Émile Guimet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Guimet.
Émile Guimet
Émile Guimet 1910.jpg

Émile Guimet lors d'une inauguration au musée Guimet en 1910

Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Émile Étienne GuimetVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Lieu de travail
Activités
Collectionneur d'art, archéologue, industrielVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Enfant
Jean Guimet (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Genre artistique
Distinctions

Émile Guimet, né le à Lyon et mort le à Fleurieu-sur-Saône, est un industriel et collectionneur d'objets d'art français. Il s'est passionné pour les civilisations qu'il a étudiées au cours de nombreux voyages. Ses collections asiatiques ont donné naissance au musée national des arts asiatiques - Guimet.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et jeunesse[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Guimet, le père d'Émile Guimet, est l'inventeur du bleu outremer artificiel (le « bleu Guimet ») et le fondateur de Pechiney. Sa mère Rosalie Bidauld, fille et nièce de peintre à sujets historiques, est elle-même une peintre reconnue de l'École lyonnaise et une musicienne[1]. Dans ses jeunes années Émile pratique la céramique, la peinture et la sculpture[2]. Plus tard, il dirigera une chorale, et composera des œuvres musicales, pour lesquelles il fera construire un orphéon à Neuville-sur-Saône, ville qui lui doit aussi son éclairage public, une école maternelle et une bibliothèque.

Industriel[modifier | modifier le code]

En 1860, Émile prend sans enthousiasme la direction de l'entreprise paternelle dont il hérite en 1871 à la mort de son père. Il développe l'usine que celui-ci avait créée à Fleurieu-sur-Saône dans la banlieue nord de Lyon, en réalisant l'extension des bâtiments, la construction de nouveaux fours, la création d'une halte sur la ligne de chemin de fer voisine et d'un ponton sur la Saône. En 1878, année de l'exposition universelle, l'usine emploie 150 ouvriers et produit 1 000 tonnes d'outremer.

Émile préside également jusqu'à sa mort le directoire de la société Henry Merle et Compagnie, créée quelques années auparavant avec des capitaux familiaux, et qui deviendra Pechiney. L'entreprise florissante se transforme en société anonyme en 1895[3].

Collectionneur[modifier | modifier le code]

Émile Guimet dans son musée admirant une statuette de bronze japonaise, toile de Ferdinand Luigini, 1898.

Parallèlement à ses activités d'industriel, Émile Guimet entreprend des voyages. Le premier date de 1865-1866 en Égypte, destination à la mode des égyptomanes. La visite du musée de Boulaq et des temples antiques le pousse à entreprendre une collection. Il rapporte en France de nombreux objets comme des stèles, statues, sarcophages, figurines funéraires, papyrus, amulettes ou momies[4]. Cependant, pour lui, ceux-ci sont avant tout une incitation à comprendre les civilisations : « Je sentais que ces objets que je réunissais restaient muets et que pourtant ils avaient des choses à me dire, mais que je ne savais pas les interroger. Je me mis à lire Champollion, Chabas, de Rougé, les rares livres d'égyptologie qu'on avait publiés à cette époque. Alors se dressa devant moi cette formidable histoire de l'Égypte, avec ses croyances compliquées, sa religion intense, sa philosophie grandiose, ses superstitions mesquines, sa morale pure. Des comparaisons s'imposaient avec les autres civilisations archaïques. Il fallait tourner mes regards vers l'Inde, la Chaldée, la Chine. »[5]

Tombe d'Émile Guimet dans le cimetière de Loyasse.

En 1876-1877, il fait le tour du monde en compagnie du peintre Félix Régamey, centrant sa collection sur les religions et philosophies des peuples de l'Antiquité et de l'Orient lointain. Il visite l'exposition universelle à Philadelphie. Il passe quelque temps au Japon, qui le marque particulièrement, popularisant le japonisme avec des personnalités comme Félix Bracquemond ou les Goncourt[6].

Guimet veut créer un lieu où exposer ses objets. Il doit s'agir, selon ses propres mots, d'une « usine scientifique »[7]. Un musée d'histoire naturelle - Guimet ouvre donc à Lyon en 1879. Déçu par la fréquentation de son musée et par l'accueil que lui réserve la municipalité, il fait don de ses collections à l'État en 1884[8]. Un nouveau musée Guimet, créé à ses frais, ouvre alors à Paris en 1888, c'est un grand succès public et il en devient directeur à vie[4]. En 1913 cependant, la ville de Lyon ouvre un musée Guimet au sein du muséum d'histoire naturelle, qui sera fermé en juillet 2007, ses collections étant visibles aujourd'hui au musée des Confluences.

Guimet est le cofondateur, dont il est le vice-président en 1900, avec Louis-Émile Bertin (1840-1924), président, de la Société franco-japonaise de Paris dont le siège est au pavillon de Marsan, au sein du palais du Louvre à Paris.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

De retour de son voyage en Orient, il épouse le , Lucie Sanlaville qui meurt après trois mois seulement de mariage, ne lui laissant aucune descendance. Le 4 juin 1877, il se marie avec sa belle-sœur Marthe Sanlaville qui lui donne un fils unique, Jean Guimet (1880 - 1920), qui développe l'entreprise familiale, crée des usines à l'étranger ; en 1940, le bleu Guimet disposera de 140 agents dans le monde. Lui-même est père d'un fils unique, Jacques Émile Guimet (27 avril 1908 - 23 octobre 1989), qui reprend l'entreprise après la Seconde Guerre mondiale, mais doit la céder à un concurrent anglais en 1967. Il crée sur l'emplacement de l'usine de Fleurieu une zone d'activités artisanales.

Œuvres d'Émile Guimet[modifier | modifier le code]

  • Croquis égyptiens : Journal d’un touriste, Paris, 1867
  • Bonjour Kanagawa, illustrations de Félix Régamey Paris, 1876 ; trad. japonaise, Tokyo, 1977.
  • Lettres sur l'Algérie, 1877
  • Rapport au Ministre de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts sur la mission scientifique de M. Émile Guimet dans l’Extrême-Orient, Lyon, 1878
  • Promenades japonaises, illustrations de Félix Régamey, 2 vols, Paris, 1878–80, traduction japonaise, Tokyo, 1982
  • Huit jours aux Indes, Hachette, 1889 (dessins d'après nature par Félix Régamey), Editions Libretto, Coll. Libretto, 2016
  • Tai-Tsoung, opéra en cinq actes, 1894, inspiré de la vie de Tai-Tsoung
  • Le Jubilé du musée Guimet : 25e anniversaire de sa fondation, 1879–1904, Paris, 1904
  • Cinquantenaire du musée Guimet : 1er janvier 1860 – 1er janvier 1910, Paris, 1910

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Paul Chabaud, Peintres autour du Ventoux, Connaissance des pays du Ventoux, , p. 15.
  2. Rénovation du musée national des Arts asiatiques-Guimet.
  3. IHA - Repère Chronologique.
  4. a et b Geneviève Galliano, « Un jour, j'achetai une momie... Émile Guimet et l'Égypte antique », exposition au musée des beaux-arts de Lyon, 30 mars au 2 juillet 2012
  5. cité dans Rénovation du musée national des Arts asiatiques-Guimet
  6. Claude Jacques, « GUIMET (É.) », Universalis
  7. Florence Calament, La révélation d'Antinoé par Albert Gayet : histoire, archéologie, muséographie, Institut français d'archéologie orientale, 2005, p. 66. Il l'appelait aussi son « laboratoire d'idées ».
  8. Jeannine Auboyer, "Guimet, Émile", Grove Art Online.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Audiovisuel[modifier | modifier le code]

  • Sagesses bouddhistes a produit un documentaire en deux parties sur Émile Guimet, réalisé par Michel Baulez et diffusé sur France 2 les 3 et 10 janvier 2016[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hervé Beaumont, Les Aventures d'Emile Guimet. Un industriel voyageur, Éditions Flammarion, , 376 p. (lire en ligne)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]