Orschwihr

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Orschwihr
Orschwihr vu du vignoble.
Orschwihr vu du vignoble.
Blason de Orschwihr
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Haut-Rhin
Arrondissement Thann-Guebwiller
Canton Guebwiller
Intercommunalité C.C. de la région de Guebwiller
Maire
Mandat
Alain Grappe
2014-2020
Code postal 68500
Code commune 68250
Démographie
Population
municipale
1 052 hab. (2012)
Densité 148 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 56′ 08″ N 7° 13′ 59″ E / 47.9356, 7.233147° 56′ 08″ Nord 7° 13′ 59″ Est / 47.9356, 7.2331  
Altitude Min. 225 m – Max. 573 m
Superficie 7,09 km2
Localisation

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Orschwihr

Orschwihr est une commune française située dans le département du Haut-Rhin, en région Alsace.

Le 20 août 1989, le nom de la commune est transformé de Orschwir en Orschwihr.
La commune est jumelée avec Kerlouan, dans le Finistère.

Géographie[modifier | modifier le code]

Orschwihr est situé au pied des Vosges au cœur du vignoble alsacien dans un vallon bordé à l'est par le Bollenberg, promontoire légendaire[1] qui s'étale vers la plaine et vers l'est vers les contreforts montagneux de l'oberlinger-Liberberg. Orschwihr fait partie de l'arrondissement de Thann-Guebwiller et du canton de Guebwiller. Le village est situé à 7 km de Guebwiller et à 26 km de Colmar et de Mulhouse également. Les communes les plus proches sont Bergholtz et Bergholtz-Zell au sud, Rouffach à l'est, Soultzmatt et Westhalten au nord et Guebwiller et Buhl à l'ouest.

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

Cours d'eau[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • Alswilre, 1284
  • Olswilre, 1371
  • Orsweiler, 1531
  • Orswier, 1550
  • Orschweier, 1627

Histoire[modifier | modifier le code]

Le centre du village.
La place des jeux et au loin les coteaux de vignes.
Le village.
Panneaux vantant les grands crus dans le village.
Un vieux pressoir exposé sur la place des jeux.
Porche d'une ancienne maison vigneronne (1582) transformée aujourd'hui en hôtel-restaurant.

Otalswilre est le nom le plus ancien que l'on rencontre concernant Orschwihr, dans un acte de donation du comte Eberhard d'Eguisheim au couvent de Murbach en l'année 728. À partir du XIIe siècle, le village est rattaché au Mundat supérieur de l'évêque de Strasbourg.

Une famille noble possédait le village[modifier | modifier le code]

Une famille noble portait le nom du village. On rencontre en 1245 le nom de Rodolphe d'Alswilre, puis en 1279 le nom de Werner d'Alswilre, chevalier de l'ordre teutonique. Vers 1265 un moine prêcheur à Bâle, Henri d'Alswilre portait également le nom de ce village. Il n'existe cependant aucune preuve que cette famille ait habité la localité.

Le village passe aux Habsbourg[modifier | modifier le code]

Une cour colongère appartenait dès 1282 aux Habsbourg qui s'étendait en 1467 sur les bois, les prés et les pâturages.Cette cour est donnée en fief à partir de 1418 à la famille d'Andlau.
Guillaume Wolf, proche du roi Maximilien obtint en 1513 cette cour à titre de don, puis s'empressa de la vendre à l'évêque. En 1523 ce dernier céda l'ensemble de cette cour aux bourgeois d'Orschwihr contre mille florins des forêts à saint-Gangolphe, près de l'Oerlin Rain et de la vallée de Soultzmatt et l'étang de Saint-Wolfgang et la cour franche avec les terres y attenant.

Le village pillé en 1375[modifier | modifier le code]

En 1375, le village, alors propriété de Hermann de Schœnau, est pillé par les bandes d'Enguerrand VII de Coucy (1339-1397). Il resta dès lors à l'état de ruines.

Un village de vignerons[modifier | modifier le code]

Dès l'origine, le village vit surtout de la vigne car il bénéficie de collines bien exposées, surtout au Bollenberg et au Pfingstberg. Cette prospérité est attestée par les nombreuses maisons vigneronnes des XVIe et XVIIIe siècles, surtout dans le bas du village, le haut étant surtout occupé par les ouvriers et les petits vignerons. Les vignes du Lippelsberg et les impositions de la cour domaniales représentaient pour l'administration de Rouffach une intéressante source de revenus au Moyen Âge.

Mathias Grunewald[modifier | modifier le code]

Meister Matthysen dit Mathias Grünewald, peintre, venait souvent peintre ses tableaux dans le village. Il utilisait à cet effet la carrière d'Orschwihr. Mathias Grünewald est l'auteur du retable d'Issenheim dont le village est proche des lieux.

La démographie[modifier | modifier le code]

En 1801, le village compte 1 023 habitants et connaît un maximum démographique en 1851 avec 1358 habitants. Depuis ce temps là, la population a baissé de façon continue jusque dans les années 1960. La crise de la viticulture à la fin du XIXe siècle a provoqué un fort exode rural vers les villes de la région. Aucune industrie ne s'est implantée dans le village où le travail de la vigne conserve encore une grande importance. Une grande partie du terroir est désormais classé parmi les grands crus d'Alsace, témoignant ainsi de la qualité de la production locale. Orschwihr a perdu depuis un siècle une grande partie de sa population. De 1 285 habitants en 1871 elle est tombée à 817 en 1975. La baisse a été régulière. Mais depuis 1968, 1970 et 1975 quelques lotissements ont été construits ce qui a fait remonter la démographie dans le village. Ce sont surtout de jeunes couples travaillant dans les grandes agglomérations (Guebwiller, Soultz, Mulhouse, Soultzmatt, Rouffach et Colmar) qui se sont installés dans le village.

Économie et société[modifier | modifier le code]

Orschwihr reste un village essentiellement agricole. Les deux versants du vallon produisent des vins de qualité. Les 214 ha de vigne occupent près de la moitié de la surface agricole totale du village. Le cadastre établi en 1828 recense 396 propriétaires. En 1980 sur 363 ha de superficie agricole utilisées, 69 ha le sont pour des céréales. Le nombre de viticulteurs est de 40 dont 34 qui commercialisent leur production. En 1977 Orschwihr comptait plus de 53 ouvriers-paysans et une seule entreprise de construction avec plus de dix ouvriers.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason d'Orschwihr

Les armes d'Orschwihr se blasonnent ainsi :
« De gueules à la croix pattée allésée d'argent, soutenue d'un serpent contourné du même, ondolant en fasce, la tête levée vers le chef. »[2]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Alain Grappe UMP  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 1 052 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 040 945 1 198 1 182 1 306 1 282 1 231 1 339 1 358
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
1 244 1 293 1 330 1 285 1 218 1 197 1 174 1 200 1 143
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 147 1 154 1 105 946 917 912 885 830 784
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
768 780 817 812 849 920 972 979 1 052
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Nicolas[modifier | modifier le code]

Église Saint-Nicolas.
Anciennes tombes des curés d'Orschwihr (XVIIe-XVIIIe siècle) à côté de l'église.
Chapelle Saint-Wolfgang.
Intérieur de la chapelle Saint-Wolfgang.
Les restes du château d'Orschwihr.
Restes du château d'Orschwihr - Entrée du château.

La première église mentionnée à Orschwihr date de l'année 1335. Depuis, l'édifice a été reconstruit, notamment entre 1547 et 1577. Au Moyen Âge, l'église-mère du Bollenberg, située sur la crête orientale, servait de lieu de culte à six communes, dont Orschwihr. Des fouilles entreprises en 1894 près de l'ancien chœur ont permis de mettre à la surface une série de tombes de la première ère chrétienne. L'un des sarcophages est actuellement exposé au Musée historique de Mulhouse.
Le projet de construire une nouvelle église dans le village même devait avoir l'approbation du seigneur, Nicolas Bollwiller. En 1550, l'église paroissiale devint indépendante, le village relevant auparavant de l'église-mère du Bollenberg. Le sanctuaire de style gothique se composait d'un clocher-porche, d'une nef charpentée et d'un chœur vouté. L'église étant trop petite pour accueillir les fidèles, elle fut reconstruite entre 1778 et 1782. On garda juste le clocher. La tour porte encore les dates de 1576 et 1577.

Chapelle Saint-Wolfgang[modifier | modifier le code]

Située route de Soultzmatt, la chapelle remonte à 1850. Elle est citée depuis 1394. Elle est vendue en 1793 comme bien national, puis détruite en 1798 et rebâtie au même emplacement en 1850. La paroisse érigea cette chapelle sous le vocable de la Sainte-Croix, puis plus tard sous saint-Wolfgang, patron des vignerons. Les deux statues de saint Nicolas et de saint Urbain (XVIe siècle) qui s'y trouvaient autrefois sont depuis conservées au presbytère.

Cuve baptismale[modifier | modifier le code]

Chaire[modifier | modifier le code]

Autel des 14 auxiliateurs[modifier | modifier le code]

La Vierge à l'enfant(XVIIIe siècle)[modifier | modifier le code]

Monument funéraire de l'abbé François Xavier Schall[modifier | modifier le code]

Maisons vigneronnes[modifier | modifier le code]

Ancien presbytère[modifier | modifier le code]

Mairie du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Croix de chemin[modifier | modifier le code]

Les Châteaux forts[modifier | modifier le code]

Deux châteaux forts existaient autrefois sur la banc de la commune.

Château d'Orschwihr[modifier | modifier le code]

Il existait un manoir d'on l'origine remonte au XVe siècle. Les Andlau le tenait en fief jusqu'en 1524, puis cédèrent l'ensemble à Jean de Rixheim une famille noble. Vingt ans plus tard cette propriété est cédé aux nobles d'Erdmannsdorf, puis parviendra par mariage aux Truchsess de Rheinfelden. En 1722 le château est incendié, puis reconstruit. Après sa reconstruction il passa entre les mains de Griset. Son dernier propriétaire fut François Willemann, conseiller à la chambre de compte des évêques, qui renonça en faveur de son seigneur à ses droits. Vendu pendant la Révolution comme bien national, le château et ses dépendances furent transformés en exploitation agricole. Victime d'un nouvel incendie en 1934, il ne subsiste plus de nos jours que des anciennes fortifications, les restes de deux tours et un pont en pierre enjambant l'ancien fossé.

Article détaillé : Château d'Orschwihr.

Château du Stettenberg[modifier | modifier le code]

Le vieux château connu sous le nom de Stettenberg était situé en dehors du village dans le vallon du Quirenbach. Il remonte probablement au XIIe siècle. Au XIIIe siècle, il appartenait à la branche bâloise de la famille Mönsch. En 1375, il fut pillé par les bandes d'Enguerrand de Coucy, alors qu'il était passé entre les mains de Hermann de Schœnau. Il se composait d'un donjon carré aux murs habillés d'un parement à bossage récupéré ensuite par les habitants des lieux. Des bâtiments annexes s'y trouvaient à proximité. Depuis cette date, le château resta en ruine. Les ruines sont acquises en 1522 par le village.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Walther (Th) : Otschweier, ein Beitrag zur Geschichte der Ortschaften in Jarhrbuch des Vogesensvereins, 1906
  • Stinzi (P) : Dzs Schlosse von Orschweier, in AC, 1935
  • Grodwohl (M) : Le château d'Orschwihr: bilan d'une recherche in ASHTG, 1973-1974
  • Kessler (F) Découverte d'un sarcophage en pierre au Bollenberg in BHHM, 1894
  • Gardner (A): la pietà d'Orschwihr in SA, 1970, n°33 et 34

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le nom de Bollenberg, peut-être ancien lieu de sacrifices druidiques, proviendrait du dieu romain Apollon ; il aurait existé autrefois un temple dédié à Apollon sur la colline. Le lieu a également été considéré comme fréquenté par des dames blanches et des sorcières. (Mentionné par Auguste Stoeber, Légendes d'Alsace, collecte choisie et présentée par Françoise Morvan, Éd. Ouest-France, 2010 (ISBN 978-2-7373-4850-1)).
  2. Archives Départementales du Haut-Rhin
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2012.