Première République (Italie)

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L'expression « Première République » (Prima Repubblica en italien) désigne de manière informelle en Italie le système politique en vigueur entre 1948 et 1994. En effet, certains historiens et journalistes divisent l'histoire politique de la République italienne entre la « Première République » et la « Deuxième République » (depuis les années 1990). Cette partition est faite sur la base de la mutation que subit la scène politique italienne entre 1992 et 1994 (disparition de la vie politique des partis traditionnels et promulgation de réformes modifiant le système électoral).

Terminologie et définitions[modifier | modifier le code]

Définition d'après Sartori[modifier | modifier le code]

Article connexe : Giovanni Sartori.

Parmi les nombreuses définitions de la « Première République » ressort notamment celle du politologue Giovanni Sartori, professeur à l'Université Stanford et à l'Université Columbia, qui la définit comme un « pluralisme polarisé ». Il lui attribue également sept caractéristiques principales :

  • la présence de plus de cinq partis majeurs et influents (avec donc un très fort pluralisme).
  • la présence de partis anti-systèmes, c'est-à-dire opposés idéologiquement à la forme même de l'État italien (comme le Parti communiste italien ou bien, en moindre mesure, le Mouvement social italien).
  • la présence de deux oppositions polarisées, s'excluant mutuellement l'une l'autre et avec des idéologies souvent aux extrêmes (comme justement le Parti communiste italien et le Mouvement social italien).
  • un système basé sur le centre, occupé par la Démocratie chrétienne.
  • une tendance « centrifuge », en ceci que les oppositions pouvaient gagner des votes en extrémisant leurs positions au lieu de les modérer.
  • des oppositions qu'il qualifie d'« irresponsables », proposant des programmes utopistes et irréalisables car conscientes qu'elles n'auraient pas la possibilité de gouverner.
  • une centre dirigeant le pays mais lui aussi peu responsable, ne maintenant pas ses promesses car, de toute façon, « obligé » à gouverner.

Les partis politiques[modifier | modifier le code]

Les principaux partis de la « Première République » sont les trois formations ayant combattu ensemble contre la dictature fasciste de Mussolini en 1943-1945, c'est-à-dire la Démocratie chrétienne (centriste et conservateur), le Parti communiste italien et le Parti socialiste italien (qui jusqu'en 1978 se rattache encore au marxisme). Cependant, pendant les décennies suivant immédiatement la fin de la guerre, ce sont principalement la Démocratie chrétienne et le Parti communiste qui s'affronte l'un face à l'autre, laissant d'importantes traces encore aujourd'hui dans la tradition politique italienne.

Dans les décennies suivantes, d'autres partis viennent s'ajouter aux trois principaux comme le Mouvement social italien, néofasciste, et des partis plus centristes, s'alternant en fonction des années et des alliances : le Parti libéral italien, le Parti républicain italien, le Parti socialiste démocrate italien et les Radicaux italiens.

Évolution du nombre d'inscrits au Parti communiste italien, à la Démocratie chrétienne et au Parti socialiste italien.

L'affrontement entre les 3 principaux partis de la Première République se fait aussi au niveau des militants. Ainsi, on note que de 1944 à 1964 (pendant près de 20 ans), le Parti communiste italien mène de loin la vie politique militante du pays (avec d'une à deux fois plus de militants que la Démocratie chrétienne, atteignant des pics jusqu'à 2,3 millions de militants communistes). La décennie suivante, de 1964 à 1974, la Démocratie chrétienne prend la tête du pays avant d'être re-dépassée par les communistes qui redeviennent la première force militante du pays de 1975 à 1986 et ensuite la Démocratie chrétienne reprend le pouvoir pendant les six années qui la sépare de la fin de la Première République.

Histoire[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]