Porte Montmartre

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Ne doit pas être confondu avec Porte de Montmartre.

La porte Montmartre est le nom d'une série de portes disparues de Paris (à ne pas confondre avec la porte de Montmartre).

Il y eut successivement trois portes Montmartre, au fur et à mesure de l'extension des différentes enceintes de la Ville, s'échelonnant le long de la rue Montmartre. Elles furent l'une après l'autre détruites pour faciliter le ravitaillement et la circulation dans Paris.

Différentes portes[modifier | modifier le code]

Plusieurs portes, barrière ou poterne des enceintes successives entourant Paris ont porté le nom de « Montmartre », les trois plus anciennes le long de l'axe de la rue Montmartre.

1re Porte (début du XIIIe siècle)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Enceinte de Philippe Auguste.
Porte Montmartre sur le plan de Braun et Hogenberg (c. 1530).

La première porte Montmartre, ou porte Saint-Eustache[1] qui faisait partie de l'enceinte de Philippe Auguste. Construite vers 1200 elle se trouvait au niveau des mitoyens des nos 30-32 et 13-15 de la rue Montmartre, juste au nord de l'église Saint-Eustache (48° 51′ 51,95″ N, 2° 20′ 43,16″ E)[2],[3].

La station la plus proche est celle des Halles (ligne (4)).

Cette porte date du roi Philippe Auguste, elle a été construite entre 1190 et 1200. Deux tours de huit mètres de diamètre et de quinze de haut encadraient une ouverture ogivale fermée par deux vantaux de bois et protégée par une herse. Elle a été démolie vers 1550.

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2e Porte (fin du XIVe siècle)[modifier | modifier le code]

Porte Montmartre sur le plan de Truschet et Hoyau (1550).

Paris s'étant considérablement agrandi l'ancienne porte fut abandonnée et une deuxième porte Montmartre fut construite. Elle se trouvait à 250 mètres plus au Nord de la précédente, entre l'intersection de la rue des Fossés-Montmartre avec la rue Montmartre (dénommée du côté Ville « rue de la Porte-Montmartre » du XIVe au XVIIe siècle) au niveau du no 86, et l'intersection avec la rue Léopold-Bellan (48° 52′ 01,56″ N, 2° 20′ 38,83″ E)[4],[5].

La station la plus proche est celle du Sentier (ligne (3)).

Construite sous le roi Charles V en 1380, cette porte fortifiée était constituée par une bastide formant saillie en avant de la muraille, surmontée de tourelles ; le passage se faisait sous une voûte de vingt mètres de long. L'entrée côté faubourg était protégée par un double pont-levis (charretier et piétonnier) donnant sur un pont franchissant deux fossés, d'abord un en eau de trente mètres de large puis un second sec de quinze mètres, avec une avant-porte entre les deux fossés. L'ensemble s'étendait sur quatre-vingt mètres de long, l'entrée du pont se trouvant au croisement de la rue Montmartre avec les rues du Mail et de Cléry.

La porte a été détruite en 1634.

Article détaillé : Enceinte de Charles V.

3e Porte (XVIIe siècle)[modifier | modifier le code]

La troisième porte de Montmartre dans son environnement, vue du nord-ouest, sur le plan de Boisseau (1648).

La troisième porte Montmartre se trouvait encore 400 mètres plus au nord que la deuxième porte, à hauteur des nos 158 et 160 de la rue Montmartre, au croisement avec la rue des Jeûneurs (48° 52′ 12,09″ N, 2° 20′ 34,02″ E)[6],[7].

Les stations les plus proches sont celles de la Bourse (ligne (3)) et des Grands Boulevards (ligne (8)(9)).

Construite sous Louis XIII en 1635, la porte se trouvait sur le flanc d'un bastion s'étendant à l'est entre la fontaine Montmartre et la rue des Jeûneurs, presque en face de la rue Neuve-Saint-Marc. La rue Feydeau longe l'emplacement de la muraille devant laquelle s'étendaient les fossés, jusqu'au boulevard Montmartre. La voûte d'entrée était surmontée d'un bâtiment, aux parements d'angles en pierre calcaire, avec murs en brique et toit d'ardoise. L'ensemble a été détruit entre 1690 et 1700.

Article détaillé : Enceinte de Louis XIII.

Barrière du XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

La rue du Faubourg-Montmartre est prolongée par la rue des Martyrs. La barrière des Martyrs, établie sur le mur des Fermiers généraux, était à l'origine dénommée « barrière de Montmartre » (48° 52′ 55″ N, 2° 20′ 23″ E)[8],[9],[10].

Toutefois la barrière Pigalle a également été dénommée « barrière de Montmartre ». Cette barrière d'octroi était marquée au sud de l'actuelle place Pigalle, appelée jusqu'en 1864 « place de la Barrière-Montmartre »[11],[12], par un grand édifice flanqué de deux guérites (48° 52′ 54,89″ N, 2° 20′ 13,92″ E)[13].

Poterne du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Au nord de la butte Montmartre, l'enceinte construite en 1840 comptait une « poterne Montmartre », renommée plus tard « porte de Montmartre ». Elle se trouvait sur l'actuelle avenue de la Porte-de-Montmartre, entre le boulevard Ney (l'ancienne rue Militaire) et le croisement avec la rue Jean-Varenne, permettant de traverser le bastion 38 et son fossé jusqu'à la hauteur de la rue Henri-Huchard, dont le côté des numéros impairs marque la limite du terrain militaire (48° 53′ 55,66″ N, 2° 20′ 11,67″ E)[14],[10].

Article connexe : Enceinte de Thiers.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. à cause de sa proximité de l'église Saint-Eustache
  2. Gagneux et Prouvost 2004, p. 33.
  3. L'enceinte de Philippe Auguste vers 1300 sur paris-atlas-historique.fr
  4. Gagneux et Prouvost 2004, p. 81.
  5. L'enceinte de Charles V vers 1450 sur paris-atlas-historique.fr
  6. Gagneux et Prouvost 2004, p. 102.
  7. L’enceinte bastionnée, dite des « fossés jaunes », vers 1650 sur paris-atlas-historique.fr
  8. Alfred Delvau, Histoire anecdotique des Barrières de Paris, Paris, E. Dentu, 1865, p. 99 [lire en ligne]
  9. Paris en 1790 avec le mur des Fermiers Généraux sur paris-atlas-historique.fr
  10. a et b L'enceinte des Fermiers Généraux et l'enceinte de Thiers sur paris-atlas-historique.fr
  11. Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, édition de 1844, p. 462 [lire en ligne]
  12. Adolphe Alphand (dir.), Adrien Deville et Émile Hochereau, Ville de Paris : Recueil des lettres patentes, ordonnances royales, décrets et arrêtés préfectoraux concernant les voies publiques, Paris, Imprimerie nouvelle (association ouvrière), (lire en ligne), « Arrêté du 30 décembre 1864 », p. 356-359
  13. Gagneux et Prouvost 2004, p. 154-155.
  14. Gagneux et Prouvost 2004, p. 202.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Hillairet, Connaissance du vieux Paris : rive droite, rive gauche, les îles & les villages, Paris, éditions Payot & Rivages, (1re éd. 1956), 377-299-255 p., 3 t. en 1 vol.  (ISBN 978-2-86930-648-6).
  • Renaud Gagneux et Denis Prouvost, Sur les traces des enceintes de Paris : promenade au long des murs disparus, Paris, éditions Parigramme, , 246 p. (ISBN 2-84096-322-1).

Articles connexes[modifier | modifier le code]