Prosper Alfaric

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Prosper Alfaric (né à Livinhac-le-Haut le 21 mai 1876 et mort à Paris le 28 mars 1955) est un historien spécialiste du christianisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et formation[modifier | modifier le code]

Né dans une famille paysanne de l’Aveyron, Prosper Alfaric, élevé dans la foi catholique est ordonné prêtre en avril 1899. Il enseigne tout d'abord la philosophie aux grands séminaires de Bordeaux et de Bayeux avant d'enseigner le dogme au séminaire d’Albi.

Abandon progressif de la foi[modifier | modifier le code]

Après ses études, portant entre autres sur l'exégèse allemande, Prosper Alfaric, alors prêtre promis à un grand avenir, perd progressivement la foi pour des raisons intellectuelles. Selon Pierre Colin, étudiant la crise du modernisme cet abandon fut progressif. La tentation ne l'avait pas encore effleuré lorsqu'il commença à enseigner la philosophie comme sous-diacre au Grand Séminaire de Bayeux en 1898. Sa véritable évolution commence en 1902 lorsqu'il se met à lire Descartes, Spinoza, Kant, Herbert Spencer. Ce dernier penseur en particulier le trouble. Il écrit dans De la foi à la raison qui fut publié en 1959 par l'Union rationaliste que la vision d'un monde chez Spencer « dont tous les composants ont entre eux des relations infiniment variées et sont en voie de perpétuels changements, ouvrait à mon esprit des perspectives illimitées dont je m'enthousiasmai »[1]. Il découvre alors les revues éditées par Lagrange et Alfred Loisy et il est avant tout « impressionné par le livre d'Albert Houtin sur La question biblique chez les catholiques de France au XIXe siècle. Il suit avec un intérêt passionné les publications de Loisy. En particulier ses Études évangéliques et son livre sur Le Quatrième Évangile»[2]. Il avoue alors que cette dernière étude fit sur lui une impression si forte qu'« Une des assises de ma croyance à l'Évangile s'effondrait »[3]. Il est dès lors fortement embarrassé quand on lui demande d'enseigner non plus la philosophie mais la théologie à Bordeaux (1904-1905) et ensuite à Albi (1905-1906). Il ne se tire d'embarras « qu'en transposant l'enseignement de la dogmatique sur un plan purement historique »[2].

Rupture avec l'Église[modifier | modifier le code]

Mais cet accord réalisé entre une dogmatique en quelque sorte intemporelle et la critique récemment développée dans le modernisme ou les études exégétiques en général est précaire. En 1907 le décret et l'encyclique condamnant Loisy le placent en contradiction avec les positions anti-modernistes du pape Pie X, alors qu'il appartient lui-même à une aile gauche du modernisme[4]. Pierre Colin considère cet abandon progressif de la foi chez Alfaric comme permettant de « prendre la mesure du phénomène »[5] moderniste. Et pour y parvenir il compare, au départ de son monumental ouvrage sur les dimensions philosophiques du modernisme, l'itinéraire d'Alfaric, tel qu'il vient d'être exposé, à celui d'un personnage fictif, le héros éponyme de Joseph Malègue dans le roman Augustin ou Le Maître est là. Le personnage fictif et le personnage réel, écrit Pierre Colin sont « Tous deux pris dans une crise dont ils subissent l'impact intellectuel et religieux. Des objections qui sont pour une part philosophiques et pour une part exégétiques se conjuguent pour ébranler leur foi. Mais le plus grave vient des conditions dans lesquelles se déroule cette crise. Le milieu catholique auquel ils appartiennent résiste à l'expression de doutes ou de questionnements fondamentaux (…) À ceci s'ajoute le fait qu'il faut bien constater, même s'il résiste aux explications : le trouble n'aurait pas été ce qu'il a de fait été si les innovations n'avaient pas immédiatement trouvé des censeurs sans indulgence ni compréhension »[6].

Après la rupture[modifier | modifier le code]

Quoiqu'il ne fût pas un proche d'Alfred Loisy, il sollicite ses conseils pour la préparation de sa reconversion en vue de son abandon de la soutane. Alfred Loisy lui offre alors ses conseils et lui ouvre son carnet d'adresses[7]. Alfaric abandonne sa condition religieuse en 1909[8] et reprend des études d'histoire, puis se spécialisa dans l'histoire des religions ; il prépare sa thèse en Allemagne et la soutient en Sorbonne[9]. En 1910, bien qu'il ait déjà perdu la foi, la sympathie qu'il éprouve pour l'évêque d'Albi Eudoxe-Irénée Mignot — un des prélats soutenant Loisy et pour lequel Alfaric avait rédigé plusieurs mandements[10] – lui fait accepter la rédaction d'une apologie du Sillon mis à mal par le courant conservateur de l'Église catholique[11] et qui sera dissous peu après.

Il approfondit l'étude de la philosophie, sous la férule de penseurs tels que Lucien Lévy-Bruhl, Léon Brunschvicg ou Victor Delbos, et obtient, en 1919, la chaire d’histoire des religions de l’université de Strasbourg qu’on venait de créer, ainsi que l'Institut d'Histoire des religions, dans l'intention non dissimulée « d'établir un contrepoids laïc l'enseignement des deux facultés de théologie, maintenues dans l'université de Strasbourg par statut dérogatoire[12] » et qui devient, après Paris, le centre le plus important pour l’étude de l’histoire des religions. Dès son arrivée, il crée la bibliothèque de l'Institut qui compte rapidement plusieurs milliers d'ouvrages et reste en poste jusqu'en 1939[13].

Au cours des années 1920-1930, ses travaux sur les Évangiles et les Épîtres de Paul de Tarse, lui ouvrent l'accès à des revues scientifiques avec validation et comités de lecture[14].

Durant la guerre, il accompagne l’université de Strasbourg dans son repli à Clermont-Ferrand jusqu’en 1945 avant d'être remplacé après sa retraite à la libération par Marcel Simon[13]. Il milite alors à la Ligue de l'enseignement et à l'Union rationaliste, qu'il présidera en 1955. Il fonde avec Georges Ory le cercle Ernest-Renan en 1949[15], voué à l'histoire des religions, à la critique biblique et à la recherche des origines du christianisme.

Les théories mythistes[modifier | modifier le code]

Il sera frappé d'excommunication majeure, déclaré vitandus[16], et puni de la peine de dégradation par décret du Saint Office en date du 29 juillet 1933[17]. Cette excommunication est prononcée à la suite de la publication, en collaboration avec Paul-Louis Couchoud et Albert Bayet, de son ouvrage Le Problème de Jésus et les origines du christianisme[18] pour ses thèses sur l'inexistence historique de Jésus de Nazareth et de Marie de Nazareth. L'œuvre de cet érudit, à l'origine de la plupart des théories mythistes contemporaines, est cependant restée confinée aux cercles des spécialistes pendant une cinquantaine d'année, jusqu'à ce que le philosophe Michel Onfray préface en 2005 la publication d'un regroupement des articles d'Alfaric sous le titre Jésus-Christ a-t-il existé ?[19].

Henri Desroche rapproche certains éléments de ses théories de la notion de messianose de Pierre-Joseph Proudhon[20]. L'essentiel de sa thèse repose sur l'absence de mention de Jésus chez les historiens du Ier siècle, en particulier chez Juste de Tibériade. Dans les articles qui en parlent, Alfaric signale que l'œuvre de Juste a été perdue. Il signale que Photius de Constantinople[21] qui, au IXe siècle, l'a lue[22], s'est étonné de n'y rien trouver concernant Jésus.

Cependant, pour érudits qu'aient pu être ses travaux sur Jésus de Nazareth et le christianisme des origines, les revues scientifiques de validation avec des comités de lecture n'ont jamais publié les thèses mythistes d'Alfaric. Elles le seront uniquement dans le Bulletin du Cercle Ernest Renan[15], cercle cofondé par Alfaric lui-même en 1949[23] et les Cahiers Rationalistes, revue de l'Union Rationaliste.

Il se brouilla avec son collègue Charles Guignebert[24] qui combattit dans son Jésus, en 1933[25], les six thèses mythistes de Couchoud, de B. Smith, de Robertson, de Jensen, de Kalthoff, et de Drews, sans jamais parler de celles de Bayet ou de celles de son collègue Alfaric, qu'il avait poussé pour l'obtention de la chaire de Strasbourg.

Les théories mythistes que défendait Alfaric sont désormais frappées d'obsolescence[26], infirmées par les progrès ultérieurs de la recherche, à l'instar de ses travaux défendant l'idée d'un christianisme aux origines esséniennes[27].

En effet, la thèse de l'inexistence historique de Jésus, apparue à la fin du XVIIIe siècle et restée marginale au sein de la recherche historique académique, a été complètement rejetée par les spécialistes universitaires du christianisme ancien depuis la fin des années 1930[28]. Elle apparaît aujourd'hui comme dépassée[26] même si elle a continué d’être reprise régulièrement par des auteurs pour la plupart en dehors du circuit académique, « dans une certaine presse marquée par l'idéologie et pas assez par la connaissance scientifique »[29], se diffusant notamment par le biais d’Internet[30].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Jésus a-t-il existé ?, préfacé par Michel Onfray, éd. Coda, 2005. contient Jésus a-t-il existé ? de 1932, Comment s’est formé le mythe du Christ ? de 1947, et Le problème de Jésus. de 1954.
  • A l'école de la raison : études sur les origines chrétiennes, éd. Nouvelles éditions Rationalistes, 1988 (1re éd. 1959)
  • De la foi à la raison, éd. Nouvelles éditions Rationalistes, rééd. 1984 (1re éd. 1932)
  • Origines sociales du christianisme, Publications de l’Union Rationaliste, 1959
  • Jean Macé, Fondateur de la Ligue Française de l'Enseignement, éd. Le Cercle Parisien, 1955
  • Les manuscrits de la "Vie de Jesus" d'Ernest Renan, éd. Les Belles Lettres, Publications de la Faculté des Lettres de l'Universite de Strasbourg, 1939
  • Pour comprendre la vie de Jésus, Examen critique de l`évangile selon Marc, éd. Rieder, Paris, 1929
  • Laromiguiere et son École, éd. Les Belles Lettres, 1929
  • Les écritures Manichéennes, 2 tomes : I. Vue Générale et II. Étude Analytique, éd. Émile Nourry, 1918
  • L' évolution intellectuelle de saint Augustin. éditeur Émile Nourry, Paris, 1918.

Collectifs[modifier | modifier le code]

  • P. Alfaric, Paul-Louis Couchoud et Albert Bayet, Le Problème de Jésus et les Origines du Christianisme, éd. Bibliothèque Rationaliste, Les œuvres représentatives, Paris, 1932

Articles[modifier | modifier le code]

  • « La préparation évangélique », in Revue de l'histoire des religions, 1925, vol.46-91, p. 153-174
  • « Le Jésus de Paul », in Revue de l'histoire des religions, 1927, vol.48-95, p. 256-286
  • « Les prologues de Luc », in Revue de l'histoire des religions, 1937, vol.58-115, p. 37-52
  • « Gnostiques et gnosticisme », in Revue de l'histoire des religions, 1926, vol.47-93, p. 108-115
  • « Christianisme et gnosticisme », in Revue Historique, 1924, vol. 145, p. 42

Postérité[modifier | modifier le code]

On trouve une avenue Prosper-Alfaric à Decazeville, et une rue Prosper-Alfaric à Igny et à Vénissieux ; il existe aussi une école primaire Prosper-Alfaric dans son village natal de Livinhac-le-haut.

Chevalier de la Légion d'honneur[31] (promotion 1934).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Prosper Alfaric, De la foi à la raison, éd. Union Rationaliste, Paris, 1959, p. 135
  2. a et b Pierre Colin, De l'audace au soupçon. La crise du modernisme dans le catholicisme français 1893-1914, éd. Desclée de Brouwer, 1997, p. 43
  3. Prosper Alfaric, De la foi à la raison, éd. Union Rationaliste, Paris, 1959, p. 140
  4. Alexander Roper Vidler in A Variety of Catholic Modernists, éd Cambridge University Press, 1970, cité par Antoine Guillaumont citant, Chroniques in Revue de l'histoire des religions, tome 186 no 2, 1974, p. 232, extrait en ligne
  5. Pierre Colin, De l'audace au soupçon. La crise du modernisme dans le catholicisme français 1893-1914, éd. Desclée de Brouwer, 1997, p. 38
  6. Pierre Colin, De l'audace au soupçon. La crise du modernisme dans le catholicisme français 1893-1914, éd. Desclée de Brouwer, 1997, p. 44
  7. Préface de Michel Onfray à la publication d'un regroupement des articles d'Alfaric sous le titre Jésus-Christ a-t-il existé ?, éd. Coda, 2005
  8. ou 1908, ou 1910.
  9. Prosper Alfaric, De la foi à la raison, éd. Union Rationaliste, Paris, 1959, 267-268
  10. Ordonnance ou notification d'un évêque pour son diocèse
  11. Prosper Alfaric, De la Foi à la Raison, éd. Union rationaliste, 1955, p. 235, cité par Albert Marty, L'Action française racontée par elle-même, éd. Nouvelles éditions latines, 1968, p. 448, extrait en ligne
  12. Institut d'histoire des religions
  13. a et b Claude Lorentz, Les fonds anciens de l’université Marc-Bloch de Strasbourg : historique, essai d’évaluation et situation générale, Mémoire d'étude pour l'École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques, 2000 document en ligne
  14. Comme la Revue d'Histoire des Religions d'Émile Guimet ou la Revue d'Histoire de Gabriel Monod ; cf. bibliographie
  15. a et b Il convient de distinguer ce cercle de la Société Ernest Renan, fondée en 1919 par Paul Alphandéry pour enseigner l'histoire des religions (on a parlé par la suite de fait religieux dans l’enseignement scolaire) et vulgariser l'histoire du christianisme, et du comité de laquelle Alfaric sera membre. Cf. Bulletin de la société Ernest Renan, Revue de l'histoire des religions, tome 143, no 1, 1953, Bulletin
  16. traduction : « qu'il faut éviter »
  17. "Chronique des actes du Saint-Siège", Revue apologétique, 30e année, tome 59, 1934, p. 470, note 1, document en ligne (consulté le 30 août 2010)
  18. P. Alfaric, Paul-Louis Couchoud et Albert Bayet, Le Problème de Jésus et les Origines du Christianisme, Bibliothèque Rationaliste, Les œuvres représentatives, Paris, 1932
  19. Cf. bibliographie
  20. « Cette dernière interprétation était celle de Proudhon et de sa théorie de la Messianose exposée dans un ouvrage au titre proche de celui-ci et récemment réédité. » « À cette mythisation d'un personnage historique, P. ALfaric finit par préférer l'historicisation d'un personnage mythique (p. 363-4), en faisant appel à quelque chose d'ailleurs d'équivalent à la messianose proudhonienne » archive de sciences sociales des religions, 1959, volume 8.
  21. Celui-là même du monoénergisme et du schisme de Photius
  22. Bibliothèque de Photius, ch. 33 :Juste de Tibériade Texte sur le site Remacle.org
  23. En compagnie de Georges Ory, membre de l'union rationaliste.
  24. François Laplanche, La crise de l'origine : La science catholique des Évangiles et l'histoire au XXe siècle, Albin Michel, coll. « Bibliothèque de l'évolution de l'humanité », Paris, 2006, p. 98
  25. Charles Guignebert, Jésus, éd. La Renaissance du Livre 1933, rééd. Albin Michel 1969
  26. a et b Simon Claude Mimouni, Le christianisme des origines à Constantin, éd. P.U.F/Nouvelle Clio, 2006, p. 43
  27. Émile Puech, « Essénisme et christianisme. Les Esséniens, Jean-Baptiste et Jésus » in Les manuscrits de la mer Morte, éd.du Rouergue, 2002, p. 245-281
  28. « Nous ne sommes plus au temps où B. Bauer (1840), ou P. L. Couchoud (1937) s'ingéniaient à nier que Jésus eut existé : le sens de ses faits et gestes, non son existence fait aujourd'hui débat » » introduction de Daniel Marguerat à Jésus de Nazareth: nouvelles approches d'une énigme (Daniel Marguerat, Michel Bouttier, Enrico Norelli, Jean-Michel Poffet), Labor et Fides, 1998, p. 13 [1]. Selon Pierre Geoltrain, fondateur de la chaire des origines du christianisme à la Section des sciences religieuses de l'École pratique des Hautes Études : « quant aux thèses des mythologues qui, devant les difficultés rencontrées par l'historien, ont pensé les résoudre toutes en expliquant les Évangiles comme un mythe solaire ou un drame sacré purement symbolique, elle ne résiste pas à l'analyse. L'étude des Évangiles permet de dire, non seulement que Jésus a existé, mais encore bien plus. » (Pierre Geoltrain, Encyclopædia Universalis, art. Jésus, éditions de 1965 à 2002.)
  29. Simon Claude Mimouni, op. cit. p. 43
  30. Comme le reconnaît le mythiste Earl Doherty : « Le problème est que, à l'exception de Robert M. Price, […] personne dans le milieu académique n'a mis sérieusement en question l'existence de Jésus[…]. Cela montre que la communauté des "extérieurs", centrée sur l'Internet et les ouvrages à compte d'auteur est toujours en avance sur l'établissement académique et universitaire en matière d'innovation et de courage » (The « problem is, with the exception of Robert M. Price, […], no one inside mainstream academia has been seriously questioning Jesus’ existence, […]. It shows that the ‘outsider’ community, centered on the Internet and privately produced books, is still miles ahead of established, university-based academia in its innovation and courage. » [2] -
  31. Travaux de l'université de Strasbourg pendant l'année scolaire 1933-1934

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis-Pierre Sardella, Une amitié intellectuelle au risque du malentendu, Mgr Mignot et l'abbé Prosper Alfaric (1905-1910), in Bulletin de Littérature Ecclésiastique, vol.102, décembre-janvier, 2001
  • Pierre Colin, De l'audace au soupçon. La crise du modernisme dans le catholicisme français 1893-1914, Desclée de Brouwer, Paris, 1997.
  • Henri Desroche, Alfaric (Prosper) Origines sociales du christianisme, in Archives des sciences sociales des religions, 1959, vol. 8, no 1, p. 167-168, article en ligne
  • Michel Onfray, Le magnétisme des solstices, Flammarion, 2013 p. 12-20 ISBN 978-2-0812-9075-4

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]