Bastion de la butte de Bonne-Nouvelle

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Bastion de la butte Bonne-Nouvelle
Bastion de Bonne Nouvelle vers 1650 sur plan Jansonnius.png
Bastion de Bonne Nouvelle vers 1650 sur plan Jansonnius
Présentation
Type
Construction
1633 supprimé en 1670
Localisation
Pays
Commune
Coordonnées
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Le bastion de la butte Bonne Nouvelle est un élément de l’enceinte de Louis XIII établi sur une éminence dominant les quartiers environnants. C’est également la colline où s’était construite l’agglomération de la Villeneuve-sur-Gravois plus connue sous le nom de Bonne-Nouvelle.

Création de la Villeneuve-sur-Gravois[modifier | modifier le code]

La butte de Bonne Nouvelle appelée au XIIIe siècle le Mons Superbus, au XVe siècle le Mont-Orgueil (d'où le nom de la rue Montorgueil), fait partie de la série de monceaux échelonnés le long de l’enceinte de Charles V créés par des terres du creusement des fossés de la muraille rehaussés par l’accumulation d’immondices.

Cette colline faisait partie du domaine du couvent des Filles-Dieu qui s’étendait entre la rue du Faubourg-Saint-Denis et l’actuelle rue du Faubourg-Poissonnière jusqu’au chemin du Roule à Saint-Lazare , actuelle rue de Paradis et dans le centre de Paris jusqu’à l’actuelle rue des Petits-Carreaux. Ce domaine fut traversé dans les années 1356-1358 par l’enceinte de Charles V qui amputa la propriété de la communauté des terrains du rempart et avoisinants et entraina la destruction du couvent. Celui-ci fut reconstruit à l’intérieur de la nouvelle enceinte à l’emplacement de l’actuelle rue du Caire[1]. La butte jouxtant ce rempart à l’extérieur de la ville est restée un terrain vague jusqu’au début du XVIe siècle

Les premières maisons et 3 moulins, visibles sur les plans de Truschet et de Bâle représentant la ville aux environs de 1550, s’y établissent à partir de 1511 [2]. Ces maisons furent abattues en 1544 lors de la menace de siège de Paris par les troupes de Charles Quint. L’agglomération est reconstruite au bas ou sur le flanc de la colline avec une chapelle dépendant de Saint-Laurent édifiée en 1551. Toutes les constructions furent rasées en (au début des guerres de religion) quand l'armée protestante menée par Condé et Coligny menace Paris. Il fut décidé en 1563 d’inclure la butte à l’intérieur de la nouvelle enceinte des Fossés Jaunes projetée. Au cours des années suivantes des maisons sont reconstruites sur la butte et l’agglomération se développe sur l’ensemble de la colline, extension permise par son arasement partiel et par la destruction des moulins. Les bâtiments de la Villeneuve-sur-Gravois sont une nouvelle fois abattus lors du siège en 1590 de Paris par les troupes d’Henri IV[3]. Les plans Quesnel de 1609 et Mérian de 1615 figurent des maisons en ruine.

À partir de 1622, le lotissement de la butte par la communauté des Filles-Dieu reprend. Les parcelles vendues sont pour la plupart petites, de l’ordre de 5 mètres sur 12 mètres. À la suite de la franchise accordée en 1623 par Louis XIII «à toutes personnes qui exerceront les arts et métiers d’y travailler librement et publiquement et d’y tenir boutique », de nombreux menuisiers, ébénistes, sculpteurs, tailleurs de pierre et maçons s’y établissent[4]. Parmi ces artisans des fabricants de siège ont réalisé de magnifiques fauteuils[5]. En , les marguillers de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle acquièrent un terrain des rues Beauregard et de Bonne-Nouvelle pour y construire une église, un cimetière et un presbytère.

En 1633-1636, les travaux de fortification reprennent avec création d’un bastion en pointe à l’emplacement de l’actuel boulevard de Bonne-Nouvelle. Ce bastion ne sera cependant jamais maçonné[3]. La communication de la rue Poissonnière avec le chemin à l’extérieur de l’enceinte, actuelle rue du Faubourg-Poissonnière est établie lors de ces travaux (auparavant la rue se terminait en cul-de-sac devant le rempart) ce qui désenclave le quartier [2].

En 1634, l’enceinte de Charles V est démolie. La rue d’Aboukir est ouverte sur son fossé remblayé, les numéros pairs étant à l’emplacement de l’ancien mur, la rue de Cléry parallèle est établie sur le chemin longeant le fossé. Ces rues sont rapidement construites mais un espace est laissé libre entre ces rues, approximativement de l’actuelle rue Chénier jusqu’au niveau de l’actuelle rue Damiette soit 400 mètres sur 50 mètres pour un projet de place abandonné en 1716. Cet espace loti au cours des années suivantes apparaît entièrement construit sur le plan de Turgot levé en 1734[6].

En 1670, moins de trente ans après l’aménagement du bastion, le rempart est déclassé et le boulevard de Bonne-Nouvelle est ouvert à la place de l'ancienne fortification au nord de la colline[7].

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De Villeneuve-sur-Gravois au quartier de Bonne-Nouvelle[modifier | modifier le code]

Limitée par le boulevard de Bonne-Nouvelle, la rue Poissonnière et la rue d’Aboukir, la butte de Bonne-Nouvelle est la partie escarpée en triangle d’environ 3 hectares du quartier du Sentier plus vaste qui s’étend pratiquement, d’est en ouest, du boulevard de Sébastopol à la rue du Sentier et un peu au-delà, du nord au sud, des boulevards Poissonnière et de Bonne-Nouvelle à la rue Réaumur. C’est également la partie nord du quartier administratif de Bonne-Nouvelle. Ce micro-quartier a conservé les rues et le parcellaire des années de la construction de Villeneuve-sur-Gravois de 1620 à 1680. La majorité des bâtiments sont de cette origine, une minorité datent du XVIIIe siècle ou du début du XIXe siècle, un très petit nombre sont plus récents, le plus remarquable étant l’ancien immeuble industriel de la Générale au 37-39 de la rue de la Lune de la deuxième moitié du XIXe siècle.

Les menuisiers et artisans établis aux XVIIe siècle et du XVIIIe siècle ont quitté le quartier au cours du XIXe siècle et le sommet de la colline autour des rues Beauregard et de la Lune est un ilot de calme dans l’environnement animé du Sentier.

Dans ce périmètre d’architecture ancienne préservée, seuls deux éléments sont classés, l’hôtel de Noisy, immeuble du XVIIe siècle à l’angle de la rue Poissonnière et de la rue de Cléry, et l’église Notre-Dame de Bonne-Nouvelle et ce patrimoine a été dans l’ensemble médiocrement entretenu au cours du XXe siècle.

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Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. [[#CITEREFFaubourg Poissonnière|]], p. 17-20.
  2. a et b [[#CITEREFFaubourg Poissonnière|]], p. 21.
  3. a et b [[#CITEREFenceintes|]], p. 104.
  4. [[#CITEREFLe Sentier|]], p. 51-52.
  5. [[#CITEREFLe Sentier|]], p. 110.
  6. [[#CITEREFLe Sentier|]], p. 54-55.
  7. [[#CITEREFFaubourg Poissonnière|]], p. 36.

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Werner Szambien et Simona Talenti, Le Sentier-Bonne Nouvelle, de l'architecture à la mode, Paris, Action artistique de la Ville de Paris, , 214 p. (ISBN 2-913246-01-X)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Renaud Gagneux et Denis Prouvost, Sur les traces des enceintes de Paris : promenade au long des murs disparus, Paris, éditions Parigramme, , 246 p. (ISBN 2-84096-322-1)Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • Pascal Étienne, Le faubourg Poissonnière, Paris, Délégation à l’action artistique de la Ville de Paris, , 312 p.Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • Guy le Hallé, Histoire des fortifications de Paris, Horvath, 1995.

Articles connexes[modifier | modifier le code]