Herméneutique de Vatican II

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Le concile Vatican II, photographie de Lothar Wolleh.

L'herméneutique de Vatican II est une branche de l'ecclésiologie et de la théologie catholiques qui étudie la portée, la réception et le sens des réformes introduites dans l'Église catholique par le concile Vatican II. L'herméneutique du concile se déploie autour d'une interrogation sur sa nature même : marque-t-il une rupture avec le passé ou en assure-t-il au contraire la continuité ?

Ce domaine de recherche est enseigné dans certaines universités[1] et exploré par des sociétés savantes comme l'« École de Bologne ». Il fait l'objet des publications de spécialistes tels que Walter Kasper, Giuseppe Alberigo, John W. O'Malley, Christoph Theobald ou Gilles Routhier mais aussi du pape Benoît XVI, auquel est attribuée la double expression de « herméneutique de la continuité » et « herméneutique de la discontinuité » pour caractériser les diverses interprétations du concile.

Continuité et discontinuité[modifier | modifier le code]

Dans son discours du 22 décembre 2005 à la curie romaine, Benoît XVI déclarait :

« Pourquoi l'accueil du concile, dans de grandes parties de l'Église, s'est-il jusqu'à présent déroulé de manière aussi difficile ? Eh bien, tout dépend de la juste interprétation du concile ou - comme nous le dirions aujourd'hui - de sa juste herméneutique, de la juste clef de lecture et d'application. Les problèmes de la réception sont nés du fait que deux herméneutiques contraires se sont trouvées confrontées et sont entrées en conflit. […] D'un côté, il existe une interprétation que je voudrais appeler "herméneutique de la discontinuité et de la rupture" ; celle-ci a souvent pu compter sur la sympathie des mass media, et également d'une partie de la théologie moderne. D'autre part, il y a 1"'herméneutique de la réforme", du renouveau dans la continuité de l'unique sujet-Église, que le Seigneur nous a donné[2]. »

Pour Christoph Theobald, la définition de ces deux termes, si elle exprime une antinomie, n'en implique pas moins d'importantes nuances. Il discerne dans le discours du pape une « sorte de retractatio qui remplace l’opposition factice entre une herméneutique de discontinuité et une herméneutique de continuité par celle, plus nuancée, entre une herméneutique de discontinuité et une herméneutique de réforme. Cette dernière introduit une véritable historicité dans la définition des rapports entre sciences et foi, entre l’Église et l’État moderne, entre la foi chrétienne et les religions du monde »[3]. Ainsi le propos de Benoît XVI vise-t-il, selon Theobald, à indiquer que dans les décisions concernant des choses contingentes « seuls les principes expriment l’aspect durable, en demeurant sous-jacents et en motivant la décision de l’intérieur »[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Giuseppe Alberigo, Pour la jeunesse du christianisme : Le concile Vatican II (1959-1965), éditions du Cerf, 2005
  • Benoît XVI et Kurt Koch, Vatican II : L'herméneutique de la réforme, Parole et Silence, 2014
  • Walter Kasper, The Catholic Church : Nature, Reality and Mission, Bloomsbury Publishing, 2015 (ISBN 9781441117540)
  • Roberto de Mattei, Vatican II, une histoire à écrire, Muller, 2013
  • John W. O'Malley, L'Événement Vatican II, Lessius/Cerf, 2011
  • Gilles Routhier, Vatican II : Herméneutique et réception, Montréal, Fides (coll. « Héritage et projet », 64) 460 p., 2006
  • Gilles Routhier, La Réception d'un concile, Cerf, coll. « Cogitatio Fidei » n° 174, 272 p., 1993, rééd. 2012
  • Gilles Routhier, P. Roy et K. Schelkens (dir.), La Théologie catholique entre intransigeance et renouveau : La réception des mouvements préconciliaires à Vatican II, Thurnout, Brepols, coll. « Bibliothèque de la Revue d’histoire ecclésiastique » n° 95, 2012, 363 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]