Oscar Ier

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Oscar Ier
(nn) Oskar Ier
Illustration.
Portrait d'Oscar par Joseph Karl Stieler (1823).
Titre
Roi de Suède
Oscar Ier

(15 ans et 4 mois)
Couronnement à Stockholm
Prédécesseur Charles XIV Jean
Successeur Charles XV
Roi de Norvège
Oskar Ier

(15 ans et 4 mois)
Prédécesseur Charles III Jean
Successeur Charles IV
Vice-roi de Norvège

(5 mois et 15 jours)
Prédécesseur Lui-même
Successeur Charles, duc de Scanie

(8 mois et 10 jours)
Prédécesseur Charles-Jean
Successeur Lui-même
Prince héritier de Suède et de Norvège

(26 ans, 1 mois et 3 jours)
Prédécesseur Jean-Baptiste, prince héritier
Successeur Charles, duc de Scanie
Biographie
Dynastie Maison Bernadotte
Nom de naissance Joseph François Oscar Bernadotte
Date de naissance
Lieu de naissance Paris (France)
Date de décès (à 60 ans)
Lieu de décès Stockholm (Suède)
Sépulture Église de Riddarholmen (Stockholm)
Nationalité française
suédo-norvégienne
Père Charles XIV Jean
Mère Désirée Clary
Conjoint Joséphine de Leuchtenberg
Enfants Charles XV Red crown.png
Gustave
Oscar II Red crown.png
Eugénie
Auguste
Diplômé de Université d'Uppsala
Religion Luthéranisme suédois
Résidence Palais royal de Stockholm

Oscar Ier
Monarques de Suède et de Norvège

Oscar Ier (en norvégien : Oskar Ier), né le à Paris et mort le à Stockholm, est roi de Suède et de Norvège de 1844 à sa mort.

Seul fils de Jean-Baptiste Bernadotte (Charles XIV), il est le premier souverain de la maison Bernadotte à comprendre et parler le suédois. Il joue un rôle important dans l'enracinement en Scandinavie de cette nouvelle dynastie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Portrait du jeune Oscar par Jean-Baptiste Isabey (vers 1805).

Oscar Ier voit le jour le à Paris au 291 de la rue Cisalpine (aujourd'hui 32 rue de Monceau), dans l'ancien premier arrondissement de Paris. Une plaque commémorative est apposée sur cet édifice le [1]

Il est le fils unique de Jean-Baptiste Bernadotte et de Désirée Clary. Baptisé Joseph François Oscar, il est nommé Joseph d'après son parrain et oncle Joseph Bonaparte, le mari de la sœur ainée de sa mère Julie Clary. Le prénom Oscar, d'origine celtique, provient du cycle poétique Ossian, particulièrement apprécié de Napoléon Bonaparte[2]. Il passe ses premières années en France, et grandit aux côtés de sa mère et sa tante, en partie à Paris, en partie au château de Mortefontaine, la résidence de campagne de Joseph Bonaparte au nord de Paris. En 1807, il obtient son premier précepteur, Louis Le Moine.

Le roi de Suède Charles XIII n'ayant pas d'héritiers légitimes, le père d'Oscar est proposé comme candidat au trône de Suède en 1810. L'un des arguments en faveur de son élection est qu'il a déjà un fils et que la future succession au trône de Suède est donc assurée[3]. Le , Bernadotte est élu prince héritier de Suède par une Diète réunie à Örebro. Un portrait du jeune Oscar est distribué lors de la Diète, servant de levier à l'élection de Bernadotte. Deux mois plus tard, le , Bernadotte est officiellement adopté par le roi sous le nom de « Carl Johan » et nommé prince héritier de Suède ; Oscar quant à lui reçoit le titre de prince de Suède avec le prédicat d'altesse royale et reçoit également le titre de duc de Södermanland du roi Charles XIII.

Le nouvel héritier quitte la France en octobre, tandis que sa femme et Oscar le rejoignent en à Stockholm. Alors qu'Oscar s'acclimate rapidement à la vie à la cour royale, sa mère a du mal à s'adapter et méprise le froid. En conséquence, elle quitte la Suède à l'été 1811 et n'y retourne qu'en 1823[4].

Éducation[modifier | modifier le code]

Oscar, accompagné en Suède par Le Moine, se voit immédiatement assigner un gouverneur, le baron de Cederhielm, ainsi qu'un professeur de suédois, le bibliothécaire de la Bibliothèque royale Per Adam Wallmark (sv). Il apprend rapidement cette langue, ce qui lui permet de servir d'interprète à son père. De nombreuses figures importantes font partie de son équipe pédagogique, parmi lesquelles Adolf Fredrik Lindblad comme professeur de piano, le peintre Fredrik Westin, le poète Per Daniel Amadeus Atterboom[3] ou le prêtre Johan Olof Wallin (sv) pour l'éducation religieuse.

À l'automne 1819, il devient étudiant à l'université d'Uppsala. Il est le premier prince suédois à étudier à l'université. Ses enfants suivent son modèle et cela devient une tradition encore appliquée de nos jours.

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Portrait de la famille Bernadotte en 1837 par Fredric Westin.

En 1824 et en 1833, le prince héritier est brièvement vice-roi de Norvège. En 1838, le roi commence à soupçonner son héritier de comploter avec le Parti libéral afin d'entraîner un changement de ministère, voire son abdication. Si Oscar n'aide pas concrètement l'opposition à cette occasion, sa désapprobation du comportement despotique de son père est de notoriété publique, bien qu'il ait toujours évité une réelle rupture. En 1839, il rédige une série d'articles sur l'éducation de masse et, en 1841, un texte anonyme, Om Straff och straffanstalter, défendant l'idée d'une réforme du système carcéral.

Son libéralisme est des plus prudents et des plus modérés, comme l'opposition le découvre à son grand regret peu après son accession au trône le . Il refuse d'entendre parler de la moindre réforme radicale de la Constitution de 1809. L'une de ses premières mesures est toutefois d'établir la liberté de la presse. Il met en place une égalité formelle entre ses deux royaumes en introduisant de nouveaux drapeaux. L'essentiel de la législation édictée pendant le règne d'Oscar Ier a comme objectif d'améliorer les positions économiques de la Suède et le Riksdag, dans la déclaration qu'il lui adresse en 1857, déclare qu'il a plus amélioré la prospérité matérielle du royaume que n'importe lequel de ses prédécesseurs.

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

Dans le domaine des affaires étrangères, Oscar Ier est un partisan de la défense des nationalités. En 1848, il soutient le Danemark contre la Prusse lors de la première guerre de Schleswig ; il positionne des troupes suédoises et norvégiennes en Fionie et au nord du Schleswig (1849-1850) ; il négocie la trêve de Malmö du . Il est également l'un des garants de l'intégrité du Danemark (traité de Londres, ).

Dès 1850, Oscar Ier conçoit un plan d'union dynastique des trois royaumes scandinaves (panscandinavisme), mais les difficultés qui surgissent l'obligent à abandonner ce plan. Il réussit toutefois à renverser la politique obséquieuse de son père envers la Russie. Sa crainte que celle-ci ne réclame une partie de la côte le long du Varangerfjord le conduit à rester neutre durant la guerre de Crimée et, en conséquence, à conclure une alliance avec le Royaume-Uni et la France le dans le but de préserver l'intégrité territoriale de la Scandinavie[1].

Mort et succession[modifier | modifier le code]

Oscar Ier sur son lit de mort.

Oscar Ier meurt le à l'âge de 60 ans. Sa dépouille est inhumée dans la crypte située sous la chapelle Bernadotte de l’église de Riddarholmen de Stockholm. Son fils aîné lui succède sur le trône sous le nom de Charles XV (en Suède) et Charles IV (en Norvège).

Mariages et descendance[modifier | modifier le code]

Oscar se marie le avec la princesse Joséphine de Leuchtenberg, fille d'Eugène de Beauharnais, duc de Leuchtenberg, et petite-fille de l'impératrice Joséphine de Beauharnais. Cinq enfants sont nés de cette union, quatre fils et une fille :

  • Charles XV (), roi de Suède et de Norvège de 1859 à sa mort ;
  • Gustave (), duc d'Uppland ;
  • Oscar II (), roi de Suède et de Norvège de 1872 à sa mort ;
  • Eugénie () ;
  • Auguste (), duc de Dalécarlie.

Le roi Oscar a également plusieurs enfants adultérins. Avec sa maîtresse, Jacquette Löwenhielm (sv) (née Gyldenstolpe), il a une fille :

  • Oscara Meijergeer (1817-1880).

Avec l'actrice Emilie Högqvist (sv), il a deux fils, surnommés en privé « princes de Laponie » :

Titres et honneurs[modifier | modifier le code]

Titulature[modifier | modifier le code]

  •  : Son Altesse royale le prince Oscar de Suède, duc de Södermanland ;
  •  : Son Altesse royale le prince Oscar de Suède et de Norvège, duc de Södermanland ;
  •  : Son Altesse royale le prince héritier de Suède et de Norvège, duc de Södermanland ;
  •  : Sa Majesté le roi de Suède et de Norvège.

Armes[modifier | modifier le code]

Le roi Oscar Ier était le grand-maître de l'ordre du Séraphin et ses armoiries (erronées[5]) sont exposées dans l'église de Riddarholmen :

Blason Blasonnement :
Parti, en 1 coupé d'or, cantonné en chef d'azur, à trois couronnes d'or (de Suède moderne) et d'azur, à trois barres ondées d'argent, au lion couronné d'or, brochant sur le tout (de Suède ancien), en 2 de gueules, au lion couronné d'or, tenant dans ses pattes une hache danoise d'argent, emmanchée du second (de Norvège ancien) à la demi-croix de Saint-Eric, sur-le-tout parti de Vasa (tiercé en bande d'azur, d'argent et de gueules à la gerbe d'or brochant) et de Pontecorvo (d'azur, au pont à trois arches d'argent, sur une rivière de même, ombrée d'azur, et supportant deux tours du second, le tout surmonté d'une aigle contournée d'or au vol abaissé, empiétant d'un foudre du même (de Bernadotte)).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (sv) « Oskar », dans Nordisk familjebok, vol. 20, (lire en ligne), p. 998-1006.
  2. (en) Patrick Hanks, Kate Hardcastle et Flavia Hodges, « Oscar », dans A Dictionary of First Names, Oxford, Oxford University Press, (ISBN 9780191726675).
  3. a et b Lisa Castro, « Un prince français en Suède : Les stratégies de légitimation dans l’édification de la dynastie Bernadotte (1810-1844) », Les Cahiers de Framespa, vol. 35,‎ (DOI 10.4000/framespa.9801).
  4. (sv) Lars Elgklou, Familjen Bernadotte : En kunglig släktkrönika, Stockholm, Fischer, (ISBN 9170547556), p. 21.
  5. voir article Maison Bernadotte

Liens externes[modifier | modifier le code]

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