Eugène Morand

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Eugène Morand
Eugène Morand 03.png
Portrait photographique de Morand par Nadar.
Fonctions
Directeur
École nationale supérieure des arts décoratifs
-
Conservateur
Dépôt des marbres
-
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 76 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Eugène-Edmond MorandVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Enfant
Autres informations
Distinctions
Œuvres principales
La Tragique Histoire d’Hamlet, Prince de Danemark (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
signature d'Eugène Morand
Signature d’Eugène Morand dans son dossier de Légion d’honneur.

Eugène Morand, né le à Saint-Pétersbourg et mort le à Paris, est un peintre, dramaturge et librettiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d’un fondeur de bronzes d’art à la Fonderie Impériale de Saint-Pétersbourg, Eugène Morand était un peintre de l’école de Ruskin, admirateur des préraphaélites[1]. Avec Étienne Clémentel, il a exécuté la décoration murale de la salle des mariages de l’hôtel de ville de Riom, lors de sa restauration en 1910[2].

Peintre discret mais dramaturge en vue[3], il a été un des principaux auteurs du théâtre parisien de la fin du XIXe siècle. Les pièces, qu’il a écrites seul ou en collaboration, étaient jouées partout avec grand succès. Raymonde, qu’il avait écrite avec André Theuriet, Griselidis, qu’il avait écrit avec Armand Silvestre, ont été joués à la Comédie-Française[4].

Sarah Bernhardt a représenté la traduction d’Hamlet qu’il lui a donnée, avec Marcel Schwob[5]. On lui doit également le livret de Sanga et de Messaline d’Isidore de Lara, Grisélidis de Jules Massenet[4] et les Drames sacrés Charles Gounod[1].

Grâce à l’entremise de son beau-frère Abel Combarieu, directeur du cabinet du président de la République, plusieurs fonctions liées à l’art : conservateur du Dépôt des marbres en 1902[1], directeur de l’École des arts décoratifs de 1908 à 1925[6].

Libre-penseur, dreyfusard, grand admirateur de Zola[7], chez qui fréquente le Tout Paris artistique et littéraire[8], il est proche des poètes, dont le cercle des amis de Stéphane Mallarmé, Oscar Wilde, Henri de Régnier, Frank Harris, Francis Vielé-Griffin[9], José-Maria de Heredia, Georges de Porto-Riche, Armand Silvestre[3], Jean Giraudoux, à qui il a conseillé de faire du théâtre car quand il parlait, on croyait entendre le neveu de Rameau[10], les artistes Marcel Schwob, Sarah Bernhardt[11], Charles Gounod, Jules Massenet[12], et les sculpteurs, dont Auguste Rodin, René Lalique, Émile Gallé[13].

Il était le père de Paul Morand. On lui prête cette simple réponse à la sempiternelle question : « Que voulez-vous faire de votre fils ? — Un homme heureux. »[14]. Marie-Louise Charrier, qu'il avait épousé à vingt ans[15], est morte en 1947.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Raymonde : le Don Juan de Vireloup, Paris, G. Charpentier, , 352 p. (lire en ligne).
  • Le Pianiste, monologue, Paul Ollendorff, 1881.
  • Un homme à la mer !, monologue, Paul Ollendorff, 1881, in-16, 13 p.
  • L’Heure du berger, comédie, Paris, Les Figaro, 1881.
  • Le Député, monologue dit par Coquelin cadet de la Comédie-Française, Paul Ollendorff, 1883.
  • L’Héritière, comédie en 1 acte, en prose, Comédie-Française, 2 décembre 1885, Paul Ollendorff, 1885.
  • Les dossiers jaunes, comédie bouffe en 3 actes, 1886, Théâtre de la Renaissance
  • Le Roman de Paris, Paris, Paul Ollendorff, 1887.
  • Raymonde, comédie en 3 actes, avec André Theuriet Comédie-Française, 1887, G. Charpentier 1887.
  • Grisélidis, conte lyrique en 3 actes et 1 prologue, avec Armand Silvestre, Comédie-Française, 1891.
  • Les Drames sacrés, poème dramatique en un prologue et 10 tableaux en vers, avec Armand Silvestre, musique de Charles Gounod, théâtre du Vaudeville 1893.
  • Izeÿl, drame indien en 4 actes et en vers, avec Armand Silvestre, musique de scène de Gabriel Pierné, théâtre de la Renaissance 1894.
  • Messaline, drame lyrique en 4 actes et 5 tableaux, avec Armand Silvestre, musique d’Isidore de Lara, théâtre de la Gaîté 1903, Paul de Choudens, 1899.
  • Cœur d’amour, petit poème pour être dansé, Éditions de la Vogue, 1900.
  • L’Île heureuse, poème dramatique, Paris, Sarah Bernhardt, 12 juin 1901, P.-V. Stock 1902.
  • Sanga, drame lyrique en 4 actes, avec Paul de Choudens, musique d’Isidore de Lara, 1906.
  • Les Cathédrales, poème dramatique, musique de Gabriel Pierné, théâtre Sarah-Bernhardt, 6 novembre 1915, Librairie théâtrale, artistique et littéraire, 1915.
  • Les Cathédrales, poème dramatique,Paris, théâtre Sarah-Bernhardt, 6 novembre 1915, Librairie théâtrale, artistique et littéraire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Katia Bogopolskaia, Diplomates écrivains : correspondances diplomatiques, Paris, L’Âge d’homme, , 316 p. (ISBN 978-2-8251-1455-1, lire en ligne), p. 12-13.
  2. L’Art vivant, t. 25-36, Paris, Nouvelles littéraires, (présentation en ligne), p. 387.
  3. a et b Michel Collomb, Paul Morand : petits certificats de vie, Paris, Hermann Éditeurs, , 151 p. (ISBN 978-2-7056-6615-6, présentation en ligne), p. 3.
  4. a et b « Les Lettres », L’Intransigeant, Paris, no 18339,‎ , p. 2 (lire en ligne, consulté le 15 août 2019).
  5. (en) Gerda Taranow, The Bernhardt Hamlet : culture and context, New York, Peter Lang, , xix, , 266 p. (ISBN 978-0-8204-2335-7, OCLC 605159100, présentation en ligne), p. 27.
  6. Paul Morand, Journal inutile, t. I.
  7. Jacques Body, Jean Giraudoux, Paris, Gallimard, , 934 p. (ISBN 978-2-07-076142-5, présentation en ligne), p. 200.
  8. Paul Morand, Air indien, Paris, Grasset, coll. « Les Cahiers Rouges », , 266 p. (ISBN 978-2-246-80980-7, présentation en ligne), p. 2.
  9. Ginette Guitard-Auviste (dir.) et Paul Morand, Lettres à des amis et à quelques autres, Paris, La Table ronde, , 291 p. (présentation en ligne), p. 222.
  10. Société des Amis de Jean Giraudoux et Association des Amis de Jean Giraudoux, Giraudoux chez les Renaud-Barrault, Paris, CRLMC, (présentation en ligne), chap. 30, p. 135.
  11. Catharine Savage Brosman, French novelists : 1900-1930, t. 65, Gale Research Co., , 381 p. (ISBN 978-0-8103-1743-7, présentation en ligne), p. 206.
  12. La Nouvelle revue française, Paris, NRF, (présentation en ligne), p. 113.
  13. Le Figaro magazine, Paris (présentation en ligne), p. 32.
  14. Michel Bulteau, La Nouvelle Revue de Paris, Monaco, Éditions du Rocher, (lire en ligne), chap. 13-16, p. 14.
  15. Manuel Burrus, Paul Morand, voyageur du XXe siècle, Paris, Séguier, , 189 p. (présentation en ligne), p. 27.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]