Anne de Danemark

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Anne de Danemark
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La reine Anne par Marcus Gheeraerts le Jeune.

Titres

Reine consort d’Écosse


(29 ans, 6 mois et 10 jours)

Prédécesseur James Hepburn
Successeur Henriette-Marie de France

Reine consort d'Angleterre et d'Irlande


(15 ans, 7 mois et 5 jours)

Prédécesseur Catherine Parr
Successeur Henriette-Marie de France
Biographie
Titulature Princesse de Danemark et de Norvège
Dynastie Maison d'Oldenbourg
Nom de naissance Anna af Danmark
Naissance
Skanderborg (Danemark-Norvège)
Décès (à 44 ans)
Château de Hampton Court (Angleterre)
Sépulture Abbaye de Westminster
Père Frédéric II de Danemark
Mère Sophie de Mecklembourg-Güstrow
Conjoint Jacques VI d'Écosse et Ier d'Angleterre
Enfants Henri, prince de Galles
Élisabeth, princesse royale
Charles Ier Red crown.png
Religion Luthéranisme danois

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Anne de Danemark (en danois Anna af Danmark) née le à Skanderborg (Danemark-Norvège) et décédée le au Château de Hampton Court, (Angleterre) était une princesse danoise devenue reine d'Angleterre, d'Irlande et d'Écosse en épousant Jacques Ier

Deuxième fille du roi Frédéric II de Danemark, Anne épouse Jacques en 1589 à l'âge de 15 ans et lui donna trois enfants qui survécurent à l'enfance, dont le futur Charles Ier. Elle a fait preuve d'une certaine indépendance et d'une volonté d'utiliser la politique écossaise partisane dans ses conflits avec Jacques concernant la garde du Prince Henri et son traitement de son amie Beatrix Ruthven. Anne semble avoir aimé Jacques au début, mais le couple s'est peu à peu éloigné et a fini par vivre séparément, bien que le respect mutuel et une certaine affection aient survécu.

En Angleterre, Anne est passée de la politique partisane au mécénat des arts et a construit sa propre cour magnifique, accueillant l'un des salons culturels les plus riches en Europe. Après 1612, elle a souffert de problèmes de santé persistants et s'est progressivement retirée du centre de la vie de la cour. Bien qu'elle aurait été Protestante au moment de sa mort, les preuves suggèrent qu'elle s'est peut-être convertie au Catholicisme à un moment donné de sa vie.

Les historiens ont traditionnellement rejeté Anne comme une reine légère, frivole et indulgente. Cependant, de récentes réévaluations reconnaissent l'indépendance affirmée d'Anne et, en particulier, son importance dynamique en tant que mécène des arts à l'ère jacobéenne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Anne naît le 12 décembre 1574 au château de Skanderborg dans la péninsule de Jutland, royaume du Danemark. Sa naissance sonne comme un coup dur pour son père, le Roi Frédéric II de Danemark, qui espérait avoir un fils. Mais sa mère, Sophie de Mecklembourg-Güstrow, alors âgée de seulement 17 ans, donnera naissance trois ans plus tard à un fils, le futur Christian IV de Danemark[1].

Anne et sa sœur aînée Elizabeth sont envoyées à Güstrow en Allemagne pour être élevées par leurs grands-parents maternels, le Duc et la Duchesse de Mecklembourg. À l'inverse des excentricités connues à la cour danoise - le roi Frédéric étant connu pour son infidélité et pour organiser des réceptions gargantuesques et très arrosées - Anne reçoit à Güstrow une éducation stable, menant une vie quasi austère[2]. Christian, son petit frère, est également envoyé à Güstrow deux années durant. En 1579, le Riksråd exige son retour au royaume : Christian rentre, accompagné de ses sœurs[3].

Au Danemark, Anne reçoit une bonne éducation très axée sur les valeurs familiales, en grande partie grâce à la Reine Sophie qui soigne elle-même les enfants lorsque ces derniers sont malades[4].

Anne et Elizabeth sont courtisées par des prétendants venant de l'Europe entière - notamment par Jacques VI et Ier qui perçoit en le royaume de Danemark un partenaire religieux et économique idéal [5].

L'autre possibilité sérieuse de Jacques, bien que 8 ans son aîné, est Catherine, sœur du roi Huguenot Henri III de Navarre (futur Henri IV de France), qui était favorisée par Élisabeth Ire (reine d'Angleterre). Les ambassadeurs écossais avaient d'abord centré leurs intérêts sur la fille aînée[6]. Mais Frédéric II fiança Élisabeth à Henry Julius, duc de Brunswick, promettant aux Écossais que « pour la deuxième [fille] Anne, si le roi l'aimait, il l'aurait... »[7].

Fiançailles et mariage par procuration[modifier | modifier le code]

La situation constitutionnelle de Sophie, la mère d'Anne, est devenue difficile après la mort de Frederic en 1588 quand elle s'est retrouvée dans une lutte de pouvoir avec le Riksråd pour le contrôle du roi Christian [8]. En tant qu'entremetteuse, cependant, Sophie s'est montrée plus diligente que Frederic et, surmontant les points de discordance sur le montant de la dot et le statut des Orcades[7], elle a scellé l'accord en juillet 1589[9]. Anne elle-même semble avoir été ravie du résultat[10]. Le 28 juillet 1589, l'espion anglais Thomas Fowler rapporte qu'Anne était « à ce point amoureuse de la Majesté le Roi pour ainsi dire morte pour elle d'en avoir été séparée et a fait preuve aux divers degrés de son affection que sa majesté ne peut en rien réclamer. »[11] L'insinuation de Fowler, selon laquelle Jacques préférerait les hommes aux femmes, aurait été cachée à Anne, quatorze ans, qui se dévouait à broder des chemises pour son fiancé pendant que trois cents tailleurs travaillaient sur sa robe de mariée[10].

Quelle que soit la véracité des rumeurs, Jacques avait besoin d'une rencontre royale pour préserver la descendance Stuart[12]. « Dieu est mon témoin », il explique, « J'aurais pu m'abstenir plus longtemps que le bien de mon pays ne l'aurait permis,[si] mon long retard n'avait pas fait naître dans les seins de beaucoup une grande jalousie de mon incapacité, comme si j'étais une lignée stérile. »[13]. Le 20 août 1589, Anne a été mariée par procuration à Jacques au Château de Kronborg, la cérémonie se termine avec le représentant de Jacques, George Keith, 5e comte Marischal, assis à côté de Anne sur le lit de mariage.

Mariage[modifier | modifier le code]

Armoiries d'Anne en tant que reine consort d'Écosse

Anne organise son départ pour l'Écosse en moins de 10 jours, mais sa flotte essuie une série de mésaventures[14],[15] qui la ramène de force sur les côtes de Norvège. Elle se réfugier ensuite à Oslo par voie terrestre, accompagnée du comte-maréchal et de membres des ambassades écossaises et danoises[15].

Le 12 septembre, Lord Dingwall débarque à Leith. Il témoigne qu’« il accompagna la flotte de la Reine pendant trois cents milles, mais en a été séparé lors d’une grande tempête, craignant alors que la Reine soit en danger sur les mers ». Alarmé, Jacques appelle alors au jeûne national et aux prières publiques. Il guète l’arrivée d’Anne sur le fleuve Firth of Forth. Aussi, il écrit plusieurs chansons, l'une comparant la situation à celle de Héro et Léandre. Il et envoie une équipe de recherche, avec une lettre français qui lui est destinée : « Je ne peux exprimer à quelqu'un qui me connaît aussi bien qu'à son propre reflet dans un verre, mon amour bien-aimé, les peurs que j'ai éprouvées à cause des vents contraires et des violentes tempêtes depuis votre embarquement... ». Informé en octobre que les Danois avaient abandonné la traversée pour l'hiver, et dans ce que Willson appelle « le seul épisode romantique de sa vie », Jacques quitte Leith avec une flotte de trois cents hommes pour aller chercher personnellement sa femme. Il arrive à Oslo le 19 novembre après avoir quitté Flekkefjord par voie terrestre via Tønsberg. Selon un récit écossais, il se présente à Anne avec enthousiasme et désarmant ses protestations, il lui donne un baiser à la manière écossaise.

Descendance[modifier | modifier le code]

Le couple royal a trois enfants qui atteignent l’âge adulte :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Williams, p. 3
  2. Williams, p. 2
  3. Williams, p. 5
  4. Williams, p. 4
  5. Croft, p. 24
  6. Williams, p. 12
  7. a et b Williams, p. 10
  8. Williams, p. 6
  9. Williams, p. 14
  10. a et b Williams, p. 14-15
  11. Williams, p. 15
  12. Croft, p. 23-4
  13. Willson, p. 85
  14. À Elseneur, un canon de la marine s'était retourné contre lui, tuant deux artilleurs. Le lendemain, un coup de feu en hommage à deux nobles écossais en visite a explosé, tuant un artilleur et blessant neuf membres de l'équipage. Les tempêtes en mer ont ensuite mis la flotte en grande difficulté (un rapport faisait état de la disparition du navire d'Anne pendant trois jours). Deux des navires de la flottille sont entrés en collision, tuant deux autres marins. Le navire d'Anna, le Gideon, a pris une fuite dangereuse et a été réparé à Gammel Sellohe en Norvège, mais il a de nouveau fui après avoir mis les voiles une nouvelle fois. La flotte s'est alors installée à Flekkerø, le 1er octobre, et les équipages n'étaient pas disposés à réessayer si tard dans l'année
  15. a et b Stewart, p. 109

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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