Marguerite Moreno

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Marguerite Moreno
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Marguerite Moreno vers 1896.

Nom de naissance Lucie Marie Marguerite Monceau
Naissance
Paris, France
Nationalité Drapeau de France Française
Décès (à 76 ans)
Touzac, Lot
Profession Actrice
Films notables Les Misérables
Le Roman d'un tricheur
Regain
Ils étaient neuf célibataires

Lucie Marie Marguerite Monceau, dite Marguerite Moreno , est une actrice française, née le à Paris 9e et morte le (à 76 ans) à Touzac[1] (Lot).

Biographie[modifier | modifier le code]

Marcel Schwob par Félix Valloton

Fille de Pierre Monceau, professeur de mathématiques, et de Charlotte Lucie Moreno[1], Marguerite Moreno étudie en pension à Paris et en Bretagne[2], puis elle entre au Conservatoire de Paris dans la classe de Gustave Worms[2]. Engagée à la Comédie-Française en 1890, elle côtoie sur scène Charles Le Bargy, Mounet-Sully, Julia Bartet, Coquelin cadet, Paul Mounet. Elle est alors « la muse des symbolistes », et la confidente de Stéphane Mallarmé mais pourtant, elle ne parvient pas à le convaincre de monter Hérodiade. C'est elle qui organise en 1898 les funérailles du poète, en l'église et au cimetière de Samoreau près la Seine où il avait une maison de campagne. Après avoir été la maîtresse de Catulle Mendès[3], elle épouse en Angleterre, le 12 septembre 1900, l'écrivain Marcel Schwob. Malade, celui-ci meurt en 1905 à l'âge de 37 ans[4].

En 1903, Marguerite Moreno quitte la Comédie-Française et rejoint le Théâtre de Sarah Bernhardt, puis plus tard le Théâtre Antoine. Pendant sept ans, elle dirige à Buenos Aires la section française du Conservatoire[5]. Quand éclate la Grande guerre, elle s'active à l'hôpital militaire de Nice. Elle s'est remariée en 1908 avec l'acteur Jean Daragon[6] mais elle perd son second époux au début des années 1920. Dès 1915, elle découvre le cinéma et, pendant la période du muet, elle joue notamment dans Vingt ans après d'Henri Diamant-Berger où elle campe la reine Anne d'Autriche « sous un maquillage plâtreux, yeux cernés, bouche en cerise[3] » (1922), donne la réplique à Maurice Chevalier dans Gonzague et Le Mauvais Garçon du même réalisateur (1923), et figure dans Le Capitaine Fracasse d'Alberto Cavalcanti (1929). Sur les conseils de son amie l'écrivaine Colette, elle se tourne vers les rôles comiques[3] et, en 1929, elle remporte un grand succès sur scène dans Le Sexe faible d'Édouard Bourdet ; elle y joue « une vieille comtesse slave qui, pour occuper son ennui, lève et paie les beaux garçons[7] » (rôle qu'elle reprendra au cinéma dans la version filmée par Robert Siodmak en 1933).

La Source bleue dans le Lot, près de laquelle était située la maison de Marguerite Moreno

Au début de l'entre-deux-guerres, elle s'installe dans sa propriété du Lot (rénovée pour elle grâce à son cousin Pierre Moreno[8], un de ses proches, lui aussi comédien et souvent son partenaire[9]). Sa carrière se partage dès lors entre théâtre et cinéma et, selon O. Barrot et R. Chirat, « Moreno accepte tout ce qu’on lui propose. Le rire du spectateur moyen à chacune de ses apparitions lui suffit [10] ». Elle apparait ainsi dans Un trou dans le mur de René Barberis (1930), Tout va très bien madame la marquise de Henry Wulschleger (1936), La Fessée de Pierre Caron (1937) ; mais elle est aussi dirigée, entre autres, par Raymond Bernard (Les Misérables, dans le rôle de la Thénardier, avec Harry Baur et Charles Dullin, 1934), Sacha Guitry (Faisons un rêve, Le Roman d'un tricheur et Le Mot de Cambronne en 1936, Les Perles de la couronne en 1937, Ils étaient neuf célibataires en 1939, Donne-moi tes yeux en 1943), Marcel Pagnol (Regain avec Fernandel en 1937, La Prière aux étoiles en 1941 - film inachevé), Christian-Jaque (Carmen en 1942, Un revenant en 1946 avec Louis Jouvet), ou encore Claude Autant-Lara (Douce en 1943). En 1945, aux côtés de Jouvet, elle triomphe au théâtre dans le rôle d'Aurélie de La Folle de Chaillot, écrit pour elle par Jean Giraudoux. Son dernier film, L'assassin est à l'écoute, sort quelques semaines après sa mort en 1948.

Sa maison La Source bleue à Touzac (Lot) est un magnifique domaine, aujourd'hui transformé en auberge par ses héritiers.

Paul Valéry considérait qu'elle était la seule à savoir dire des vers et l'invitait à en réciter lors de ses cours au Collège de France. Sur elle, Paul Léautaud a écrit : « Ce soir, en écoutant Moreno dans Aricie, je pleurais tout bas… » et « On la trouve laide, on n'est pas laide avec un visage si expressif, si fin en même temps - les yeux, le nez, la bouche sont pleins d'esprit. Elle en a d'ailleurs comme rarement chez une femme. C'est la malice et la satire féminines en personne »[11].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Une Française en Argentine, Georges Crés éditeur, 1914.
  • La Statue de sel et le bonhomme de neige : souvenirs de ma vie et quelques autres, Flammarion, 1926.
  • Souvenirs de ma vie, préface de Colette, introduction de Robert Kemp, Éditions de Flore, 1948.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Suzy Vernon et Marguerite Moreno (1934)

Théâtre[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Acte de naissance sur archivesenligne.paris.fr (acte no 1089, image 7)
  2. a et b Marguerite Moreno, Souvenirs de ma vie, préface de Colette, introduction de Robert Kemp, Éditions de Flore, 1948. Réédité par les Éditions Phébus, 2002
  3. a, b et c Olivier Barrot et Raymond Chirat, Noir & Blanc, 250 acteurs du cinéma français 1930-1960, Flammarion, 2000 (ISBN 2-08-067877-9), p. 387-390
  4. Biographie de Marcel Schwob
  5. Cette période lui inspire un récit romancé, Une Française en Argentine, publié en 1914
  6. Jean Daragon sur Data.bnf.fr
  7. Maurice Martin du Gard, Carte rouge, Ernest Flammarion, 1930
  8. Pierre Moreno sur La Comédie musicale en France
  9. Marguerite Moreno, op.cit, Éditions Phébus, 2002, note de l'éditeur
  10. O. Barrot et R. Chirat, op.cit
  11. Paul Léautaud, Journal littéraire, tome I (1893-1906), Mercure de France, 1954 - cité par O. Barrot et R. Chirat, op.cit.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Raymond Chirat, La Vie de Marguerite Moreno, 1871-1948, Éditions du Rocher, 2003
  • Raymond Chirat, Olivier Barrot, Les Excentriques du cinéma français : 1929-1958, Henri Veyrier, Paris, 1983 (ISBN 9782851993045)
  • Yvan Foucart, Dictionnaire des comédiens français disparus, Éditions cinéma, Mormoiron, 2008, 1185 p. (ISBN 978-2-9531-1390-7)
  • François Soustre, Marguerite Moreno, Éditions Séguier, 2009

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]