Divino afflante Spiritu

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Divino afflante Spiritu est une encyclique écrite par le pape Pie XII et donnée à Rome le 30 septembre 1943. L'encyclique commence par les mots : « Sous l'inspiration de l'Esprit Saint [en latin Divino afflante Spiritu], les écrivains sacrés ont composé les livres que Dieu dans sa paternelle bonté a voulu donner au genre humain ».

Présentation[modifier | modifier le code]

L'encyclique Divino afflante Spiritu marque un tournant dans l'attitude de l'Église catholique en matière d'exégèse biblique. D'une part, elle autorise la lecture et l'étude de la Bible dans des traductions autres que la Vulgate de Jérôme de Stridon, qui était jusqu'alors la seule version officielle. D'autre part, elle encourage la critique textuelle (ou « critique basse ») ainsi que la méthode historico-critique (ou « critique haute ») dans l'approche de l'Ancien et du Nouveau Testament[1].

L'exégète Raymond E. Brown a qualifié ce renouveau de « Magna Carta du progrès des études bibliques »[2].

Contenu[modifier | modifier le code]

Divino afflante Spiritu est publié le 30 septembre 1943, en la fête de saint Jérôme, Docteur de l’Église, et l'un de ses plus grands exégètes[3]. Divino afflante Spiritu vient atténuer la condamnation de l'exégèse critique portée par Providentissimus Deus, dont c'était alors le cinquantième anniversaire, et par Pascendi Dominici Gregis.

Tout d'abord, l'inspiration divine des Écritures est réaffirmée en s'appuyant sur les décrets du concile de Trente. Les thèses de demi-inspiration ou d'approbation divine sont rejetées comme insuffisantes ou erronées.

Les travaux de la Commission biblique pontificale et de l'École biblique et archéologique française de Jérusalem sont loués par le pontife. Il fait aussi référence aux changements survenus dans les études bibliques.

Le pape cite saint Augustin pour faire valoir que la méthode historico-critique peut être acceptable lorsqu'elle est nourrie par une grande foi en l'Esprit Saint. Il reconfirme l'autorité de la Vulgate tout en écrivant que les textes originaux peuvent aussi être utilisés pour des motifs pratiques.

Aux exégètes, il est demandé de ne pas se cantonner au seul manuscrit, mais plutôt de se rappeler que l'Écriture est d'abord une parole vivante. La méthode des quatre sens de l'Écriture est recommandée pour mieux saisir le sens littéral et le sens spirituel de l'Écriture

Le Saint-Père encourage la dévotion biblique et l'étude des classiques pour que l'intelligence de l'Écriture puisse de nouveau susciter un vif intérêt dans le monde contemporain.

Par cette encyclique, le pape demande que l'on traduise et interprète les livres bibliques à partir du texte original, hébreu pour l'Ancien Testament, grec ou araméen pour le Nouveau.

Références[modifier | modifier le code]

Les documents magistériels cités sont Bibliorum scientiam, Inter praecipuas, Vinea electa, Quoniam in re biblica, Scripturae Sanctae, Vigilantiae, Hierosolymae in coenobio, Spiritus Paraclitus, De la doctrine chrétienne, De editione et usu Sacrorum Librorum

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Soulen, Richard N. Soulen, R. Kendall Soulen, Handbook of Biblical Criticism (3rd ed.), 2001, Louisville, Kentucky, Westminster John Knox Press, p. 49.
  2. John R. Donahue, The Challenge of the Biblical Renewal to Moral Theology, in O'Brien, William James, Riding Time Like a River : The Catholic Moral Tradition Since Vatican II, 1993, Washington, Georgetown University Press, p. 76.
  3. Texte de l'encyclique Divino afflante Spiritu

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Levie, La Bible, parole humaine et message de Dieu, in coll. Muséum Lessianum, Paris-Bruges, Desclée De Brouwer,1958, pp 157-210.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]