 2001) (Adaptation par T. Jonquet de sa nouvelle)
  • La Vie de ma mère, face A (tome 1/2) (Casterman, coll. « Un monde », 2003)
  • La Vie de ma mère, face B (tome 2/2) (Casterman, coll. « Un monde », 2003)
  • DRH (Casterman, “ Un monde ”, 2004) (Adapt. par T. Jonquet de sa pièce radiophonique La Leçon de management)
  • Du papier faisons table rase (Casterman, coll. « Un monde », 2006)

Filmographie[modifier | modifier le code]

En qualité de scénariste[modifier | modifier le code]

En qualité d'auteur adapté[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ramón Mercader est le nom de l'assassin de Trotsky
  2. Jean Tulard, Dictionnaire du roman policier, 1841-2005 : auteurs, personnages, œuvres, thèmes, collections, éditeurs, Fayard, 2005, p. 382
  3. préface Thierry Jonquet, La folle aventure des bleus : Suivi de DRH, Paris, Gallimard (no 3966), (ISBN 978-2-070-42946-2).
  4. « Thierry Jonquet est mort », NouvelObs.com, (consulté le 10 août 2009).
  5. « Décès de l'auteur de romans noirs Thierry Jonquet », Le Point, (consulté le 10 août 2009).
  6. Temps noir, mars 2005, no 9, p. 41.
  7. Page Pseudonymes du site Thierry Jonquet de J.M. David.
  8. Voir littérature de la Shoah.
  9. Voir Liste de romans sur la Shoah.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie critique[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]