Racca

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Racca
(ar) الرقة
Vue de la ville.
Vue de la ville.
Administration
Pays Drapeau de la Syrie Syrie
Muhafazah (محافظة) Racca
Démographie
Population 196 529 hab. (2009)
Géographie
Coordonnées 35° 57′ 00″ Nord 39° 01′ 00″ Est / 35.95, 39.0166667
Altitude 258 m
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Syrie

Voir sur la carte administrative de Syrie
City locator 14.svg
Racca

Racca, Rakka, Raqqa(h), ar-Raqqa ou ar-Raqqah selon les systèmes de translittération (arabe : الرقة), est une ville du centre de la Syrie. C'est la capitale du gouvernorat homonyme.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Située dans le Nord du pays, la ville de Racca est établie sur les rives de l'Euphrate en aval du lac el-Assad, à 170 km à l'est d'Alep.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les fortifications.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Selon la légende, elle aurait été fondée par Alexandre le Grand au vu de sa situation avantageuse sur l'Euphrate. En réalité, elle doit sa fondation sous le nom de Nikephorion (en grec Νικηφόριον, latinisé en Nicephorium), au roi Séleucos Ier qui règne de 305 à 281 av. J.-C. Vers 244, Séleucos II fait agrandir la ville et la renomme d'après son surnom Kallinikos (en grec : Καλλίνικος, latinisé en Callinicum) signifiant « grand vainqueur ». Elle fait alors partie de l'Osroène. Par la suite, elle porte successivement le nom de Léontopolis sous le règne de l'empereur byzantin Léon Ier le Thrace puis Constantinopolis.

Période byzantine[modifier | modifier le code]

Les Byzantins en font une forteresse défensive contre le danger perse mais perdent la ville lors de la bataille de Callinicum, le . Les armées sassanides de Kavadh Ier dirigées par Sepahbod Azarethes (en) battent les troupes de Bélisaire, général de l'empereur Justinien.

Période musulmane[modifier | modifier le code]

La ville devenue musulmane en 639 gagne en splendeur sous les califes Hicham, qui y fait construire deux palais, et Al Mansour, qui restaure la ville en 754 avant d'en faire sa seconde capitale. Sa position stratégique lui permet de protéger Byzance et Bagdad. Plus belle que jamais et prospère, la ville attire le calife Hâroun ar-Rachîd qui y établit sa résidence d'été et donne à l'élue son nouveau nom d'Al Rafiqa. Un programme de construction est mis en place pour renforcer la ville et en faire un symbole de l'hégémonie abbasside. L'invasion mongole de 1258 met un terme définitif à cette époque de gloire.

Histoire récente[modifier | modifier le code]

Dans le contexte de la guerre civile syrienne, la ville tombe aux mains des rebelles du Front al-Nosra le , ce qui en fait la première capitale provinciale revendiquée être aux mains de l'opposition depuis le début du conflit déclenché en 2011[1]. En juin de la même année, la ville passe sous contrôle des islamistes de l'État islamique qui en font leur quartier général, puis la capitale officieuse de l'État islamique autoproclamé[2],[3].

Le , huit frappes aériennes de l'aviation syrienne tuent 53 personnes, en majorité des civils[4]. Le 25 novembre suivant, de nouveaux bombardements particulièrement massifs de l'aviation syrienne font au moins 95 morts dont 52 civils au moins[5].

Le 19 décembre de la même année, une centaine de djihadistes étrangers y sont exécutés par l'EI, alors qu'ils tentent de fuir les combats[6],[7].

Début novembre 2015, la rumeur d'un prochain assaut de forces américaines et kurdes sur Racca se répand dans la région et dans la presse. Les indices qui viennent à l'appui de ces rumeurs sont l'envoi de « forces spéciales américaines » au nord de la Syrie, à la frontière turque, la rumeur répandue par des alliés des forces kurdes, les exécutions par l'État islamique d'informateurs à l'intérieur et à l'extérieur de la ville[8],[9]

Le , la France, en réponse aux attentats perpétrés deux jours plus tôt sur son territoire, envoie une vingtaine de bombes sur le siège de l'État islamique situé dans la ville[10]. Au sol, les forces gouvernementales progressent et sont à proximité de Raqqa le 14 février 2016[11].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Myriam Ababsa, Raqqa, territoires et pratiques sociales d'une ville syrienne, Institut français du Proche-Orient, Beyrouth, 2009, 362 p. (ISBN 978-2-35159-155-0) (texte remanié d'une thèse)
  • Christophe Fourvel (texte), Raqa, l'histoire n'est encore qu'un regard d'enfant, Mediapopéd., Mulhouse, 2011, 44 p. (ISBN 978-2-918932-05-5) (photographies réalisées par un enfant syrien le 17 juillet 2010)
  • (en) Marilyn Jenkins-Madina, Raqqa revisited: ceramics of Ayyubid Syria, Metropolitan Museum of Art, New York ; Yale University Press, New Haven, London, 2006, 247 p. (ISBN 0-300-11143-6)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]