Bastion de la porte Saint-Antoine

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Bastion de la Porte Saint-Antoine
Détail du plan de Paris par Mérian (1615) montrant le bastion de la porte Saint-Antoine.png
Le bastion de la porte Saint-Antoine en 1615 sur plan Mérian
Présentation
Type
Construction
XVe siècle
Transformée en promenade en 1670
Destruction en 1777
Localisation
Pays
Commune
Coordonnées
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Le Bastion de la porte Saint-Antoine également nommé Grand boulevard était un élément construit de 1553 à 1559 de l’enceinte de Charles V au nord de la place de Bastille à un emplacement compris entre les actuels boulevard Beaumarchais et rue Saint-Sabin.

Création[modifier | modifier le code]

Près de deux siècles après sa construction, de 1356 à 1420, l'enceinte de Charles V était devenue insuffisante au début du XVIe siècle en raison des progrès de l’artillerie. De plus, les détritus commençaient à remblayer le rempart et le dominaient par endroits. C’est pourquoi il fut décidé de la renforcer par des bastions, également nommés boulevards et d’abaisser la muraille pour la soustraire aux tirs. Les anciens fossés furent comblés remplacés par de nouveaux plus éloignés du mur contournant en zig-zags les bastions. Larges de 40 à 50 mètres le long des courtines et de 25 à 30 mètres le long des bastions, ils étaient longés par des chemins de contrescarpe extérieurs. Le bastion de la porte Saint-Antoine était classé no 11 des 14 du rempart du bastion no 1 des Tuileries jusqu’au bastion no 14 de la Tour de Billy ou de l’Arsenal à un emplacement proche de l’angle des boulevard Bourdon et Morland dont 6 sur l’enceinte des Fossés jaunes, extension vers l’ouest de l’enceinte de Charles V, et 8 sur la partie maintenue de ce rempart du XVIe siècle à l’est de la porte Saint-Denis. Ce bastion fut édifié 1553 à 1559 à partir d’une butte de gravois, accumulation de déblais et d'immondices, «le Bastillon » visible sur le plan de Truschet et Hoyau de 1550. Le bastion également nommé le grand boulevard était le plus important des 14. Trois moulins sont construits sur ce bastion en 1573, 1590 et 1600 par la Compagnie des arquebusiers qui en perçoit les revenus[1]. Pour permettre l’aplanissement de la surface du bastion, ces moulins sont supprimés en 1609 après indemnisation de leur propriétaire[2].

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Le grand boulevard, lieu de promenade[modifier | modifier le code]

Après la suppression en 1670 de l’enceinte à l’emplacement de laquelle furent aménagés les boulevards, le bastion resta en place le long du boulevard Saint-Antoine (actuel boulevard Beaumarchais) dont l’extrémité était située au niveau du débouché de la rue Jean-Beausire. Au-delà, l’étroite rue du rempart (rue qui longeait, côté ville, le mur avant sa suppression) donnait accès à la porte Saint-Antoine. Le fossé extérieur au fond duquel coule un égout est également maintenu. Le bastion est alors un des rares lieux de promenade d’une ville très dense.

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La suppression du bastion[modifier | modifier le code]

Par lettre patente royale de mai 1777, la ville est autorisée à démolir le bastion[3]. Le fossé fut comblé et les terrains furent urbanisés avec prolongement de la rue Amelot jusqu’à la porte Saint-Antoine qui fut détruite et création de la rue Daval y compris la partie de cette rue renommée ultérieurement rue du Pasteur-Wagner. La rue Saint-Sabin fut ouverte sur le comblement du fossé et le chemin de contrescarpe[4] Le boulevard Saint-Antoine (actuel boulevard Beaumarchais) fut prolongé jusqu’à la voie reliant la rue Saint-Antoine à la rue du Faubourg-Saint-Antoine à la place de l’ancienne porte Saint-Antoine. Beaumarchais acquit en 1787 un terrain de 4000 m2 entre le boulevard Beaumarchais et la rue Amelot sur lequel il fit construire un hôtel particulier près de l’emplacement de la porte supprimée avec un jardin en longueur jusqu’au niveau de la rue du Pas de la Mule Le site fut encore bouleversé par la destruction de la Bastille après 1789 et par le creusement du canal Saint-Martin en 1828 qui entraina la démolition de la maison Caron Beaumarchais et la suppression d’un tronçon de la rue Amelot.

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Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Renaud Gagneux, Denis Prouvost, Sur les traces des enceintes de Paris, Parigramme, (ISBN 2 84096 322 1), p. 117
  2. Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire des 300 moulins de Paris, Paris, Parigramme date=1999, 186 p. (ISBN 2-84096-114-8), p. 158
  3. Pierre Pinon, Les canaux de Paris, Paris, Action artistique de la Ville de Paris, , 222 p. (notice BnF no FRBNF36680623), « La maison Caron de Beaumarchais », p. 34-37
  4. Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, édition de 1844, p. 606 [lire en ligne].

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Renaud Gagneux et Denis Prouvost, Sur les traces des enceintes de Paris : promenade au long des murs disparus, Paris, éditions Parigramme, , 246 p. (ISBN 2-84096-322-1).
  • Guy le Hallé, Histoire des fortifications de Paris, Horvath, 1995.

Articles connexes[modifier | modifier le code]