Bucéphale

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Bucéphale
Alexandre det01.jpg
Alexandre chevauchant Bucéphale à la bataille d'Issos, mosaïque de la Maison du Faune à Pompéi
Informations
Espèce
Cheval thessalien
Sexe
Date de naissance
Date de décès
Lieu de décès
Pakistan actuel
Propriétaire
Fait notable

Bucéphale (en grec ancien Βουκέφαλας / Bouképhalas) est le cheval d’Alexandre le Grand. Il meurt à la bataille de l'Hydaspe en 326 av. J.-C. Alexandre a fondé en hommage une cité, Bucéphalie (ou Alexandria Boukephalous), aujourd'hui Phalia au Pakistan), sur les rive du fleuve Jhelum, à l'endroit où le cheval a été enterré.

Sources[modifier | modifier le code]

Les principales sources au sujet de Bucéphale sont Plutarque dans la Vie d'Alexandre[1] et Arrien dans l'Anabase[2].

Nom[modifier | modifier le code]

Son nom vient de βοῦς / boûs, « le bœuf », et de κεφαλή / kephalê, « la tête ». Diverses explications ont été avancées :

  • Ce serait le nom d'une race de chevaux thessaliens, fort réputés dans l'Antiquité, qui se distinguent par une marque en forme de tête de bœuf sur l'épaule ou sur la hanche[3],[4],[5].
  • Bucéphale aurait porté une liste marque blanche sur la tête) en forme de tête de bœuf[6],[7].
  • Le nom ferait allusion à l'aspect farouche du cheval[8],[9].
  • Le cheval porterait sur la tête une ou deux protubérances en forme de corne[10],[11].
  • La tête de Bucéphale ressemblerait à celle d'un bœuf[12],[4].

Apprentissage et dressage[modifier | modifier le code]

Alexandre et Bucéphale, François Schommer, avant 1935

Selon la tradition grecque, Bucéphale descendrait d'une des juments de Diomède. Un marchand thessalien, Philonicos, originaire de Pharsale[13], le montre à Philippe II de Macédoine, mais le cheval se montre si rétif que Philippe refuse de l'acheter. Au moment où il ordonne qu'on emporte le cheval, Alexandre, fils de Philippe, exprime ses regrets, et son père conclut l'achat, à condition que ce soit Alexandre qui dompte la bête, faute de quoi il devra payer lui-même l’achat pour la somme considérable de 13, voire 16 talents[14]. Alexandre remarque que le cheval a peur de son ombre (qu'il est ombrageux) et réussit à le dompter en le plaçant face au soleil le temps de le calmer et de l'apprivoiser. Après cela, Bucéphale n'accepte d'être monté que par Alexandre.

Plutarque donne à cette anecdote une portée prophétique. Voyant la réussite de son fils, Philippe lui aurait déclaré : « Mon enfant, cherche un royaume à ta mesure. La Macédoine n’est pas assez grande pour toi. Car c'est toi le nouveau roi. »

Alexandre et Bucéphale[modifier | modifier le code]

Le jeune Alexandre dressant Bucéphale. Monnaie d'époque romaine.

Depuis lors, Alexandre et Bucéphale font équipe. Devenu roi, c'est en montant Bucéphale qu'Alexandre conduit la cavalerie macédonienne, dans toutes les batailles qui les mènent de la Grèce jusqu'à l'Inde.

Selon Plutarque, Bucéphale serait mort de ses blessures après la bataille de l'Hydaspe en 326 av. J.-C. Selon d'autres auteurs, Bucéphale serait mort de vieillesse à l'âge de 30 ans[15]. Alexandre fonde sur son tombeau la ville de Bucéphalie (Alexandria Boukephalous), actuelle Phalia au Pakistan, sur les rive du Jhelum. On voit sur certaines monnaies des successeurs d'Alexandre Bucéphale comme un cheval cornu, les cornes étant un symbole de divinité dans l'Orient ancien.

Postérité[modifier | modifier le code]

Monnaie de Séleucos Ier montrant Bucéphale avec des cornes.

Bucéphale est aussi le nom donné à l'un des chevaux du groupe ornant la fontaine de la place du Quirinal à Rome.

C'est également le nom du cheval légendaire du baron de Münchhausen. Il apparaît notamment dans le film de Terry Gilliam Les Aventures du baron de Münchhausen sorti en 1988.

Dans Le Nouvel Avocat, la première nouvelle de son recueil Un médecin de campagne, paru en 1919, Franz Kafka imagine Bucéphale devenu avocat.

Salvador Dalí a fait une lithographie avec pour sujet Bucéphale.

Dans son troisième album, Le Jour du poisson (1997), le chanteur Thomas Fersen narre l'histoire d'un cheval de course nommé Bucéphale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Plutarque, Vie d'Alexandre, 6.
  2. Arrien, Anabase, V, 19.
  3. Arrien, V, 19, 5 ; Pline l'Ancien, Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne], VIII, 154, 1 ; Solinus, XLV, 8 ; tous trois mentionnent également au moins une autre explication. Voir aussi le scholiaste du vers 23 des Nuées d'Aristophane ; Etymologicum Magnum, 207, 50 et suivantes ; Etymologicum Gudianum, 113, 41 et suivantes ; Souda à l'article κοππατίας ; Tzétzès, Chiliades, I, 810 et suivantes, etc.
  4. a et b Anderson, p. 7.
  5. Anderson, p. 3-5.
  6. Arrien, Anabase, V, 19, 5 ; Excerpta Vaticana, 183.
  7. Anderson, p. 5-6.
  8. Pline l'Ancien, VIII, 154, 1 ; Solinus, XLV, 8.
  9. Anderson, p. 6.
  10. Solinus, XLV, 8. Hypothèse mentionnée mais rejetée par l’Etymologicum Magnum et l’Etymologicum Gudianum ; retenue par le Roman d'Alexandre en prose français
  11. Anderson, p. 6-7.
  12. Strabon, Géographie [détail des éditions] [lire en ligne], XV, 698 ; Aulu-Gelle, V, 2 ; Festus, 32 M. Hypothèse mentionnée mais rejetée par le scholiaste des Nuées, 23 et par Tzétzès, Chiliades, I, 810 et suivantes.
  13. Plutarque, Alexandre, VI. Arrien, Anabase, V, 19, 5
  14. 13 talents pour Plutarque (Vie d'Alexandre, 6) ; 16 talents chez Pline l'Ancien (VIII, 49).
  15. Onésicrite, cité par Plutarque (Vie d'Alexandre, 61) et Arrien (V, 19).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Andrew R. Anderson, « Bucephalas and His Legend », The American Journal of Philology, vol. 51, no1 (1930), p. 1-21.
  • (en) A. D. Fraser, « The "Breaking" of Bucephalus », The Classical Weekly, vol. 47, no2 (16 novembre 1953), p. 22-23.
  • (en) Harry Thurston Peck, Harper's Dictionary of Classical Antiquities, New York, Harper & Brothers, (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]