Jean Aicard

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Jean Aicard
Description de cette image, également commentée ci-après
Jean Aicard, vers 1890.
Nom de naissance Jean François Victor Aicard
Naissance
Toulon, Drapeau de la France France
Décès (à 73 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale
Distinctions
Prix Montyon (1874 et 1876)
Prix Vitet (1881)
Prix de poésie (1883)
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Jean François Victor Aicard, né le à Toulon (Var) et mort le à Paris, est un poète, romancier et dramaturge français.

Ses parents[modifier | modifier le code]

Son père était un républicain saint-simonien, rédacteur dans des journaux d'opposition sous la monarchie de Juillet. Il meurt quand son fils a cinq ans[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Aicard par le sculpteur Victor Nicolas (buste en bronze, 1931).
Maison natale de Jean Aicard à Toulon.
Tombe de Jean Aicard au cimetière de Toulon[2].
Un coin de table, où Jean Aicard est présent (debout à droite) aux côtés de Rimbaud et Verlaine.
Conte du crocodile, illustré par Marie-Madeleine Franc-Nohain

Jean Aicard naît le à Toulon (Var). Une plaque signale sa maison natale. Il fait ses études à Mâcon, où il fréquente Lamartine, puis au lycée de Nîmes, puis en droit à Aix-en-Provence.

Venu à Paris en 1867, il y publie un premier recueil, les Jeunes Croyances, où il rend hommage à Lamartine[3]. Le succès qu'il rencontre lui ouvre les portes des milieux parnassiens, grâce à son cousin, Pierre Elzéar. En 1869, il collabore au deuxième recueil du Parnasse contemporain[4]. En 1870, une pièce en un acte est produite au théâtre de Marseille. Pendant la guerre, il reste à Toulon dans sa famille. Après la guerre, il assiste aux dîners des Vilains Bonshommes et participe à la création de la revue La Renaissance littéraire et artistique[5]. En 1874, il publie Poèmes de Provence, qui font de lui le poète de cette région. En 1876, il collabore au troisième recueil du Parnasse contemporain.

Les deux romans qui lui valent la reconnaissance sont Maurin des Maures (1908) et L'illustre Maurin. D'une façon générale, l'enfance incarne une source d'inspiration prédominante dans son oeuvre[6].

En 1894, il devient président de la Société des gens de lettres. Le guide Paris-Parisien, qui le considère en 1899 comme une « notoriété des lettres », note le « romantisme méridional »[7] de son œuvre.

En 1909, il entre à l'Académie française au fauteuil de François Coppée.

Il est élu maire de Solliès-ville en 1920.

La mésentente avec Frédéric Mireur était de notoriété publique. Il égratignera son côté anti-clérical dans son livre "Les anciens couvents de Draguignan". Une rue, paradoxalement, portera son nom à Draguignan quasiment dans le prolongement de la rue Jean Aicard. Frédéric Mireur lui reprochait son côté parisianiste, opportuniste et grossier. Tandis que Jean Aicard voyait en Frédéric Mireur un homme réactionnaire et proche des idées anti-dreyfusardes[8]. La dissension atteint son paroxysme lors de l'écriture de "Maurin des Maures". Fréderic Mireur considérera, entre autres, le passage avec le préfet de Draguignan[9] comme grotesque et fantaisiste. Dans ce roman, les Varois en général et les habitants de Gonfaron en particulier sont décrits comme simplets et de mœurs primitifs[10]. Dans ce même chapitre, il imaginera les habitants de ce village souffler un par un dans l'anus d'un âne : "Ils amenèrent sur la place publique un vieil âne qui n’était plus bon à rien, pensant que si celui-là montait au ciel et ne reparaissait plus on ne perdrait pas grand-chose ; et ils se mirent en posture de le gonfler de leur respiration, en la lui soufflant, — sauf votre respect — par le trou que tous les ânes ont sous la queue." le curé Pignerol et l'ermite de Notre-Dame-des-Anges sont, entre autres, deux caricatures d'homme d'Eglise dans ce même récit. Jean Aicard les dépeint comme hypocrites et sots :

"Je l’ai connu, ce Pignerol ; je la lui ai servie plus d’une fois, la messe. Il arrivait ici à cheval, sautait à bas de sa monture, sa soutane haut retroussée laissant voir des culottes de velours gris côtelé ; il la relevait ainsi, toute la jupe sur son bras, de peur qu’elle s’accrochât à ses grands éperons ; et, en entrant dans l’église, il allait poser d’abord, avec une génuflexion, sa cravache sur l’autel."

"L’ermite était un ancien valet de ferme, un fainéant venu on ne sait d’où, qui avait eu (comme tant d’autres en maint autre lieu) l’idée de s’affubler d’une méchante robe de bure, de se ceindre les reins d’une corde et d’attendre les pèlerins, dévots à Notre-Dame-des-Anges, pour tirer d’eux quelques petits profits."

Jean Aicard meurt le au sein de la Clinique Oudinot dans le 7e arrondissement de Paris[11].

Jean Aicard est l'un des poètes représentés sur le tableau Coin de table (1872) de Henri Fantin-Latour.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Jeanne d'Arc (Le rachat de la Tour), , imprimerie d'E. Aurel, Toulon
  • Les Jeunes Croyances, Alphonse Lemerre, 1867 disponible sur Gallica
  • Au clair de la lune, 1870, Alphonse Lemerre
  • Rébellions et Apaisements, 1871, Alphonse Lemerre
  • Mascarille, 1873, Alphonse Lemerre
  • Pierre Puget, 1873, L. Laurent, Toulon (médaille d'or au concours de poésie de Toulon)
  • Poèmes de Provence, 1874, Alphonse Lemerre - Prix Montyon de l’Académie française
  • La Chanson de l'enfant, 1876, Fischbacher - Prix Montyon de l'Académie française
  • Le Petit Peuple, 1879, Cayer
  • Les Poèmes de Provence ; les cigales, 1878
  • Miette et Noré, idylle provençale, 1880, Charpentier - Prix Vitet de l'Académie française 1881
  • Lamartine, 1883, Ollendorff - Prix de poésie de l'Académie française
  • Le Dieu dans l’homme, 1885, Ollendorff
  • L'Éternel Cantique, 1885, Fischbacher
  • Maternités, 1886
  • Le Livre des petits, 1886, Delagrave
  • Le Livre d’heures de l'amour, 1887, Alphonse Lemerre
  • Jésus, 1896, Flammarion
  • Sauveteurs, 1898, Mouillet
  • Italie et France (vers), 1903, Crété
  • Hollande, Algérie (poèmes et prose), 1913, Flammarion
  • Le Témoin, 1914 - 1916, Flammarion
  • Le Jardin des enfants, 1914, Flammarion
  • La Légende du Chevrier, (adaptation musicale de Emile Dens), 1914, J. Poulalion
  • Le Sang du sacrifice, 1917, Flammarion

Romans et nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Roi de Camargue, 1890, Testard
  • Le Pavé d'amour, 1892, Ollendorff
  • L'Ibis Bleu, 1893, Flammarion
  • Fleur d'abîme, 1894, Flammarion
  • L'Été à l'ombre (nouvelles), 1895, Flammarion
  • Diamant noir (roman), 1895, Flammarion
  • Notre-Dame-d'Amour, 1896, Flammarion - texte en ligne
  • L'Âme d'un enfant, 1898, Flammarion
  • Mélita (roman bohème), 1898, Flammarion
  • Tata, 1901, Flammarion
  • Benjamine, 1906, Flammarion - disponible sur Gallica
  • Maurin des Maures, 1908, Flammarion
  • L'Illustre Maurin, 1908, Flammarion
  • Arlette des Mayons (roman de la terre et de l'école), 1917, Flammarion
  • Gaspard de Besse : un bandit à la française, 1918, Flammarion
  • Le Fameux Chevalier Gaspard, 1908, Flammarion
  • Des cris dans la mêlée, (prose), 1916, Flammarion
  • Le Rire de Maurin, 1923, Flammarion
  • La Gueuse des Marais, 1928, Flammarion

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Au clair de la lune, comédie en un acte en vers, Alphonse Lemerre, 1870
  • Pygmalion, poème dramatique en un acte, Alphonse Lemerre, 1872
  • Othello ou le More de Venise, drame en 5 actes en vers, Charpentier, 1881
  • Smilis, drame en 4 actes en prose, Ollendorff
  • Mascarille, à-propos en vers pour l'anniversaire de Molière, Alphonse Lemerre,
  • La Comédie française à Londres, Jouaust
  • La Comédie française à Alex. Dumas, Ollendorff
  • Smilis, drame en quatre actes et en prose, 1884, Ollendorff
  • Le Père Lebonnard, 1889 ; pièce produite pour la première fois au Théâtre-Libre. et tournée au cinéma en 1939
  • La Légende du Cœur, Théâtre antique d'Orange, , Flammarion
  • Le Manteau du Roi, Théâtre de la Porte-Saint-Martin, , Flammarion
  • Don Juan ou la Comédie du siècle, 1889 (xixe siècle), poème dramatique en 5 actes
  • Forbin de Solliès, pièce en 2 actes, 1920, Flammarion
  • La Milésienne, 1924, Flammarion

Essais[modifier | modifier le code]

  • La Vénus de Milo : recherches sur l'histoire de la découverte, d'après des documents inédits, 1874, Sandez
  • Leconte de Lisle, librairie Fischbacher, 1887, texte sur Gallica.
  • Alfred de Vigny, , conférence de la Revue Hebdomadaire, Flammarion
  • Comment rénover la France (prose), 1918, Flammarion

Archives[modifier | modifier le code]

  • Le fonds d'archives de l'écrivain est conservé aux archives municipales de Toulon[12].

Maisons[modifier | modifier le code]

  • À La Garde, près de Toulon, une maison ancienne, transformée en musée, concerne notamment J. Aicard, ancien occupant[13]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

À la télévision[modifier | modifier le code]

  • Les romans Maurin des Maures et l'Illustre Maurin sont adaptés respectivement en 1970 et 1974 sous forme de feuilletons télévisés (voir Maurin des Maures).

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Jean Aicard, portrait au fusain par Félix Régamey (v. 1878).

Si l'on en croit Léon Daudet, Aicard possédait un tel talent pour réciter des vers qu'il transformait alors chaque poésie, même médiocre, en un chef-d'œuvre fugitif[15]. Rimbaud n'avait pas dû être sensible à son charme, car on connaît l'épisode où il ponctuait du mot de Cambronne chaque vers d'un poème que récitait Jean Aicard[16]. C'est cependant à ce poète qu'il a dédié Les Effarés[17].

Prix[modifier | modifier le code]

Hommages toponymiques posthumes[modifier | modifier le code]

Par ordre alphabétique des villes :

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Victor Duclos, Jean Aicard : Simple notice sur sa vie et ses écrits, éditions L. Duc, 1894.
  2. Tombeaux des Immortels, Où sont inhumés les académiciens français ?
  3. Constantin Lecigne, Jean Aicard, Éditions Sueur-Charruey, 1901.
  4. Violette Bouyer-Karr, Jean Aicard, Éditions du Var, 1921.
  5. Tony Marmottans, Jean Aicard, du poème au roman, éditions Université de Toulon et du Var, 2000.
  6. Nieres-Chevrel, Isabelle, 1941- ... et Perrot, Jean, 1937- ..., Dictionnaire du livre de jeunesse : la littérature d'enfance et de jeunesse en France, Paris, Electre-Ed. du Cercle de la Librairie, dl 2013, 989 p. (ISBN 978-2-7654-1401-8 et 2765414017, OCLC 862208705, lire en ligne), p. 12
  7. Paris-Parisien, Ollendorff, , p. 48
  8. Sur l'engagement d'Aicard dans l'affaire Dreyfus, voir sa notice du Dictionnaire biographique et géographique de l'affaire Dreyfus {https://dicoaffairedreyfus.com/index.php/2020/01/09/jean-aicard/}.
  9. https://fr.wikisource.org/wiki/Maurin_des_Maures/XXVII
  10. Chapitre 37 "Où l’on verra que les habitants d’une bourgade prédestinée, appelée Gonfaron ou Gonfleron, en Provence, ont inventé la montgolfière, à la forme près."
  11. Archives de Paris 7e, acte de décès no 865, année 1921 (page 22/31)
  12. « Litterature », sur http://www.litterature-lieux.com (consulté le 4 février 2019)
  13. Musée Jean Aicard Paulin Bertrand
  14. http://www.solliesville.fr/listeLieux00010068.html
  15. « Léon Daudet - Souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques », sur https://fr.wikisource.org/wiki/ (consulté le 4 février 2019)
  16. Cet épisode est discuté par Daniel A. De Graaf dans Arthur Rimbaud : sa vie, son œuvre, publié par L'Harmattan en 2005, (ISBN 2-7475-8303-1), p. 93-94. Voir ici.
  17. « rimbaud lettre à aicard », sur http://abardel.free.fr (consulté le 4 février 2019)
  18. José Rubio Arvelo et Michaël Crosa, Draguignan et ses rues : Les illustres illustrés, Éditions Livres de Provence, 2011.