Pierre Schoendoerffer

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Pierre Schoendoerffer
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Pierre Schoendoerffer à la
Cinémathèque française en 2007.

Naissance
Chamalières (Puy-de-Dôme - France
Nationalité Drapeau de France Français
Décès (à 83 ans)
Clamart (Hauts-de-Seine - France
Profession Réalisateur, scénariste et écrivain
Films notables La 317e Section
La Section Anderson
Le Crabe-tambour
Diên Biên Phu
Là-haut, un roi au dessus des nuages

Pierre Schoendoerffer est un romancier, réalisateur, scénariste et documentariste français, né le à Chamalières (Puy-de-Dôme) et mort le à Clamart (Hauts-de-Seine)[1].

Lauréat de l'Académie française, récompensé par un Oscar, il était membre de l'Académie des beaux-arts depuis 1988.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre Schoendoerffer a eu une enfance itinérante au gré des postes occupés par son père, Georges Schoendoerffer (1888-1949), ingénieur de l'École centrale. Ce dernier, issu d'une famille protestante alsacienne, fait la connaissance de son épouse, Marie-Louise Friesé, fille de l'architecte Paul Friesé, en 1919 à Strasbourg, lors de la cérémonie marquant le retour de l'Alsace à la France[2]. Quatrième enfant d'une fratrie de cinq, il naît à Chamalières (Puy-de-Dôme) en , alors que son père travaille chez Michelin à Clermont-Ferrand. En 1939, son père part chez De Dietrich à Niederbronn (Bas-Rhin). Évacuée à la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, toute la famille déménage à Annecy où son père est nommé directeur de l'hôpital. C'est là qu'il lit Fortune carrée de Joseph Kessel, qui lui indique le chemin de « la vraie vie ». Son père étant mort des suites de la guerre, Pierre Schoendoerffer devient pupille de la Nation, comme l'avait été sa mère, Marie-Louise Friesé, dont le père était mort en 1917 au Chemin des Dames, réengagé à 62 ans comme capitaine/interprète.

Matelot[modifier | modifier le code]

Il rêve de devenir marin, lui qui n'a jamais vu la mer et embarque comme matelot sur un petit chalutier à voile et à moteur à 18 ans. Il est inscrit maritime. À 19 ans, il embarque sur un caboteur suédois de haute mer, comme matelot de pont léger. Il navigue essentiellement en mer Baltique et en mer du Nord.

Cinéaste de guerre et photographe en Indochine[modifier | modifier le code]

Appelé pour son service militaire, il rentre en France. À la lecture du Figaro il est frappé par un article de Serge Bromberger sur le caméraman Georges Kowal qui vient d'être tué. Il s'inscrit comme volontaire, intègre le Service cinématographique des armées et part en Indochine[3]. Il est nommé caporal, puis caporal-chef. Il filme la guerre de 1952 à la chute de la bataille de Ðiện Biên Phủ en 1954 où il est fait prisonnier avec toute la garnison.

Libéré fin août par les accords de Genève, il reste en Indochine et se fait démobiliser sur place en . Il devient alors photographe pour de grands magazines étrangers et, avec le pécule que lui rapportent ses reportages photographiques, il décide de boucler son tour du monde en rentrant par l'Est.

Réalisateur de cinéma[modifier | modifier le code]

À Hong Kong, il rencontre Kessel à qui il fait part de son désir de devenir cinéaste. Kessel lui promet de l'aider, et lorsqu'il le revoit à Paris, il l'impose à un jeune producteur, Georges de Beauregard, pour tourner en 1956, en Afghanistan, le film que lui, Kessel, a écrit : La Passe du diable. D'autres films suivront : Ramuntcho et Pêcheur d'Islande (adaptations des romans éponymes de Pierre Loti).

En 1963, il écrit La 317e Section qui devient en 1964 un film de fiction : La 317e Section, proche du documentaire sur la guerre d'Indochine ; il obtient le prix du scénario à Cannes.

Écrivain[modifier | modifier le code]

Avec Dominique Merlin, il réalise en 1967 un film documentaire au Viêt Nam avec l'armée américaine, La Section Anderson, auquel est décerné un Oscar et de nombreuses distinctions internationales.

L'Adieu au roi, publié en 1969, obtient le prix Interallié, dont il rejoindra le jury quelques années plus tard. Le réalisateur américain John Milius le porte à l'écran en 1989, L'Adieu au roi, avec Nick Nolte.

Pierre Schoendoerffer écrit, en 1976, un roman, Le Crabe-tambour, qui obtient le grand prix du roman de l'Académie française. Il l'adapte pour le cinéma l'année suivante, tournant pendant sept semaines sur un navire de guerre, l'escorteur d'escadre Jauréguiberry, pendant l'hiver dans l'Atlantique nord. Sorti en novembre 1977, le film reçoit trois Césars en 1978.

En 1992, il réalise son film le plus ambitieux, Diên Biên Phu, tourné au Viêt Nam.

En 2003, dès la création des "écrivains de Marine" par Jean-François Deniau, Pierre Schoendoerffer fait partie de la compagnie de vingt membres .

En 2007, il se rend en Afghanistan, un demi-siècle après avoir découvert le pays aux côtés de Joseph Kessel, invité par le 1er régiment de chasseurs parachutistes (1er RCP), dont il est soldat de 1re classe d'honneur.

Pierre Schoendoerffer meurt le 14 mars 2012 à l'hôpital militaire Percy de Clamart, où il avait été transféré quelques jours auparavant à la suite d'une opération chirurgicale[1].

Le 19 mars, jour anniversaire de son parachutage à Ðiện Biên Phủ, ses obsèques sont célébrées en la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides à Paris, suivies d'un hommage national dans la cour d'honneur des Invalides en présence du Premier ministre François Fillon, du ministre de la Défense Gérard Longuet, du ministre des Anciens combattants et du ministre de la Culture et de la Communication Frédéric Mitterrand.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Pierre Schoendoerffer est le petit-fils de l'architecte Paul Friesé (1851 - mort pour la France en 1917), vétéran de la guerre franco-prussienne de 1870 ; celui-ci s'engage dans l'armée française au début de la Première Guerre mondiale, à l'âge de 63 ans, avec le grade de capitaine. Il meurt durant la seconde bataille de l'Aisne sur le Chemin des Dames.

Pierre Schoendoerffer était marié à la journaliste de France-Soir Patricia Schoendoerffer dite Pat Chauvel (fille de Jean Chauvel et sœur de Jean-François Chauvel, reporter à l'AFP) qu'il a rencontrée au Maroc (protectorat franco-espagnol à l'époque).

Il est le père de :

Il est l'oncle de Patrick Chauvel, photographe de guerre.

Prix, distinctions et hommage[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

De nombreux prix littéraires, cinématographiques et audiovisuels ont couronné son œuvre au fil des années, et notamment :

Distinctions militaires[modifier | modifier le code]

Distinctions civiles[modifier | modifier le code]

  • 23 mars 1988 : élu membre de l'Académie des beaux-arts, section Cinéma et audiovisuel[4]
  • Président de l'Académie en 2001 et en 2007
  • Vice-président (élu pour l'année 2012) au moment de sa mort

Hommage[modifier | modifier le code]

Le 16 mai 2014, le maire de Chamalières, Louis Giscard d'Estaing, inaugure une « place Pierre-Schoendoerffer » dans la ville[5].

Filmographie[modifier | modifier le code]

En tant que réalisateur[modifier | modifier le code]

Influences[modifier | modifier le code]

  • Apocalypse Now de Francis Ford Coppola fait indirectement référence à L'Adieu au roi, John Milius, grand admirateur du roman de Schoendoerffer qu'il connaissait depuis 1970, s'en étant en partie inspiré pour écrire le scénario du film de Coppola.
  • De même, dans la version longue d'Apocalypse Now, des scènes entières sont directement inspirées de La 317e Section. Ces scènes ne sont pas présentes dans la version courte.
  • Oliver Stone, avant le tournage de Platoon se référa à La Section Anderson comme source de documentation et d'inspiration.

Œuvre écrite[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Ouvrages historiques[modifier | modifier le code]

  • Dien Bien Phu 1954/1992, De la bataille au film, Éditions Fixot-Lincoln, 1992
  • Préface de Pierre Schoendoerffer pour l'album La Guerre d'Indochine de Patrick Buisson, éditions Albin Michel, 2009
  • Préface de Harkis, soldats abandonnés. Témoignages, XO, 2012, 256 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean-Christophe Buisson, « Pierre Schoendoerffer est décédé à 83 ans », sur le site du Figaro, 14 mars 2012.
  2. Pierre Schoendoerffer est parti pour « Là-haut » par Jean-Dominique Merchet.
  3. Pierre Schoendoerffer
  4. Au fauteuil de l'architecte Guillaume Gillet, fauteuil transféré à la section Cinéma à la mort de son titulaire.
  5. « Chamalières : une place Pierre-Schoendoerffer », Le Figaro, encart « Culture », mardi 13 mai 2014, page 38.
  6. Le dernier jour en mer de Pierre Schoendoerffer, Gauthier Jurgensen, AlloCiné, 14 mars 2012.
  7. Les courts-métrages de Pierre Schoendoerffer, Cinémathèque française, 28 novembre 2007.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Delphine Robic-Diaz, « L'Art de témoigner de Pierre Schoendoerffer », Le Temps des médias, 2005/1, no 4, Lire en ligne
  • Bénédicte Chéron, Pierre Schoendoerffer, un cinéma entre fiction et histoire, Paris, CNRS, , 300 p. (ISBN 9782271071439)
  • Pierre Schoendoerffer, Patrick Forestier, La Guerre dans les yeux, Grasset, 2013 (ISBN 2246783062 et 978-2246783060)

Documentaire[modifier | modifier le code]

  • 2011 : Pierre Schoendoerffer, la sentinelle de la mémoire (60 min), réalisé par Raphaël Millet, documentaire de long métrage consacré à l'œuvre de Pierre Schoendoerffer. Il retrace son parcours, depuis ses premières années dans la marine marchande, son engagement dans l'armée française, et l'influence que cela a eu sur l'ensemble de son œuvre.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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