Porte Saint-Honoré

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Porte Saint-Honoré
(première porte)
Illustration de la Porte Saint-Honoré
Porte Saint-Honoré de l'enceinte de Philippe Auguste vers 1530 (plan de Braun et Hogenberg)
Précédent Sens anti-horaire
Porte de Buci
Porte Saint-Honoré Sens horaire
Porte Montmartre
Suivant
Géographie
Boulevard (s) nos 148 et 150 rue Saint-Honoré
Coordonnées 48° 51′ 43″ nord, 2° 20′ 25″ est
Transports en commun
Métro Ligne (1) Louvre - Rivoli

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Point carte.svg

La porte Saint-Honoré est une porte disparue de Paris.

Elle fut la principale porte d'entrée de la Ville à l'ouest vers Saint-Germain-en-Laye (avec la porte Saint-Denis au nord vers Saint-Denis, la porte Saint-Antoine à l'est vers Vincennes, et la porte Saint-Jacques au sud vers Orléans). Il y eut successivement trois portes Saint-Honoré, au fur et à mesure de l'extension des différentes enceintes de la Ville, s'échelonnant le long de la rue Saint-Honoré. Elles furent l'une après l'autre détruites pour faciliter le ravitaillement et la circulation dans Paris.

Différentes portes[modifier | modifier le code]

Première porte (début du XIIIe siècle)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Enceinte de Philippe Auguste.

La première porte Saint-Honoré, appelée communément barrières des Sergents[1],[2],[3], se trouvait au niveau des nos 148 et 150[4] de la rue Saint-Honoré, soit juste devant la façade de l'actuel temple protestant de l'Oratoire du Louvre, juste après le croisement avec la rue de l'Oratoire (48° 51′ 42,84″ N, 2° 20′ 25,03″ E) ; l'impasse des Peintres marque l'emplacement du chemin de ronde extérieur[5]. Construite sous le roi Philippe II Auguste en 1190-1200, elle a été détruite au XVIe siècle (en 1533[6] ou vers 1545[7] selon les sources).

La station de métro la plus proche est celle Louvre - Rivoli (ligne (1)).

Deux tours de huit mètres de diamètre et de quinze de haut encadraient une ouverture ogivale fermée par deux vantaux de bois et protégée par une herse. La forteresse du Louvre (un donjon de trente-deux mètres de haut entouré de sa propre enceinte haute de vingt mètres, le tout construit en 1190-1202) la protégeait contre une attaque par terre comme par le fleuve venant de Normandie, alors propriété des Plantagenêt, ennemis des rois de France.

Elle doit son nom à la collégiale Saint-Honoré qui a donné son nom à la rue Saint-Honoré.

Deuxième porte (fin du XIVe siècle)[modifier | modifier le code]

Porte Saint-Honoré
(deuxième porte)
Illustration de la Porte Saint-Honoré
Plaque commémorative
Précédent Sens anti-horaire
Porte de Buci
Porte Saint-Honoré Sens horaire
Porte Montmartre
Suivant
Géographie
Boulevard (s) nos 161 et 165 rue Saint-Honoré
Transports en commun
Métro Ligne (1) Palais Royal - Musée du Louvre

L'exactitude de l'emplacement de la deuxième porte a été confirmée en 1866, lors de travaux effectués sur les égouts. D'une profondeur de 8,34 mètres sur 18,50 m de longueur environ, la deuxième porte Saint-Honoré se trouvait entre les nos 161 et 165 de la rue Saint-Honoré (sur l'actuelle place André-Malraux, près du Palais-Royal). Construite sous le roi Charles V en 1380 à 500 mètres plus à l'ouest que la première porte, elle a été démolie en 1636 (48° 51′ 48,51″ N, 2° 20′ 05,77″ E)[8].

La station de métro la plus proche est celle Palais Royal - Musée du Louvre (lignes (1)(7)).

Cette porte fortifiée était constituée par une bastide formant saillie en avant de la muraille, surmontée de tourelles ; le passage se faisait sous une voûte de dix-huit mètres de long. L'entrée côté faubourg était protégée par un double pont-levis (charretier et piétonnier) donnant sur un pont franchissant deux fossés, d'abord un en eau de trente mètres de large puis un second sec de quinze mètres, avec une avant-porte entre les deux fossés (les plans de 1552, Quesnel de 1609 et Merian de 1615 la représentent assez fidèlement). L'ensemble s'allongeait sur quatre-vingt mètres de longueur, jusqu'à la rue de l'Échelle (ancienne « rue des Fossés »), qui est l'ancien chemin de ronde au-delà des fossés.

Article détaillé : Enceinte de Charles V.

Après le sacre de Charles VII à Reims, Jeanne d'Arc, se dirige sur Paris pour délivrer la ville alors aux mains des Anglais. Le , elle combat à Montépilloy et loge le 3 septembre dans le village de la Chapelle avec les ducs d'Alençon et de Bourbon, les comtes de Vendôme et de Laval, les maréchaux Gilles de Rais et Lahire et leurs troupes. Après avoir effectué pendant plusieurs jours des reconnaissances et des escarmouches sur diverses portes de Paris, Jeanne d'Arc pria dans la chapelle Sainte-Geneviève avant de donner l'assaut à Paris.
Le jeudi 8 septembre 1429, au petit matin, Jeanne d'Arc, le duc d'Alençon les maréchaux Gilles de Rais et Jean de Brosse de Boussac partent du village de la Chapelle et installent des couleuvrines sur la butte Saint-Roch pour soutenir l'attaque contre la porte Saint-Honoré[9].
Tentant de franchir le fossé en eau devant la porte, Jeanne d'Arc fut blessée d'un carreau d'arbalète à la cuisse[10] (une plaque se trouve au mitoyen des nos 161 et 163 de la rue Saint-Honoré, due au sculpteur Maxime Real del Sarte ; une seconde plaque identique se trouve dans la cour du no 15 de la rue de Richelieu, à l'emplacement où Jeanne fut blessée). Jeanne fut ramenée à son logis de la Chapelle. Bien qu'elle eût souhaité reprendre l'attaque de Paris, le roi lui donna ordre de se replier sur l’abbaye de Saint-Denis.

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Le 12 mai 1588, les troupes royales d'Henri III y firent leur entrée dans Paris contre la Ligue catholique.

Le 20 janvier 1591, à h du matin, des soldats d'Henri IV échouèrent à s'emparer de la porte, malgré leur déguisement en paysans menant des charrettes de farines (Journée des Farines).

Troisième porte (XVIIe siècle)[modifier | modifier le code]

Porte Saint-Honoré
(troisième porte)
Illustration de la Porte Saint-Honoré
La porte Saint-Honoré, troisième du nom, construite en 1635, vue de l'intérieur de la ville. Gravure d'Adam Pérelle
Porte Saint-Honoré
Géographie
Boulevard (s) nos 422 et 281 rue Saint-Honoré
Transports en commun
Métro Ligne (1)(8)(12) Concorde
Ligne (8)(12)(14) Madeleine

La troisième porte (XVIIe siècle), vue de l'extérieur de la ville.

La troisième porte Saint-Honoré se trouvait à hauteur des nos 422 et 281 de la rue Saint-Honoré, juste avant le croisement avec la rue Royale (48° 52′ 05,85″ N, 2° 19′ 24,58″ E)[11].

Les stations de métro les plus proches sont : Concorde (lignes (1)(8)(12)) et Madeleine (lignes (8)(12)(14)).

Ce n'est d'abord qu'une simple route sortant du côté ouest d'un bastion des nouvelles fortifications de 1566, à un kilomètre plus à l'ouest que la deuxième porte. Une porte est construite sous le roi Louis XIII en 1632-1634. La voûte d'entrée est surmontée d'un bâtiment avec deux pavillons latéraux, aux parements d'angles en pierre calcaire, avec murs en brique et toit d'ardoise ; un pont franchit le fossé, séparé de la porte par un pont-levis. Largement élargie dans les années 1670-1680 pour laisser passer plus facilement le trafic, elle fut détruite en 1732[12]. Les plans de Quesnel de 1609, de Merian de 1615 et de Gomboust de 1652 la représentent dans son évolution ; sur celui de Turgot de 1739, elle est démolie.

Article détaillé : Enceinte de Louis XIII.

Le , c'est par cette porte que Louis XIV fit son retour à Paris contre les Princes frondeurs (Condé, Orléans, Mademoiselle...), la municipalité rebelle de Pierre Broussel et le Parlement.

XVIIIe et XIXe siècles[modifier | modifier le code]

Il n'y eut pas de quatrième porte Saint-Honoré : la barrière d'octroi du mur des Fermiers généraux au débouché de la rue du Faubourg-Saint-Honoré (sur l'actuelle place des Ternes) avait pour nom la barrière du Roule (construite en 1786-1788, elle était ornée d'un des propylées de Ledoux), tandis que la porte de l'enceinte de Thiers (1841) prit celui de porte des Ternes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. LES BARRIERES DES SERGENTS
  2. Jean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris (1817)
  3. Félix et Louis Lazare : Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments
  4. Les deux immeubles ne disposent que d'une entrée au no 150. L'orientation des souches de cheminées indique l'axe de l'enceinte.
  5. Gagneux et Prouvost 2004, p. 32.
  6. Jacques Hillairet, Connaissance du vieux Paris..., opus cité.
  7. Renaud Gagneux et Denis Prouvost, Sur les traces des enceintes de Paris..., opus cité.
  8. Gagneux et Prouvost 2004, p. 79-80.
  9. Henri Couget, Jeanne d'Arc devant Paris, Éditions Spes, 1925, [lire en ligne].
  10. Jean Chartier, Chronique de Charles VII, roi de France, tome I, 1858, p. 109.
  11. Gagneux et Prouvost 2004, p. 99-100.
  12. Jean La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1817, p.276. Lire en ligne..

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Hillairet, Connaissance du vieux Paris : rive droite, rive gauche, les îles & les villages, Paris, éditions Payot & Rivages, (1re éd. 1956), 377-299-255 p., 3 t. en 1 vol.  (ISBN 978-2-86930-648-6).
  • Renaud Gagneux et Denis Prouvost, Sur les traces des enceintes de Paris : promenade au long des murs disparus, Paris, éditions Parigramme, , 246 p. (ISBN 2-84096-322-1).

Articles connexes[modifier | modifier le code]