Luigi Cadorna

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Cadorna.
Luigi Cadorna

Luigi Cadorna (né le 4 septembre 1850 à Verbania Pallanza dans le Piémont - mort le 21 décembre 1928 à Bordighera) était un militaire italien, fils du général Raffaele Cadorna. qui réorganisa complètement l'armée italienne à la veille de la Première Guerre mondiale, et fut le chef d'état major durant les 30 premiers mois du conflit.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lors de la déclaration de la guerre italienne en mai 1915 contre l'Autriche-Hongrie, il devient commandant des troupes basées sur la frontière italo-autrichienne. Alors qu'il a une attitude défensive dans le Trentin, il lance des offensives le long de la rivière Isonzo entraînant peu de succès et beaucoup de pertes humaines. Ses principaux succès furent l'arrêt de l'offensive autrichienne dans le Trentin, la capture de Gorizia et la victoire de Bainsizza.

L'entrée en guerre de l'Allemagne aux côtés de l'Autriche-Hongrie contre l'Italie en 1917 changea les rapports de force et conduisit à la défaite de Caporetto. Il dut démissionner et fut remplacé par le général Armando Diaz. En 1919 il fit partie de la délégation italienne à Versailles, mais une enquête officielle sur la défaite de Caporetto, qui le mettait en cause, l'obligea à retourner en Italie. Il fut néanmoins nommé maréchal en 1924, quand Mussolini prit le pouvoir.

Anecdote[modifier | modifier le code]

Après le désastre de Caporetto, le général Cadorna s'est retiré au palais de Zara, à Trévise. Très marqué par sa défaite, il décide alors d'en finir et, alors qu'il s'apprêtait à tirer le coup de revolver fatal, il vit soudain entrer dans son bureau un moine capucin qui le convainquit de ne pas attenter à sa vie. Une fois le religieux reparti aussi soudainement qu'il était apparu, Cadorna tança les gardes en faction, leur reprochant d'avoir laissé passer sans l'annoncer un moine inconnu de tous. Les soldats jurèrent leurs grands dieux qu'ils n'avaient vu personne entrer ou sortir ! Plusieurs années après, le général voyant une photo de padre Pio dans un journal, reconnut le capucin qui lui avait sauvé la vie par des paroles de réconfort, un soir de novembre 1917.

Une chanson marque la haine partagée des soldats pour le général : sur le front, à longueur de jours on avait en effet recours massivement aux pelotons d’exécution et aux décimations, au prorata du nombre de soldats. A dire vrai, le haut commandement italien semblerait avoir été le champion européen des exécutions sommaires. Des prisons et des rétorsions diverses affectaient également les hommes. Le comble de l'horreur est atteint lors du désastre de 1917.

Il existe plusieurs versions de cette chanson, mais les différences sont assez marginales. En voici une version :

« Il general’ Cadorna mangia le buon’ bistecche
Ma il povero soldato mangia castagne secche
 »

« Le général Cadorne mange les bons beefsteacks
Mais le pauvre soldat mange des châtaignes sèches »

.

Selon un témoin cité par Del Boca, « Cadorna : lui était notre véritable ennemi. Pas les Autrichiens ». Des civils slovènes furent fusillés en nombre sur le front de l’Isonzo. Il y eut l’enfer de Gorizia (Ô Gorizia, tu sei maledetta ! - « O Gorizia, toi tu es maudite ! »). Ceci fait référence aussi aux horreurs les plus incroyables de l’Isonzo, avec notamment ce "téléphérique de la mort" desservant le front, et qui charriait cadavres et blessés déchiquetés - depuis le haut vers bas - en échange d’approvisionnements - de bas en haut -…

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Il existe une place qui porte son nom : le « Piazzale Luigi Cadorna », à Milan.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :