Marguerite d'Anjou (1430-1482)

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Statue de Marguerite d'Anjou dans la série Reines de France et Femmes illustres du jardin du Luxembourg.
Le mariage d'Henri VI et de Marguerite d'Anjou, par Martial d'Auvergne, enluminure issue de l'ouvrage Vigiles de Charles VII, Paris, France, XVe siècle

Marguerite d'Anjou (23/24 mars 1430[1], probablement à Pont-à-Mousson ou Nancy[1] – 25 août 1482 à Dampierre-sur-Loire[1]), princesse de Lorraine et de Bar, fut l'épouse du roi Henri VI d'Angleterre. Elle fut donc reine consort d'Angleterre de 1445 à 1461 puis de 1470 à 1471.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle était la fille de René Ier d'Anjou, roi de Naples, duc d'Anjou, de Bar, de Lorraine et comte de Provence, et d'Isabelle Ire, duchesse de Lorraine.

Sa tante Marie d'Anjou ayant épousé le roi Charles VII de France, elle était la cousine germaine du roi Louis XI. Sa grand-mère paternelle était la fameuse Yolande d'Aragon, sa grand-mère maternelle la bienheureuse Marguerite de Bavière.

Le 23 avril 1445, elle fut mariée par procuration en la collégiale Saint-Georges de Nancy à Henri VI (1421 † 1471), roi d'Angleterre. Le mariage fut célébré en personne en la cathédrale de Westminster le 30 mai suivant.

Le couple eut un fils : Édouard, prince de Galles (1453-1471), marié en 1470 à Anne Neville (1456-1485), qui resta sans postérité.

Femme active, Marguerite d'Anjou fonda le Queen's College de Cambridge.

Doux et pieux, Henri VI, petit-fils de Charles VI de France, connut des accès de démence dès 1453. En 1461, il fut déposé par son cousin, le duc d'York (qui régna sous le nom d'Édouard IV), et enfermé dans une prison où il sombra définitivement dans la folie. Marguerite et son fils parvinrent à se réfugier en France en 1463.

La mère et l'enfant furent accueillis sans chaleur par leur cousin Louis XI.

Henri VI restauré en 1470, la reine Marguerite et le prince de Galles rentrèrent en Angleterre. Le 13 décembre 1470, à Amboise, le jeune prince fut marié à Anne Neville, fille du comte de Warwick, ce qui détacha celui-ci des York. Le lendemain, ils partirent d'Amboise.

Marguerite joua un grand rôle politique et militaire pendant la Guerre des Deux-Roses. Elle combattit sans relâche son ennemi Richard, duc d'York, père d'Édouard IV (qui était soutenu par les armées du puissant duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, quand Louis XI de France se refusait à aider sa cousine), et essaya sans succès de faire monter sur le trône son fils, le prince de Galles Édouard.

Néanmoins, Henri VI fut définitivement détrôné après la défaite de Tewkesbury où son fils, âgé de 18 ans, fait prisonnier, fut abattu sommairement sur l'ordre du duc de Gloucester, le futur Richard III. Henri VI, enfermé dans la Tour de Londres, fut assassiné.

Marguerite fut emprisonnée au château de Wallingford. Son père, le bon roi René, devait payer une rançon de 50 000 écus pour la libération de sa fille, mais ses finances ne le permettait pas. Louis XI, son cousin qui avait favorisé son mariage, accepta de verser la rançon mais à condition que son oncle lui cède ses duchés d'Anjou, de Bar, de Lorraine et de Provence[2]. Exilée en France, ayant perdu son trône, son mari et son enfant, elle rejoignit son père en 1476 à Aix-en-Provence.

En 1480, après la mort de son père, Marguerite d'Anjou termina sa vie tragique entre le manoir de Reculée, à Angers, et celui de Saumur[3]. En faveur de Louis XI, elle renonça de nouveau à ses droits sur les duchés de Bar et de Lorraine[4].

Elle mourut en Anjou en 1482 à l'âge de 52 ans. Sur un mur du château de Morains (le manoir de Morains, depuis XVe siècle), à Dampierre-sur-Loire, il existe une plaque[5] :

Chateau de Morains

ou mourut le 20 aout 1482[6]

Marguerite d'Anjou

Reine d'Angleterre fille du Roi Rene

heroïne de la guerre des Deux Roses

la plus malheureuse des Reines

des Epouses et des Meres.

Sa dépouille mortelle fut déposée dans le tombeau que le roi René avait fait construire pour lui-même dans le chœur de la cathédrale d'Angers. Elle rejoignit ainsi dans le même caveau son père et sa mère, Isabelle Ire de Lorraine[7].

Elle est l'héroïne de l'opéra Margherita d'Anjou de Giacomo Meyerbeer.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Diana E. S. Dunn, « Margaret (1430–1482) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
  2. Revue anglo-française p.42, 1837
  3. Revue anglo-française p.38, 1837
  4. Lettres patentes de Louis XI, le 19 octobre 1480
  5. Visité et vérifié le 2 février 2011
  6. Cette date de décès est douteuse, car Louis XI a expédié une lettre auparavant, le 12 août 1482, à Madame de Montsoreau : Madame, j'envoye devers vous mon escuier d'escuirye, Jehan de Chasteaudreux, pour m'amener tous les chiens que vous avez euz de la feue royne d'Angleterre. Vous scavez qu'elle m'a fait son heritier, et que ce sera tout le meuble que j'en aure ; ...... Escript a Mehun sur Loire, le XIIe jour d'aoust. Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome IX p. 276, Librairie Renouard, Paris 1905.
  7. Revue anglo-française p.41, 1837

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Helen H. Maurer, Margaret of Anjou : Queenship and Power in Late Medieval England, Woodbridge, The Boydell Press, 2003, XII-240 p., [compte-rendu].