Paul Singer (homme d'affaires)

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Paul Singer
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Paul Singer à la réunion annuelle du Forum économique mondial en 2013.
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (77 ans)
New YorkVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Avocat, financier, journalisteVoir et modifier les données sur Wikidata
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Parti politique

Paul Singer est un homme d'affaires américain, né le à New York. Il est le fondateur, président, et co-directeur général, et co-directeur des investissements d’Elliott Management Corporation, l'un des plus grands fonds d'investissement activistes au monde[1]. Singer a été décrit par certains comme l’un des « gestionnaires de fonds les plus intelligents et les plus tenaces dans l’industrie des hedge funds »[2], tandis que le fonds a parfois été décrit comme un « fonds vautour »[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Paul Singer a grandi à Teaneck, New Jersey au sein d'une famille juive. Il est l'un des trois enfants d'un pharmacien de Manhattan et d'une femme au foyer. Il obtient un diplôme en psychologie en 1966. Ensuite, il fait des études de droit à la faculté de droit de Harvard avant de commencer une carrière d'avocat à Wall Street. En 1974, Singer commence à exercer comme avocat au sein du pôle immobilier de Donaldson, Lufkin & Jenrette, une banque d’investissement[4].

Politiquement, il soutient le Parti républicain[5].

Il est signataire de l'organisation The Giving Pledge et il milite pour la cause des droits LGBT. Il a également donné 14 millions de dollars à diverses causes militaires, dont Spirit of America, la fondation Bob Woodruff, le fonds Semper Fi, et le fonds le Special Operations Warrior entre autres.

Singer joue du piano et du clavier et a joué dans plusieurs groupes de musique amateurs[2].

Elliott[modifier | modifier le code]

Singer crée le fonds le hedge fund Elliott Associates LP en 1977 avec 1,3 million de dollars prêtés par des proches[6].C’est l’un des premiers hedge funds de Wall Street[7].Elliott Management Corporation est la filiale de gestion d’actifs du fonds et, au , celle-ci gérait plus de 34 milliards de dollars en actifs sous gestion[8].La principale caractéristique d’Elliott est de limiter l’exposition aux facteurs extérieurs et d’investir dans des situations où la mise à disposition de ses ressources peut améliorer les résultats finaux. Elliott Management met en œuvre plusieurs stratégies de l’investissement, dont les titres de dette liquide, les actifs sous-évalués, l’arbitrage des risques, les actions et les biens immobiliers[9].Elliott se consacre principalement aux stratégies activistes, c’est-à-dire l’acquisition de participations dans des entreprises et l’engagement actif via la mise en œuvre de bonnes pratiques de gestion[10].Qualifié de "spécialiste de l'activisme dans les entreprises technologiques", par le Wall Street Journal en [11], le portefeuille varié d’Elliott Management comprend également une composante technologique importante[12].

Investissements[modifier | modifier le code]

D’après Forbes, Elliott Management Corporation avait proposé en d'acheter l'entreprise de logiciels Compuware après avoir pris 8 % de ses actions. Selon Elliott, Compuware est une entreprise prometteuse mais sous-performante sous sa gestion à l’époque[13].

En , Elliott Management a investi dans Sigfox[14], un opérateur de réseau basé à Toulouse. En , le fonds a annoncé détenir de 2,5% des actions de Pernod Ricard, une société française spécialisée dans la production et la distribution de vins et de spiritueux[15].

Rachat de dettes souveraines[modifier | modifier le code]

Elliott est connu pour ses investments importants en dette souveraine, dont le fonds poursuit le remboursement par voie de justice : en Argentine en 2014[16], mais aussi au Congo dans les années 2000 et au Pérou dans les années 1990.Paul Singer a expliqué qu’il considère le litige comme dernier recours dans la situation où il y a un désaccord concernant la séniorité de créanciers ou une réclamation[17].

Argentine[modifier | modifier le code]

En , au plus fort de la crise économique argentine, Domingo Cavallo (alors ministre de l'Économie) annonce le défaut de paiement du pays face à ses créanciers. Pendant des années, les gouvernements successifs vont négocier une restructuration de la dette : 93 % des investisseurs finissent par accepter une décote de l'ordre de 70 %, et un calendrier de remboursement sur plusieurs années. Elliott, qui détenait des obligations argentines d’une valeur nominale de 630 millions de dollars (qui valent aujourd’hui 2,3 milliards de dollars), a refusé d’accepter l’offre de l’Argentine de moins de 30 cents par dollar. Elliott a eu gain de cause dans un certain nombre de des jugements contre l’Argentine devant les tribunaux américains et britanniques mais n’a perçu aucun paiement. En , une filiale d’Elliott, NML Capital, a organisé la saisie du navire de guerre argentin ARA Libertad au Ghana, qu’elle avait l’intention de confisquer conformément à des jugements judiciaires lui attribuant plus de 1,6 milliard de dollars d’actifs argentin[18],[19].

En 2012, le juge new-yorkais Thomas Griesa interdit alors à l'Argentine de continuer à rembourser la dette restructurée en 2005 et 2010 tant que les fonds vautours ne seraient pas remboursés au préalable[20].

En , le procès qui a eu lieu à New York se solde par une décision en faveur de NML et contre l’Argentine. Certains experts juridiques l’ont appelé le « procès du siècle de la dette souveraine »[21] Dans une tribune publiée dans le Financial Times, les experts juridiques Andreas F. Lowenfeld et Peter S. Smedresman ont défendu la position de NML.[22]

En 2014, pour faire pression sur l'Argentine, ce « hedge fund » lance une vague de saisies en France, visant des comptes officiels et institutions argentins, y compris à la Banque de France[23].

Le fonds obtient en 2016 deux milliards de dollars de l’État argentin ce qui représente une plus-value de 2 500%[20].

Activités offshore, paradis fiscaux et proximité avec Donald Trump[modifier | modifier le code]

Paul Singer fait partie des conseillers, donateurs et membres du cabinet de Donald Trump, repéré par l'International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ) comme hommes d'affaires proches alliés de Trump à Wall Street, et comme bénéficiant des réseaux de paradis fiscaux[24]. Les autres conseillers et/ou donateurs auxquels Donald Trump est également redevable, et qu'il a souvent appelé voire nommé près de lui durant son mandat de président, et étant dans ce cas sont Stephen Schwarzman, Wilbur Ross, les frères Koch, Rex Tillerson, Sheldon G. Adelson, Steve Wynn, Thomas J. Barrack Jr., Gary Cohn, Robert Mercer, Carl Icahn, Geoffrey Harrison Palmer, Randal Quarles[24]. Très opposé à la taxation des riches, Schwarzman a comparé le plan de l’administration Obama visant à augmenter les taxes dues par les dirigeants de Hedge funds à l‘« invasion de la Pologne par Hitler » (s’excusant ensuite de cette analogie qu'il a reconnue inappropriée)[24].

En novembre 2017, il est cité dans les fuites des Paradise Papers, en compagnie d'autres proches de Donald Trump[25].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Emily Stewart, « Elliott Management: What is it, and who is behind it? », sur ABC News, (consulté le )
  2. a et b (en) « Mitt Romney’s hedge fund kingmaker », sur Fortune, (consulté le )
  3. Chloé Dussapt, « Qui est Paul Singer, le milliardaire intraitable qui a ruiné l'Argentine », sur Challenges, (consulté le )
  4. (en) « Mitt Romney’s hedge fund kingmaker », sur Fortune (consulté le )
  5. (en) « Hedge Fund Chiefs, With Cash, Join Political Fray », The New York Times, .
  6. (en-GB) Stephen Foley, « Paul Singer, the hedge fund holdout », sur Financial Times, (consulté le )
  7. (en-GB) Helia Ebrahimi, « Paul Singer's Elliott Management takes the fight to National Express », The Telegraph,‎ (ISSN 0307-1235, lire en ligne, consulté le )
  8. (en-US) « About Elliott », sur Elliott Management (consulté le )
  9. (en-US) « Core Strategies », sur Elliott Management (consulté le )
  10. Placements, « Les 20 plus importants hedge funds de la planète (partie 1) », sur Objectif Eco, anticiper pour s'enrichir (consulté le )
  11. (en-US) David Benoit et Lisa Beilfuss, « Elliott Management Pushes for Change at Citrix », sur WSJ, (consulté le )
  12. (en) Michael Flaherty, « EMC-Dell talks highlight Elliott's clout across tech sector », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le )
  13. (en) Nathan Vardi, « Billionaire Hedge Fund Manager Bets On Mainframe Computers », Forbes, .
  14. Fabienne Schmitt, « Sigfox lève 100 millions d’euros et accélère à l’international », sur Les Echos, (consulté le )
  15. « Pernod Ricard dans les griffes du fonds activiste Elliott », sur Capital.fr, (consulté le )
  16. « Elliott, le fonds vautour qui fait trembler l'Argentine », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  17. (en) Frank Wiebe et Thomas Jahn, « Paul Singer: Investment, Not Greed », sur www.handelsblatt.com, (consulté le )
  18. Vittorio De Filippis, « L’Argentine au bord du gouffre financier », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le )
  19. (en) Agustino Fontevecchia, « The Real Story Of How A Hedge Fund Detained A Vessel In Ghana And Even Went For Argentina's 'Air Force One' », sur Forbes, (consulté le )
  20. a et b « L’Argentine se libère enfin des fonds vautours », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  21. (en-GB) Benedict Mander, « Argentina in $6.5bn offer to debt holdouts », sur Financial Times, (consulté le )
  22. (en-GB) « Subscribe to read », sur Financial Times (consulté le )
  23. Elliott, ce fonds « vautour » qui défie l’Etat français
  24. a b et c « The Influencers - ICIJ », sur projects.icij.org (consulté le )
  25. « Paradise Papers: l'entourage de Trump rompu aux paradis fiscaux », sur LExpress.fr, (consulté le )