Nobusuke Kishi

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Nobusuke Kishi
Nobusuke Kishi 01.jpg
Nobusuke Kishi
Fonctions
Premier ministre du Japon
-
Député à la Chambre des représentants du Japon
Biographie
Naissance
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Yamaguchi (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 90 ans)
Tokyo (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
岸信介Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Hidesuke Satō (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Eisaku Satō
Ichirō Satō (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Yoko Kishi (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique
Condamné pour
Distinctions
Grand cordon de l'ordre des fleurs de Paulownia
Grand cordon de l'ordre du Chrysanthème (d)
United Nations Peace Medal ()Voir et modifier les données sur Wikidata
signature de Nobusuke Kishi
signature

Nobusuke Kishi (岸 信介, Kishi Nobusuke?)Nobosuke Satō le à Tabuse et mort le à Fukuoka, est un homme d'État japonais. Il est Premier ministre du Japon du au puis du au .

Biographie[modifier | modifier le code]

Ascension au service de l'Empire du Japon[modifier | modifier le code]

Il naît sous le nom de Nobosuke Satō mais quitte sa famille durant sa jeunesse pour s'installer dans la famille plus influente des Kishi, adoptant par l'occasion leur nom de famille. Son jeune frère biologique, Eisaku Satō, deviendra aussi Premier ministre, de 1964 à 1972.

Il suit des cours à l'université impériale de Tokyo (renommée université de Tokyo après-guerre) et intègre le ministère du Commerce et de l'Industrie en 1920. En 1935, il devient l'un des plus influents officiels impliqués dans le développement industriel du Mandchoukouo. Le Premier ministre Hideki Tōjō, lui-même vétéran de la campagne de Mandchourie, le nomme ministre du Commerce et de l'Industrie en 1941. A ce titre, il est chargé de l'organisation du travail forcé. Il conserve cette position jusqu'à la reddition du Japon le .

Soustrait à la justice, l'ex-criminel de guerre devient Premier ministre[modifier | modifier le code]

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Jusqu'à 1948, Kishi est détenu à la prison de Sugamo en tant que suspect de crime de guerre de Classe A. Contrairement à Tōjō et divers autres membres du cabinet, Kishi n'est pas jugé par le Tribunal de Tokyo.

Pour l'historien John W. Dower, « même les pacifistes japonais qui ont endossé les idéaux de Nuremberg et de Tokyo, et qui ont travaillé à documenter et à publiciser les atrocités du régime Shōwa, ne peuvent justifier la décision américaine d'exonérer l'empereur (Hirohito) de sa responsabilité pour la guerre et ensuite, au sommet de la guerre froide, de libérer et peu après de se lier à des criminels de guerre d'extrême droite accusés comme le futur Premier ministre Nobusuke Kishi[1] ».

Bien que libéré, Kishi reste légalement interdit de participation dans les affaires publiques du fait de la purge des membres de l'ancien régime par les forces alliées d'occupation. Lorsque l'interdiction est levée en 1952, il décide de se relancer dans la politique. Après quelques déboires, il devient en 1954 le secrétaire du Parti démocrate du Japon (PDJ), dirigé par Ichirō Hatoyama. L'année suivante, Hatoyama devient Premier ministre et le PDJ fusionne avec le Parti libéral. Le Parti libéral-démocrate est créé, présidé par Hatoyama. Celui-ci est remplacé en 1956 par Tanzan Ishibashi qui devient à son tour Premier ministre. En 1957, Kishi est choisi pour lui succéder. Il est réélu l'année suivante et reste Premier ministre jusqu'en 1960.

Un héritage entre pacifisme et révisionnisme[modifier | modifier le code]

Kishi vise à réinsérer son pays dans le concert des nations : le Japon rejoint le Conseil de sécurité des Nations unies (1958-1959), accorde des dédommagements à l'Indonésie, met en place un nouveau traité commercial avec l'Australie et signe des traités de paix avec la Tchécoslovaquie et la Pologne.

Au mois de novembre 1959, il annonce ses propositions pour la renégociation de l'ANPO, le traité mutuel de sécurité signé avec les États-Unis en 1951. Perçues comme militaristes, elles entraînent des manifestations qui font 500 blessés en un mois. Des manifestants affrontent notamment la police dans le quartier de Nagata, sur les marches du bâtiment de la Diète. Kishi n'en tient pas compte et se rend à Washington en janvier 1960 pour signer le nouveau traité de coopération mutuelle et de sécurité entre les États-Unis et le Japon. Les manifestations se poursuivent, des grèves et des affrontements éclatent tandis que le gouvernement est obligé de demander un vote de confiance pour la ratification du traité. Le jour du vote, le 19 mai, la Diète est protégée par des centaines de policiers. En juin, le porte-parole de la Maison-Blanche James Hagerty, venu préparer la visite du président Dwight Eisenhower, est assiégé dans sa voiture par des manifestants de la ligue étudiante Zengakuren et doit être évacué par hélicoptère. Bien embarrassé, Kishi demande au président américain de reporter sa visite. Celle-ci est finalement annulée, ce qui déplaît à l'empereur Hirohito.

Par ailleurs, Kishi s'assure de faire libérer tous les criminels condamnés lors du Tribunal de Tōkyō qui étaient encore en prison. Plus discrètement, à la fin de son second mandat, il dédie au cimetière du Mont Sangane une stèle à Tojo et aux six autres criminels de guerre exécutés, les qualifiant de « sept patriotes morts pour leur pays »[2].

Le , du fait du ressentiment d'une partie de la population vis-à-vis du traité avec les États-Unis, de mécontentements au sein de son parti, et de son projet contesté d'abrogation de l'article 9 de la constitution, Kishi démissionne et Hayato Ikeda devient Premier ministre.

Son parcours illustre les conséquences de la décision américaine d'épargner certaines élites de l'Empire : d'un côté le Japon d'après-guerre a réussi son ouverture au monde, sa croissance économique, et son ancrage à l'Occident face au bloc soviétique, mais de l'autre le pays n'a non seulement pas fait son devoir de mémoire vis-à-vis des atrocités du régime impérial, mais aussi laissé le révisionnisme s'institutionnaliser et s'ancrer dans une politique nationale contrôlée par des familles à l'héritage souvent controversé.

En 1979, Kishi et l'homme d'affaires controversé Ryōichi Sasakawa, avec qui il a tissé des liens depuis leur emprisonnement à la prison de Sugamo, se voient décerner la Médaille de la paix des Nations unies (en).

Famille[modifier | modifier le code]

Sa fille Yoko a épousé Shintarō Abe, qui a travaillé à ses côtés avant de devenir ministre des Affaires étrangères dans les années 1980. Yoko et Shintarō sont les parents de Shinzō Abe, Premier ministre dans les années 2000 et 2010.

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]