Livre de Talbot-Shrewsbury

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Livre de Talbot-Shrewsbury
Presentation page Talbot Shrewsbury Book.jpeg
Page de présentation du livre avec des vers dédicacés et une enluminure représentant John Talbot (1er comte de Shrewsbury) qui offre le livre à Marguerite d'Anjou, assise à côté d'Henri VI, f. 2v.
Artistes
Date
Entre et Voir et modifier les données sur Wikidata
Matériau
Dimensions (H × L)
47,5 × 33,5 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
Collection
N° d’inventaire
Royal 15 E VIVoir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

Le Livre de Talbot-Shrewsbury est un manuscrit enluminé réalisé à Rouen par le Maître de Talbot vers 1445. Il est offert par le connétable John Talbot à la princesse Marguerite d'Anjou à l'occasion de son mariage avec Henri VI. Ce livre contient une quinzaine de textes en français, dont des chansons de geste, des épopées chevaleresques ainsi que les statuts de l'Ordre de la Jarretière. Il est actuellement conservé à la British Library (Royal MS 15 E VI).

Textes[modifier | modifier le code]

Deux grands rois, Alexandre le Grand et Charlemagne, sont évoqués dans les six premiers textes du livre.

Alexandre le Grand[modifier | modifier le code]

Alexandre dans un sous-marin.

La conquête de l'Empire perse par Alexandre est abondamment racontée (f.5-24v). Des détails concernant son éducation par Aristote, le meurtre de sa mère Olympias et la vie de ses successeurs sont également évoqués.

Charlemagne[modifier | modifier le code]

Charlemagne est salué par quatre rois.

Le manuscrit contient par ailleurs trois chansons de geste au sujet des campagnes victorieuses de Charlemagne en Italie contre les Lombards : Simon de Pouille, Aspremont, et Fierabras (f.25-85v). Les campagnes de Charlemagne contre les Sarrasins sont brièvement évoquées. Une anecdote révèle la fuite de quatre frères, qui redoutent la persécution de Charlemagne, en Terre Sainte sur le dos du cheval légendaire Bayard.

Autres textes[modifier | modifier le code]

D'autres textes de chansons de geste et de chevalerie sont également présents : Ogier de Danemarche (f.86-154v), Regnaut de Montauban et les Quatre fils Aymon (f.155-206), Pontus et Sidoine (f.207-226v), Guy de Warwick (f.227-265) et Heraud d'Ardenne (f.266v-272), la Chanson du Chevalier au Cygne (f.273-292), L'arbre de batailles (f.293-325v), le Livres du gouvernement des rois (f.327-361), Chroniques de Normandie (f.363-401), Breviaire des nobles d'Alain Chartier (f.403-404v), Les fais d'armes et de chevalerie de Christine de Pisan (f.405-438). Il s'achève sur les statuts de l'Ordre de la Jarretière (f.439-440v)[1].

Miniatures[modifier | modifier le code]

Arbre généalogique des descendants de Saint Louis, f3r

L'ouvrage est décoré de deux miniatures en pleine page, douze miniatures sur deux colonnes et 130 petites miniatures[1]. Elles sont attribuées pour l'essentiel au Maître de Talbot qui doit son nom de convention à ce manuscrit. Il a été aidé par des collaborateurs pour la réalisation de sept miniatures par le Maître de la Légende dorée de Munich (dont la miniature à pleine page de Babylone, f.4v ; f.22a ; f.22b (haut et bas) ; f.22v a et b ; f.23v a), avec qui il a déjà collaboré à la peinture d'autres livre d'heures et qui a été formé comme lui au sein de l'atelier du Maître de Bedford[2]. Le Maître de Hoo pourrait aussi avoir collaboré à la réalisation de 4 miniatures (f.21-24)[3], ainsi qu'un autre artiste anonyme, suiveur du Maître de Bedford.

Le Livre de Shrewsbury est probablement plus connu pour les deux images qui ornent son frontispice. Sur la seconde page est représenté Marguerite d'Anjou vêtue d'une superbe robe rouge. Un noble, identifié comme John Talbot grâce au chien blanc, lui présente le Livre. L'arbre généalogique sur la première page montre la revendication d'Henri VI au trône de France en tant que descendant de Louis IX dit « Saint Louis » par son père Henri V et sa mère Catherine de Valois. L'arbre est soutenu à gauche par Humphrey de Lancastre, duc de Gloucester, l'oncle d'Henri VI et à droite par Richard Plantagenêt, duc de York, cousin d'Henri VI. Sur la droite sont représentés les rois d'Angleterre depuis Édouard II, aux côtés de son épouse Isabelle de France (fille de Philippe IV) jusqu'à Henri V. Sur la gauche sont représentés les rois de France de la Maison de Valois depuis le comte Charles de Valois (fils de Philippe III et père de Philippe VI) jusqu'à Charles VI et sa fille Catherine, épouse d'Henri V et mère d'Henri VI. Charles VII, fils de Charles VI et écarté de la succession en 1420 par le Traité de Troyes, n'est évidemment pas représenté. Les deux familles royales sont réunies au-dessus d'Henri VI.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • C.F. Briggs (1993), Manuscripts of Giles de Rome's ~De Regimine Principium~ in England, 1300-1500, Scriptorium:Revue internationale des études relative aux manuscrits, 47: 60–73
  • J.P. Carley, ed. (2000), The Libraries of King Henry VIII Corpus of British Medieval Library Catalogues, 7, London, pp. ?H1.91
  • George Cary (1987), The Medieval Alexander, Cambridge: Cambridge University Press, (ISBN 0824077520)
  • G. Labory, Les manuscrits de la Grande Chronique de Normandie du XIVe et du Xve siècle, Revue d'Histoire des Textes, 1997, 27: 191–222 ; 1998, 28: 183–233 ; 1999, 29: 245–294
  • François Maillard (1948), Les traductions du De regimine principum de Gille de Rome, École nationale des chartes, Paris, 1948. — Résumé dans Positions des thèses de l'École des chartes
  • Scot McKendrick ; Kathleen Doyle; John Lowden (2011), Royal Manuscripts, the Genius of Illumination, Londres : British Library, p. 401, (ISBN 9780712358156)
  • Catherine Reynolds (1993), The Shrewsbury Book, Londres, British Library, Royal MS 15 E VI'", Medieval Art, Architecture and Archaeology at Rouen, British Archaeological Association Conference Transactions, 12: 109–16
  • D.J.A. Ross (1985), Studies in the Alexander Romance, Londres : Pindar Press, (ISBN 090713226X)
  • V.J. Scattergood (1971), Politics and Poetry in the Fifteenth Century, Londres : Blandford Press, (ISBN 0713736089)
  • Jacques Thomas (1961), Les mises en prose de Renaut de Montauban : classement sommaire et sources (Fin du moyen âge et Renaissance : Mélanges offert à Robert Guiete ed.), Anvers

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Notice de la BL
  2. Laurent Ungeheuer, Le Maître de la Légende dorée de Munich : un enlumineur parisien du milieu du XVe siècle, formation, production, influences et collaborations, Paris, École Pratique des hautes Études (thèse de doctorat d'histoire de l'art sous la direction de Michel Pastoureau), , 760 p. (lire en ligne), p. 172-174
  3. Marc-Edouard Gautier, Pierre-Gilles Girault, Pascale Charron, Trésors enluminés des musées de France. Pays de la Loire et Centre, 272 p. (ISBN 978-2-85575-000-2), p. 142 (notice 31)